Violences : rencontres de terrain

Aujourd’hui, 25 novembre, c’est la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

En 2010, nous avions adopté à l’unanimité une nouvelle loi pour tenter de mettre fin à ces violences. Vendredi, j’ai souhaité me rendre au Commissariat de police de Poitiers à la rencontre des fonctionnaires qui sont en responsabilité sur ce domaine particulier.

Pendant près de 2h, j’ai eu la chance d’échanger avec la capitaine Navarret, adjointe du chef d’état-major, référente du réseau Violences conjugales, et Mme Bircklé, enquêtrice de la Brigade de Protection des Familles.

Depuis la création des statistiques sur ce sujet en 2009, la Vienne a constaté une augmentation des violences conjugales en 2010 et 2011 puis une baisse en 2012 (158 cas au 30 septembre). En revanche, les violences faites aux femmes (coups, agressions sexuelles, etc.) sont en hausse de 25% dans le département. C’est le cas également des viols.

Comprendre le parcours d’une victime, identifier les obstacles

Si mes deux interlocutrices m’ont confirmé une facilité plus grande des femmes à venir s’exprimer et dans une partie des cas, porter plainte, j’ai tenu à comprendre tout le parcours d’une victime et à entendre tout ce qui pouvait freiner ou favoriser cette confiance ainsi que le passage à une dénonciation assumée de leur agresseur (vis à vis de qui l’emprise est parfois extrêmement forte, notamment lorsqu’il s’agit du conjoint).

J’ai pu mesurer l’importance du réseau d’acteurs, organisé pour mieux guider les victimes (avec la gendarmerie, la justice, l’hôpital, la Croix Rouge, les Maisons de la Solidarité, etc) mais aussi l’intérêt de l’accompagnement par des travailleurs sociaux, des victimes (mais aussi des auteurs, souvent demandeurs d’aide, et pour qui des groupes de parole viennent d’être mis en place).

J’ai insisté sur le besoin de formation de tous les policiers en contact avec le public de manière à ce que le mécanisme de ces violences soit mieux compris et les femmes mieux guidées. Nous n’avons pu que souligner les efforts encore à faire dans le monde médical.

Echanger pour améliorer la loi

A ma demande, nous avons discuté de l’ordonnance de protection, votée dans la loi et permettant l’éloignement du conjoint violent dès le signalement par la victime.

J’ai entendu plusieurs messages sur les effets pervers de certaines dispositions législatives (par exemple le traitement des mains courantes) ou encore sur les moyens insuffisants de la brigade (deux agents seulement pour plus de 300 dossiers dans l’année). J’ai apprécié le fort investissement de Mme Bircklé dans son travail bien au delà souvent des contours de sa fonction.

Nous avons également évoqué le harcèlement sexuel et notre loi de l’été 2012, les violences psychologiques, la prostitution, les publics plus vulnérables, etc.

Ce retour de ceux qui, sur le terrain, vivent la réalité quotidienne des violences faites aux femmes, m’est absolument indispensable. C’est tout l’intérêt du mandat de député que d’éclairer son travail de législateur par ses échanges dans la circonscription.

 

> Voir également mon communiqué de presse sur cette journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes : Catherine Coutelle salue l’action de toutes et celles et ceux qui agissent au quotidien

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