Solidarités Femmes : accueillir et écouter pour agir contre les violences conjugales

Catherine Coutelle et des membres de la Délégation aux droits des femmes étaient reçues mardi à Paris par Maryvonne Bin Heng et Françoise Brié, respectivement présidente et vice-présidentes de la Fédération Nationale Solidarités Femmes. L’occasion de faire le point sur l’approche spécifique de la FNSF en matière de lutte contre les violences conjugales et sur une des principales plate-formes d’appel anonyme et gratuit, le 39 19, en présence de la directrice de la FNSF Christine Clamens, de Clémentine Lévy, responsable du service formation, d’Adrien Ricciardelli, chef de service du 39 19 ainsi que d’écoutantes.

Chaque année, le réseau FNSF accompagne 30 000 femmes et en accueille 6500 dans ses 41 centres d’hébergement. La FNSF, ses 63 associations membres, ses 500 salariés et ses centaines de bénévoles, c’est aujourd’hui une des plus importantes structures en France pour répondre aux femmes victimes de violences conjugales, qui seraient près de 2,5 millions, soit près de 10 % des femmes en France selon les estimations de la Fédération. Pour agir au quotidien, la FNSF écoute, conseille, accueille, héberge (parfois, reconnaissent ses dirigeantes, dans des conditions non satisfaisantes, faute de moyens) et a même développé des activités de formation et « d’observatoire » pour mieux connaître et comprendre ce fait majeur.

42 000 femmes accompagnées chaque année via le 39 19

Parmi les services organisés par la FNSF, il y a donc le 39 19, une plate-forme nationale d’écoute, gratuite, ouverte de 9h à 22h, du lundi au samedi et de 10h à 20h les jours fériés. En moyenne, 42 000 femmes sont accueillies au téléphone chaque année, leur appel donnant lieu à une conversation avec une écoutante, généralement assistante sociale, psychologue, conseillère en économie sociale et familiale ou juriste. Elles écoutent, recueillent des informations, souvent délivrées avec beaucoup d’émotion, en désordre. Puis systématiquement, oriente vers des structures d’accueil adaptées, mais sans suivi, les appels étant anonymes.

Reconstruction, droits et autonomie

Au sein de son réseau, la FNSF travaille le plus possible en collectif avec ces femmes. Une méthode qui doit être partagée par les associations qui rejoignent la Fédération : elles signent une Charte qui les engage. « C’est une méthode de travail pour donner aux femmes une dimension qui sort de l’individuel, qui les déculpabilise, pour leur montrer qu’elles ne sont pas seules dans cette situation » expliquent les dirigeantes et les écoutantes. « On parle du sujet des stéréotypes, des inégalités femmes- hommes : cela aide leur reconstruction d’avoir cette grille de lecture sur leurs droits, leur autonomie. C’est une spécificité importante de notre démarche et beaucoup de centres d’hébergement généralistes n’ont pas cette approche féministe. »

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