Rencontre avec les élues de la Vienne : le point sur l’égalité femmes – hommes en politique

Invitée par l’association des maires de la Vienne et accueillie à Anché (86) par la maire Martine Mousserion, Catherine Coutelle a échangé vendredi dernier avec les femmes maires et conseillères départementales de la Vienne. Les échanges, riches tout au long de la matinée, ont permis d’aborder le statut de l’élu.e et la place des femmes en politique. La députée, également présidente de la Délégation des Droits des Femmes à l’Assemblée nationale, a rappelé la nécessité de la participation des femmes à la vie politique, légitimes au même titre que les hommes pour porter des projets de société et représenter l’ensemble de la population.

Faire progresser les droits par la loi

Depuis la Révolution Française, la vie politique française est « un monde d’hommes, fait par des hommes, pour les hommes ». Catherine Coutelle a rappelé que les femmes militent et s’engagent dans la vie politique depuis des siècles mais que trop souvent, leur implication en politique reste une bataille. Seule la contrainte de la loi peut permettre d’atteindre la parité dans les assemblées et dans la répartition des postes à responsabilités.

« Les avancées pour les droits des femmes en politique se sont multipliées avec l’arrivée au pouvoir de la gauche » appuie la députée. Alors que les femmes rencontrent de nombreux obstacles à leur engagement en politique, il est indispensable de garantir la parité dans tous les exécutifs, et « le gouvernement a fait sien ce combat ». Grâce à la loi du 17 mai 2013, l’ensemble des assemblées des collectivités locales élues au suffrage direct de plus de 1000 habitant.e.s sont paritaires, tout comme les assemblées départementales. De nouvelles compétences sont également données dans la loi égalité et citoyenneté aux collectivités territoriales pour mener des politiques publiques d’égalité femmes-hommes.

Enfin, les partis politiques verront leur amende doubler en 2017 en cas de non-respect de la parité aux élections législatives. Seule une sanction financière peut obliger les partis à présenter plus de candidates tant les résistances sont grandes. Catherine Coutelle a souligné que « le combat sur la parité en politique n’est pas symbolique, c’est un moyen pour l’égalité. »

Des progrès restent à faire

Mais le chemin vers l’égalité réelle est encore long à parcourir. Au classement de la proportion de femmes au Parlement, la France n’est qu’au 60ème rang dans le monde. Un autre plafond de verre résiste : celui de la répartition des postes de décisions. Alors que les conseils départementaux sont désormais paritaires, seulement 10 femmes sont présidentes, sur un total de 101 présidences.

« Plusieurs combats restent à mener » pour revaloriser la place des femmes dans la politique et dans la société en général, « les deux étant étroitement liées ». Les mentalités doivent évoluer. La féminisation des titres et des fonctions est demandée depuis 1983. Adoptée au CESE, elle se heurte toujours aux conservatismes, aux archaïsmes, aux préjugés. Alors que la répartition des rôles entre les femmes et les hommes dans la société reste genrée et assigne les femmes a accomplir des tâches traditionnelles, il est nécessaire de les rendre visibles dans la sphère publique. Affirmer leur réussite en politique comme dans l’ensemble des métiers est essentiel pour leur permettre d’accéder à tous les postes.

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