SILENCE, ON SOLDE !

Le 28 janvier, le Printemps fermera définitivement ses portes.

Déjà, le magasin ressemble à un champ de ruines.

Cette fermeture me touche profondément.

D’abord pour ces femmes (à 90%) et ces hommes qui perdent un emploi qu’ils aimaient (certains ont 35 ans de maison) pour un avenir si incertain dans un pays où le chômage dépasse les 10%.

Je me bats à leurs côtés, la précarité professionnelle des femmes me préoccupe. Au Printemps à Poitiers, seule une très petite minorité travaillait à temps plein.

Cette fermeture me révolte aussi au vu des méthodes employées. Au regard également des contrats « précaires » des démonstratrices. Celles qui « appartiennent » à une marque et qui sont contraintes par une clause de mobilité (si elles refusent un poste ailleurs, elles sont licenciées). Je me bats actuellement auprès du cabinet du Ministre, de la Préfecture, de la Direction du Travail, pour qu’elles soient incluses dans le Plan social. La loi ne le prévoit pas mais l’Etat peut fortement y inciter les responsables.

J’ai été scandalisée d’apprendre que les déléguées du personnel ont reçu leur lettre de licenciement (en mains propres, c’est-à-dire dans le magasin, pendant qu’elles devaient continuer à sourire aux clients), la veille de Noël !

Il y aura un plan social, il y a une cellule de reclassement… mais comment peut-on oser dire que leurs indemnités ne sont pas fixées à un montant plus élevé pour éviter qu’ils ne s’endorment sur un matelas ? Quel cynisme alors qu’il y a 4 ans la PDG du Printemps quittait le navire pour convenances personnelles avec, selon les sources, de 3 à 7 millions d’euros de parachute doré !

Les 15.000 personnes à Poitiers qui se sont précipitées le premier jour de la liquidation, ont-elles senti cette souffrance, le poids de cette injustice ?

Enfin, je suis triste. C’est un patrimoine de Poitiers qui disparaît.
Le Printemps, c’était le plaisir de se promener, de rencontrer, de faire des achats avec des vendeuses qu’on connaissait et qui vous connaissaient.
Le Printemps, c’était une « institution ».
Certes, son horrible façade, dont tout le monde espérait la réhabilitation, dépare la place, encore plus aujourd’hui.

Quand, en septembre, les délégués du personnel, au Comité d’Entreprise à Paris, ont découvert qu’une question diverse concernait le Printemps de Poitiers, elles espéraient ces travaux. Mais non, on leur a annoncé brutalement la fermeture ! Dès ce moment, je me suis retrouvée à leurs côtés.

Pendant cette période de vœux, je parcours ma circonscription et je fais le vœu que la précarité professionnelle des femmes soit au cœur des débats. Je cite le Printemps en exemple.
Je sens que le traumatisme est fort, bien au-delà des remparts de Poitiers.

Ce sentiment de gâchis est unanime. Pouvait-on l’éviter ?

1 commentaire

  1. Oui quel gachis! Aucune pitiè, aucune humanité pour l’annonce de leur licenciement surtout la veille de noël! Bonjour le traumatisme en guise de bonne année pour 2012.
    La ruée des 15 000 visiteurs voire même acheteurs prouve et conditionne les conséquences de la crise financière!
    "Achetez de la marque pour pas chère!". Cela m’écoeure ….
    Il n’y a pas qu’au Printemps que les conditions des femmes dans leur travail est bafouée! Je ne peux que leur souhaiter COURAGE!

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