Retours sur la mission en Suède, épisode 1

De retour de Suède où je me trouvais en voyage d’étude en tant que Présidente de la délégation aux droits des femmes les jeudi 8 et vendredi 9 avec Najat Vallaud-Belkacem et une délégation de parlementaires et d’expertes françaises, je veux partager avec vous ce que je retiens d’une analyse in situ, objective du « modèle suédois ». Pour commencer aujourd’hui, le point sur l’accueil de la petite enfance.

 

Des tout petits qui s’aident mutuellement à changer leur couche, des bambins qui portent vaille que vaille leur plateau-repas vers des tables rutilantes depuis un self-service à leur taille : l’expérience de l’enfance suédoise, c’est manifestement un apprentissage avancé de l’autonomie, même si la méthode Montessori n’y est pas généralisée. Ce qui caractérise plus globalement la Suède en matière de petite enfance, c’est à la fois la généralisation de l’accueil des jeunes enfants en «  préscolaire » et la lutte contre les préjugés sexistes dès le plus jeune âge. Avec toutefois un écueil…

470 000

Car c’est dès l’âge d’un an et jusqu’à cinq ou six ans qu’en Suède les enfants sont accueillis dans ce secteur « préscolaire ». Des difficultés pour accueillir les 470 000 petits qui sont dans ce cas ? Apparemment non : à Stockholm par exemple, chaque parent obtient une place dans les trois à quatre mois qui suivent sa demande. Le secret ? Un engagement financier important des communes, qui ont l’obligation légale d’organiser l’accueil préscolaire : elles y consacrent en moyenne 14 % de leur budget, l’éducation étant leur premier poste de dépense globalement, à 40 % en moyenne.

 

1998

Autre caractéristique : la lutte dès le plus jeune âge contre les « stéréotypes sexistes ». Sous l’impulsion du chef de gouvernement social-démocrate de l’époque, Goran Persson, le programme d’éducation préscolaire le stipule expressément depuis 1998 : « l’éducation préscolaire doit contrecarrer les modèles de genre et les traditionnels rôles / stéréotypes de genre » entre les petits garçons et les petites filles. A l’appui, des moyens réels : des professionnels de l’accueil formés (dont près de 30% sont des hommes), un secteur universitaire et de recherche en pointe et fécond sur le sujet, des évaluations gouvernementales pour améliorer encore le système… S’il y a bien un modèle suédois, l’accueil préscolaire en est le fleuron.

12 longs mois

Le modèle suédois, un véritable rêve ? Pas si sûr pour autant. En posant un regard objectif sur l’accueil de la petite enfance, on ne peut oublier qu’aucune structure d’accueil n’est prévue pour les enfants de moins de 1 an. Bien sûr, la possibilité du congé parental d’un an est conçu pour y pallier. Or si on regarde de plus près les chiffres, ils disent des difficultés qui demeurent pour les femmes : car si le nombre d’hommes prenant des congés parentaux augmente de façon très significative pour atteindre 23% en 2010, les femmes restent à 77% celles qui doivent retrouver un travail au bout d’un long congé qui est souvent un écueil au retour à l’emploi.

 

Plus d’infos sur l’accueil de la petite enfance et la lutte contre les préjugés sexistes (cliquez pour lire la note)

> Et demain, l’épisode 2 consacré à l’égalité professionnelle…

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