Réforme des retraites – Je voterai CONTRE

Demain, mercredi, je voterai CONTRE le projet de réforme des retraites. Je veux une nouvelle fois en expliquer les raisons au Ministre du Travail et de la Solidarité. Et lui rappeler les retraites des femmes pour lesquelles je me bats depuis plusieurs mois.



Monsieur le Ministre,

Il aura fallu crier très fort pendant plusieurs mois pour que la question de la retraite des femmes trouve sa place médiatique dans le débat en cours.
De nombreuses associations vous ont alerté. En juillet 2008, un rapport de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée Nationale. En novembre 2009, le rapport du Secours Catholique sur « la pauvreté au féminin ». Dès le printemps avec le groupe SRC, nous vous avons interrogé. En juin, le « Laboratoire de l’égalité » a lancé une pétition sur le sujet. Et je ne peux citer toutes les campagnes comme celle d’Osez le féminisme.
Bien après, quelques rares député(e)s de la majorité ont même tenté de rattraper leur retard. Depuis plusieurs semaines, les femmes sont très nombreuses dans les cortèges. Elles ont bien compris que ce sujet les concernait en priorité.
N’y aurait-il que votre gouvernement qui n’ait pas saisi l’ampleur de ces inégalités ?

Le XXe siècle a été marqué par la conquête de droits jusqu’alors refusés aux femmes.
Les combats féministes pour la citoyenneté, pour l’égalité dans la famille et le travail ou encore le droit de disposer de son corps, ont permis l’émancipation des femmes.
Depuis les années 70, en France, les femmes ont massivement investi le monde du travail salarié. Nous pouvions penser que la marche vers l’égalité entre les hommes et les femmes était inéluctable. Or, le projet de réforme des retraites vient de mettre en lumière que les inégalités non seulement ne se résorbent pas, mais au contraire se creusent.
Les droits familiaux sont insuffisants pour compenser les arrêts de carrière qui pénalisent les femmes. En dépit d’un accès toujours plus grand au marché du travail (48 % de la population active), les femmes sont victimes du temps partiel non choisi, des salaires minima (SMIC) plus nombreux que les hommes. Surtout, l’écart de salaire perdure, 27 ans après la première loi sur l’égalité professionnelle.

52% de la population, 48% des salariés attendent toujours des réponses ! De vraies réponses ! Ce ne sont pas les quelques concessions pour les mères de 3 enfants qui changeront les choses… Ce ne sont d’ailleurs pas des avancées, mais le maintien de dispositions qui existent déjà !

Votre réforme est injuste Monsieur le Ministre. 2 français sur 3 le pensent!

Quelles seraient les conditions d’une réforme juste, particulièrement pour l’égalité entre les femmes et les hommes ?
– Comme la délégation aux droits des femmes le souligne depuis longtemps, le préalable à toute négociation serait une étude d’impact à l’égard des retraites des femmes !
– Les droits familiaux compensatoires doivent être maintenus même s’ils ne corrigent que partiellement les faiblesses des pensions.
– Enfin, il faut s’attaquer en profondeur aux racines des inégalités dans les carrières professionnelles.

Cette réforme a mis en lumière toutes les inégalités, mais vous n’en avez pas profité pour les corriger…
Vous n’avez pas su écouter, vous n’avez pas su entendre, vous n’avez pas su voir. En vous moquant des organisations syndicales puis des Français très majoritairement hostiles, vous avez perdu le peu de confiance que votre électorat vous accordait encore.
Personne n’a nié l’utilité de réformer le système de retraite mais votre texte ne résout rien. Lundi, la sénatrice Debré indiquait en soulignant le dernier amendement adopté au Sénat, qu’il serait nécessaire d’opérer une réforme systémique sur les retraites en 2013. Véritable aveu donc que cette réforme est bien temporaire.

Aujourd’hui, vous espérez tourner la page en tournant le dos à la colère qui monte dans le pays ! Vous êtes loin d’avoir gagné la bataille. La promulgation de cette loi n’est pas encore à l’ordre du jour. La Halde s’en est saisi. Le conseil constitutionnel sera également bientôt saisi de la question.

Les Français ne supportent plus l’injustice de vos politiques. Du bouclier fiscal aux petits arrangements entre amis (et par exemple le frère du président de la République !), vous continuez de gouverner contre l’intérêt général. Ce texte sur les retraites est la « goutte d’eau » qui fait déborder le vase social. Vous avez entendu les millions de manifestants réclamer une autre réforme mais aussi une meilleure répartition des richesses et des efforts dans le pays. Ils seront encore là demain et les jours suivants.
Les femmes portent le même message mais il est décuplé par l’injustice de ce qu’elles vivent. Elles n’abandonneront pas.
Avec elles et avec tous les Français, nous poursuivrons le combat contre ce texte bâclé et injuste.

1 commentaire

  1. Voter contre c’est très bien et je partage votre analyse.
    Cependant, ne pensez vous pas qu’aujourd’hui, l’arrogance du pouvoir et sa volonté délibérée d’imposer sa politique contre vents et marées sans la moindre concertation soit largement "aidée" par l’adoption du quinquénat.
    En septembre 2000, par référendum, la France a adopté le quinquénat, ce qui amène à donner les pleins pouvoirs au président élu dans la mesure où les députés sont élus dans la foulée de la présidentielle et pour la même durée.
    Ce qui se passe aujourd’hui était tout à fait prévisible et proposer ce référendum était pour le moins une grave erreur politique…qui, à mes yeux, est pour une grande part responsable du recul de la démocratie en France depuis 2002.
    La preuve, entre 2002 et 2007, la majorité présidentielle de l’époque a perdu toutes les élections intermédiaires, ce qui ne l’a pas empêché de détricotter notre code du travail.
    Depuis 2007, toutes les élections intermédiaires ont été perdues par la majorité présidentielle, et pourtant nos gouvernants ne cessent de nous matraquer, au propre comme au figuré, et de "s’arroser" entre copains.(ce qui a été amplifier par la personnalité du président élu)
    Ils se moquent complètement de ce que peuvent crier les manifestants, vivre les jeunes, dire les représentants de l’opposition…puisque rien ne peut se passer "légalement" jusqu’à 2012!
    Mais bon dieu, c’est notre démocratie qui est en péril, allons nous attendre d’être totalement "muselés" pour réagir.

    Que compte faire le PS en cas de victoire de la gauche en 2012 pour éviter que pareille confiscation de la démocratie ne se reproduise?

    A noter que concernant l’indépendance des médias, la France est passée du 15ème rang en 2002 pour se situer entre le 40ème et 50ème rang aujourd’hui…derrière des pays "surprenants" !!!!

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