Rémy CASSEMICHE, Directeur du SPIP

Cette rencontre est parue dans la lettre MAINTENANT n°45.

Chaque mois, la lettre maintenant consacre un espace à la rencontre d’un acteur du département. Ce mois-ci, après l’inauguration du SPIP (à laquelle Catherine Coutelle participait) dans les locaux de l’ancienne prison de la Pierre Levée, c’est au directeur de ce service que la parole est donnée pour présenter sa structure méconnue.

 

 

Rémy CASSEMICHE
Directeur du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de la Vienne

 

Pouvez-vous nous présenter la structure que vous dirigez depuis 2006 et dont le siège occupe depuis peu une partie des locaux laissés libres dans l’ancienne prison de Poitiers ?


Les orientations des services de probation datent de l’après-guerre mais nous ne sommes un service départemental de l’administration pénitentiaire que depuis 1999. Notre évolution s’est faite au fil des choix politiques et du regard porté sur le monde carcéral.

Notre rôle est trop peu connu du grand public et nous sommes restés longtemps associés aux interventions socio-éducatives en milieu fermé. La fonction de probation (peine de sursis avec mise à l’épreuve et libération conditionnelle à l’origine) est plus discrète mais tout aussi importante. Les deux types d’intervention sont souvent complémentaires.

Un travail en réseau

Sur l’antenne de Vivonne, 8 conseillers d’insertion et de probation (CPIP) accompagnent les parcours de détention des 620 personnes écrouées. Par convention, nous partageons nos missions (maintien des liens familiaux, insertion socioprofessionnelle, formation, accès aux droits, etc ) avec un opérateur privé (GEPSA) et avec d’autres acteurs (AIRE, Genepi, CDAD, écrivain public, Pôle Emploi, Mission locale, DRAC etc). C’est aussi une collaboration étroite et quotidienne avec le Centre Pénitentiaire depuis 2009 et plus  récemment avec le Quartier pour peines aménagées de Poitiers ainsi qu’avec les magistrats  de l’Application des peines..
Sur l’antenne milieu ouvert de Poitiers, 15 CPIP et une assistante sociale  interviennent en milieu ouvert. Nous avons un rôle majeur pour l’accès, la préparation et le suivi des aménagements de peine : sursis avec mise à l’épreuve, Travaux d’Intérêt Général, libération conditionnelle, semi-liberté, bracelet électronique. Nous menons conjointement une mission de contrôle sur le respect des obligations judiciaires (rapports devant les juges) et d’accompagnement social (lutte contre l’exclusion). Par des rencontres de proximité (permanences délocalisées aux quatre coins du département), nous orientons, nous aidons concrètement (tickets alimentaires, permis de conduire, etc.) et nous remobilisons les personnes sous main de justice.

En ce moment, ce sont donc 1360 mesures gérées en milieu ouvert dans la Vienne, avec pour point commun le travail sur le sens de la peine et la responsabilisation (prévention de la récidive).

Le nombre de personnes concernées ne diminue pas et de fait, nos effectifs ne permettent pas une disponibilité suffisante pour la dimension sociale. Sans doute serait-il utile d’investir plus encore, en amont, dans les politiques de prévention…

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