Vœux 2012 : l’école n’attend plus rien

Nicolas Sarkozy vient demain en Poitou-Charentes présenter ses vœux « au monde de l’éducation ».
Au Futuroscope. Bien loin des écoles maternelles et primaires, des collèges que son gouvernement a mis à mal tout au long du mandat.

Je me plierai à l’exercice républicain en assistant à l’arrivée du chef de l’État.
Ma présence ne signifie nullement une approbation de sa politique particulièrement dévastatrice pour l’Education Nationale.

Quels vœux Nicolas Sarkozy peut-il bien formuler ?

Après avoir détruit la formation des enseignants, sacrifié les premières générations de cobayes envoyés devant les élèves sans préparation ni tutorat suffisant, après avoir dissuadé de très nombreux jeunes de s’engager dans cette voie, il fera sans doute volte-face puisqu’il semble désormais vouloir reconstruire ce qu’il a, hier, démoli. Mais ses vœux risquent d’être bien peu pour retrouver la confiance, pour resolidifier un système si fragilisé, pour remobiliser des personnels sonnés.

Après avoir fait disparaître la carte scolaire, méprisé les partenaires de l’école, fait fondre drastiquement les moyens alloués à l’éducation populaire, rayé du dispositif les réseaux d’aide spécialisés, empêché la médecine scolaire, gaspillé les chances de réforme par les deux heures d’accompagnement éducatif vouées à l’échec, ignoré les enfants de 2 à 3 ans, menacé les écoles maternelles, mis en difficulté les élèves handicapés par l’insuffisance et l’instabilité des accompagnements, malmené les enfants et leurs parents à travers la semaine des 4 jours, fermé des dizaines de lycées professionnels, oublié l’orientation et l’insertion professionnelle, précipité la crise des universités, balayé les enjeux de la recherche…
… Nicolas Sarkozy aura beaucoup de peine à convaincre de son attachement pour l’école.

Après avoir supprimé 70.000 postes ces dernières années, la droite ne va pas subitement changer d’orientation et allouer les moyens dont les élèves ont besoin.

La France a le plus faible taux d’encadrement des élèves de l’OCDE. Les classements internationaux soulignent l’échec français en bas de tableau, particulièrement pour les élèves les plus en difficulté. 200.000 jeunes par an disparaissent du système scolaire sans aucun diplôme.

Il y a urgence à réformer en profondeur l’école, à construire une société de l’éducation qui s’adapte et donne sa chance à chacun.

La communauté éducative ne formule plus qu’un vœu, celui d’une alternance politique.

1 commentaire

  1. L’encadrement est une question qui devrait être remise en avant, la loi Ferry en est pour beaucoup. Malheureusement, de mon point de vue (30 ans) la politique d’un diplôme pour tous n’a fait que renforcer les difficultés à intégrer un travail acceptable, sous payé, dit qualifié. Je crois que nombreux comme moi subissons cette triste volonté à faire de nous de bon éléves bien éduqués.

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