Rencontre avec Max Niccolini, directeur de Sagem à Saint-Benoît

Max Niccolini prend la direction de l’établissement de Sagem à Saint-Benoît fin 2013 après avoir « fait ses armes » dans de nombreux secteurs de Sagem. Il nous dresse le portrait d’une des plus importantes entreprises de l’agglomération et du département, une implantation du groupe de hautes technologies Safran.

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Sagem à Saint-Benoît, c’est près de 500 salariés. Quel « portrait » dresseriez-vous de cette « communauté » humaine ?

Le site a été construit en 1974. Nous sommes présents à Saint-Benoit depuis 40 ans avec la vocation de produire des équipements militaires. L’évolution technologique nous oblige à nous remettre en question en permanence. La passion qui anime nos équipes nous a permis de développer des qualités essentielles : la compétence technique et la capacité d’adaptation. Nous sommes fiers d’être implanté sur un site de haute technologie avec du personnel hautement qualifié. Ingénieurs et techniciens représentent plus de 50% de nos effectifs. Le personnel de Sagem bénéficie en outre d’un important plan de formation professionnelle. Notre politique de formation permet de mieux répondre aux besoins de nos marchés et de soutenir une stratégie d’innovation dans nos métiers. C’est un moteur pour la motivation de tous, en permettant à ceux qui le souhaitent de développer leur savoir-faire et d’en acquérir de nouveaux. C’est très important aussi pour la pérennité des emplois au sein de Sagem, tout en facilitant la mobilité.

Quel est aujourd’hui le cœur de métier de votre site ?

L’industrialisation, la production et l’entretien des équipements optroniques produits pour les forces sont au coeur des métiers de Sagem à Saint-Benoît. Les équipements optroniques sont des matériels de haute technologie qui combinent l’électronique et l’optique, un peu comme nos appareils photos numériques. Ils permettent aux militaires d’intervenir de jour comme de nuit, dans les conditions très sévères des opérations militaires. Nous produisons des matériels optroniques pour le fantassin, pour les véhicules de combat, pour les hélicoptères, les drones, certains missiles, ainsi que les navires militaires. A cette fin, nous mettons en œuvre de nombreuses technologies. Notre maîtrise des technologies optiques, optomécaniques, des modules de détection et notre savoir-faire dans l’intégration d’équipements très sophistiqués nous permettent d’offrir des produits au meilleur niveau mondial. Nous exportons une grande partie de notre production. Autre atout : le site sait assurer la conception et la réalisation de tous ses moyens de test.

L’année dernière, des inquiétudes se sont exprimées sur le devenir du site, et Catherine Coutelle est d’ailleurs intervenue pour soutenir l’activité. Quelle est la situation aujourd’hui ? (NB – il s’agit ici d’exposer les solutions récemment annoncées mais aussi, avant tout, de revenir sur ce qui a posé problème l’année dernière)

La loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 a eu pour conséquence l’annulation pour quatre régiments de la dotation FELIN, le Fantassin à équipements et liaisons intégrés. A ce jour, quatorze régiments en sont déjà équipés. On peut décrire FELIN comme un système électronique et optronique porté par le soldat pour lui permettre de mieux communiquer avec ses équipiers, de mieux se protéger et d’utiliser ses armes avec plus d’efficacité, ceci de jour comme de nuit. Il dispose également d’un GPS pour mieux se positionner. Le programme FELIN se traduit donc par la production de milliers de jumelles et de lunettes infrarouges, la spécialité de Sagem à Saint-Benoît. La production de ces matériels au titre du programme FELIN représente donc une charge importante pour l’établissement. Même si l’arrêt de FELIN a été programmé pour fin 2015, la nécessité d’adapter le site en un an reste un véritable défi. L’action de Catherine Coutelle auprès du gouvernement a permis de confirmer la commande de jumelles infrarouges pour l’armée française. Elle fait suite, à la sélection, par le ministère de la défense en 2011, de notre produit pour ses performances. Nos jumelles infrarouges ont également séduit plusieurs forces dans le monde, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Danemark, ou encore en Pologne. Ces récentes commandes nous permettent d’accompagner cette adaptation, en diminuant sensiblement l’impact de la LPM.

Le positionnement international de Sagem est-il déterminant pour l’activité de Saint-Benoît ?

Bien évidement ! Il est crucial. On note aujourd’hui la baisse significative des budgets de défense en Europe et aux Etats-Unis. De fait, la vente des imageurs infrarouges et des jumelles de Saint-Benoit est de plus en plus dépendante de ce que nous appelons le “grand export”, un marché prometteur sur lequel nous devons impérativement être présents, un enjeu majeur pour nos lignes de production. Notre label “made in France” est un atout pour préserver nos emplois de haute technologie dans notre pays et conquérir de nouveaux marchés à l’international.

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