Retours sur la mission en Suède, épisode 2

Aujourd’hui, retours sur le deuxième sujet à l’ordre du jour de notre mission en Suède des jeudi 8 et vendredi 9 novembre avec Najat Vallaud-Belkacem, et une délégation de parlementaires et d’expertes françaises : l’égalité professionnelle, ses forces… et ses plafonds de verre.

Egalité des droits des époux et droit de vote des femmes en 1921, élection des premières femmes au Parlement suédois en 1922, lutte contre la discrimination sexuelle via les conventions collectives et par la loi dès les années 1970 : en Suède l’égalité femmes – hommes n’est pas un vain mot, et depuis bien longtemps. Pour s’en convaincre, il n’y aurait qu’à mettre, sur les mêmes sujets, les dates françaises face aux dates suédoises, ou relever que lorsque la Suède était première d’un classement de 58 nations établi par le World Economic Forum en 2006 – 2007, la France était en queue de peloton…

Indéniables forces

La question de l’égalité entre les femmes et les hommes est indissociable de celle de l’égalité entre citoyens en Suède. La place des femmes dans la vie économique du pays le prouve notamment : un taux d’emploi de 70 ,2% (au deuxième rang européen juste après le Danemark), un meilleur partage de l’arrêt de travail entre pères et mères quand l’enfant arrive (12% d’hommes en 2000, 23% en 2012), un système de protection sociale très développé. Apparemment, l’égalité professionnelle est au cœur du « modèle ». Sans compter que les stéréotypes de genre sont mis à mal dès le plus jeune âge (voir «  l’épisode 1 ») et qu’il est par conséquent plutôt bien vu en Suède que les hommes quittent le bureau à 17h pour s’occuper des enfants… La perfection ? Non : le « modèle suédois  » a ses faiblesses et ses zones d’ombre.

Plafonds de verre et inégalités salariales

En 2008, pourtant, coup de semonce : la Suède perd la première marche du podium du classement précédemment évoqué. Pire : elle arrive directement à la quatrième place. En cause ? Quelques tenaces plafonds de verre… A commencer par la subsistance d’écarts de rémunération entre les femmes et les hommes à compétence égale (16% en Suède, soit presque autant qu’en France – 17 ,9% en 2009) ou encore la faible proportion de femmes cadres (24,5 % contre 39,2% en France) et cadres-dirigeantes (stagnation à 23% dans les sociétés cotées, recul de 15 à 11% même entre 2010 et 2011 dans les autres sociétés).

A l’origine de ces inégalités, l’importance plus forte encore qu’en France du temps partiel (41,2% de femmes travaillent ainsi contre 29,8% en France). Et en Suède, la volonté n’est  de «  s’ingérer » dans la prescription de normes pour le secteur privé, la négociation entre partenaires est préférée. En France, nous pouvons en revanche nous appuyer sur nos textes de loi puis sur la négociation, pour enfin parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes.

> Et demain le troisième et dernier « épisode  », consacré à la question de lutte contre la prostitution.

 

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