Une semaine sous le signe des droits des femmes à l’international

Les évènements se multiplient en cette fin d’année afin de préparer les grandes échéances de 2015, année charnière pour les droits des femmes à l’international. Elle marquera les 20 ans de la grande conférence sur les femmes qui a rassemblé à Pékin en septembre 1995 un nombre record de 17 000 participant-e-s, pour deux semaines de débats politiques et des engagements d’une portée historique.

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2015 marquera également un moment crucial avec l’échéance fixée par la communauté internationale pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), qui comprennent notamment la promotion de l’égalité et de l’autonomisation des femmes, et la lutte contre la mortalité maternelle. Il est crucial que les parlementaires comme les ONG se mobilisent dès à présent pour que les gouvernements reprennent et amplifient ces objectifs dans l’agenda post-2015, alors que les Nations Unies travaillent actuellement à l’élaboration des Objectifs de Développement Durable (ODD), qui succèderont aux OMD.

L’égalité femmes-hommes, un impératif de développement durable

« 1975 – 2015 : c’est encore loin l’égalité? », c’était le titre d’un colloque international organisé mardi par le ministère des Affaires étrangères et du développement international et le réseau Genre en Action. Où en est-on depuis 1975, début de la décennie des Nations Unies pour les droits des femmes, et à la veille des échéances internationales qui se profilent en 2015 ? Egalité professionnelle, droits sexuels et reproductifs, parité… Catherine Coutelle est intervenue lors d’une table-ronde sur les défis à relever pour atteindre l’égalité, en France et ailleurs.


Une urgence : faire progresser la planification familiale en Afrique de l’Ouest

Mercredi, la députée et présidente du « groupe d’études Genre et droits des femmes à l’international » a présidé les travaux d’un atelier parlementaire sur « La planification familiale en Afrique de l’Ouest francophone » organisé par le Forum parlementaire européen (EPF) et le Forum parlementaire africain pour la population et le développement. Réunissant des représentants du Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo, signataires depuis février 2011 du Partenariat de Ouagadoudou, ainsi que leurs partenaires associatifs et financiers, ces travaux ont permis de renforcer les liens entre parlementaires des différents pays concernés, avec un objectif commun : accélérer les progrès dans l’utilisation des services de planification familiale en Afrique de l’Ouest francophone. La finalité de la planification familiale est double :  l’autonomie des femmes, la maitrise de leur sexualité  par  le choix de l’espacement de leurs grossesses et la baisse de la mortalité maternelle, et, parce-que la planification familiale permet des économies de soin, une baisse de la démographie, une augmentation du nombre de femmes en activité, c’est aussi un enjeu  économique et de développement.
Aujourd’hui encore, 225 millions de femmes n’ont ni accès aux services de planification familiale ni les moyens de décider librement du nombre d’enfants qu’elles ont.

 

L’intervention de Catherine Coutelle à l’atelier parlementaire

(Seule la version prononcée fait foi)

Madame la Co-Présidente,

Chère Marie Rose Nguini Effa,

Chers parlementaires,

Chers intervenants et partenaires,

Mesdames et Messieurs,

Veuillez tout d’abord accepter mes souhaits de bienvenue à l’Assemblée Nationale pour cet atelier organisé à l’initiative des Forum Parlementaires Européen et Africain sur la Population et le Développement, où les cœurs des parlementaires battent à l’unisson pour les droits des femmes et des jeunes filles.

Je tiens à vous remercier de venir à notre rencontre pour discuter. En tant que députée française impliquée sur les Droits des femmes et sensibles aux enjeux de la planification familiale dans le monde, je suis impatiente d’en apprendre plus sur votre mobilisation et sur vos attentes.

Cet atelier sur le thème de « La planification Familiale en Afrique de l’Ouest francophone» qui nous réunit ce jour doit nous permettre de débattre de la place de la planification familiale comme thématique prioritaire dans la négociation internationale sur l’avenir des Objectifs pour le Développement.

Les efforts actuels de l’UE traduisent toute l’importance de faire d’un des des droits trop oublié et négligé des femmes et des jeunes filles un élément fondamental et de nos politiques communes sur les enjeux de population et développement

Notre objectif aujourd’hui est de promouvoir la mobilisation parlementaire et renforcer l’action que nous menons et que nous devons mener sur cet enjeu crucial.

A moins de 500 jours de la fin des OMD, nous vivons toujours bien en deçà de nos objectifs dans un monde où

225 millions de femmes n’ont ni accès aux services de planification familiale ni les moyens de décider librement du nombre d’enfants qu’elles ont.

 

Au niveau mondial, la grossesse et l’accouchement sont la première cause de mortalité chez les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans et représentent un risque majeur pour la santé des femmes en âge de procréer particulièrement dans les pays en développement.

 

En 2015, la demande totale de planification familiale parmi les femmes mariées devrait croître de plus de 900 millions, principalement en raison de la croissance de la population – une indication de l’ordre du jour inachevé pour les droits et la santé reproductive et l’ampleur des efforts nécessaires pour suivre le rythme.

 

Ce sont pourtant des droits qui leur ont été reconnus lors de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (ICPD) tenue au Caire en 1994. Le recours aux contraceptifs a contribué à des améliorations dans les domaines de la santé maternelle et infantile en permettant d’empêcher des grossesses non désirées ou trop rapprochées. Dans de nombreuses régions, le recours aux contraceptifs a augmenté entre 1990 et 2000 mais tend désormais à ralentir. Au niveau mondial, l’aide internationale pour la planification familiale ne représentait en 2012 que 0,5% de l’aide publique au développement et 4% de l’aide à la santé.

 

 

Partout dans le monde, la condition et la situation des femmes nous rappelle que la lutte pour la reconnaissance des droits est d’abord une histoire de force et de courage, notamment pour braver la violence, l’ignorance, l’oppression et la peur. L’expérience et l’engagement de nos pays respectifs au profit de la planification familiale nous enseignent par ailleurs une leçon importante sur notre responsabilité historique pour le développement social et humain à l’échelle mondiale.

 

Chers parlementaires,

Chers intervenants,

Mesdames et Messieurs,

J’attends de nous au sortir de cette rencontre une déclaration ambitieuse, un engagement fort et ferme et une mobilisation sans précédent afin que nous puissions assurer un soutien adéquat et sans faille en ce qui concerne l’accès à la contraception et à la planification familiale dans le programme mondial pour le développement.

Notre rôle en tant qu’élu(e)s est crucial et primordial, et ne l’oublions pas, dans il est dans notre simple intérêt, d’investir dans une meilleure éducation, une meilleur santé et de meilleurs conditions de vie pour les femmes et les jeunes filles partout dans le monde.

Je vous remercie.

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