Prostitution : lutter contre les mafias et protéger les victimes

Initié par Catherine Coutelle, un groupe de travail composé de parlementaires issus des Délégations aux droits des femmes de l’Assemblée nationale et du Sénat étudie actuellement les améliorations à apporter aux actions de démantèlement des réseaux mafieux afin de protéger les victimes de la prostitution. Lundi, une table ronde était organisée à Paris sous la présidence de Daniel Vaillant, maire du XVIIIe arrondissement.

Lutte contre les mafias et protection des femmes victimes de la prostitution et de la traite des êtres humains : les enjeux sont indissociables. Et telles sont donc les orientations du travail mené par le groupe voulu par Catherine Coutelle et son homologue présidente de la Délégation aux droits des femmes au Sénat, la communiste Brigitte Gonthier-Maurin. Pour investiguer au plus près de celles et ceux qui sont confronté-e-s au quotidien aux réalités du terrain, le groupe, conduit par Maud Olivier, députée de l’Essonne, rencontrait lundi à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris des élus locaux, magistrats, policiers et représentants d’associations, l’Amicale du Nid, le Bus des femmes et Médecins du Monde.

Des formes très variées mais une constante : l’exploitation des femmes

Chacun-e avec leur approche, ces actrices et acteurs de terrain témoignent unanimement d’une réalité : il n’y a pas une forme unique mais des formes très variées de mafias de la prostitution. Dans le XVIIIe arrondissement, le système consiste en l’exploitation de femmes, essentiellement d’origine nigériane. La prostitution de rue est de moins en moins visible, contrairement à d’autres endroits comme à Poitiers notamment. Cette « disparition » dans le paysage, véritable camouflage, a pour but d’éviter les contrôles policiers pour racolage. Mais pour y échapper ceux qui tiennent les réseaux obligent les personnes prostituées (des femmes, à 95%) à quitter l’espace public et à se replier dans des lieux privatifs : halls d’immeubles, cages d’escalier. Les femmes d’origine chinoise sont quant à elles piégées dans des réseaux mal identifiés, mais qui semblent liés à l’exploitation inhérente à l’immigration clandestine. Les systèmes de prostitution utilisent des moyens mafieux au cœur desquels la drogue et l’absence de papiers d’identité servent de contrôle et exercent une pression d’une violence psychologique et physique inouïe. Dénominateur commun : l’argent, qui circule énormément, but ultime des exploiteurs, pour qui les personnes, les femmes, ne sont que marchandises.

Mieux connaître les différentes formes de la prostitution, c’est mieux identifier les moyens d’agir contre un véritable système d’esclavage : le groupe de travail s’y emploie, avec pour base le rapport présenté pendant la précédente législature par Danielle Bousquet et Guy Geoffroy, qui a fait date. Objectif : proposer un texte d’ici la fin de l’année.

1 commentaire

  1. Pour fréquenter également des assocs de personnes handicapées, alors que je défendais une position abolitionniste en mattière de prostitution ,je me suis trouvée confrontée à une demande d’hommes handicapés ET socialistes,en fauteuil, qui réclament « leur droit à assistance sexuelle » ! A noter qu’aucune des femmes présentes et dans la même situation ne réclamait de droit de cette nature ! Etonant, non ?

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