Photovoltaïque : coup d’arrêt gouvernemental

Le gouvernement a décidé le 9 décembre un moratoire de 3 mois du rachat de l’électricité produite par des panneaux photovoltaïques. C’est un coup d’arrêt dont on espère qu’il ne sera pas mortel pour de nombreuses PME. C’était la pire des solutions.

Membre de la Commission des Affaires Economiques de l’Assemblée Nationale, j’ai participé mercredi matin à plusieurs heures d’auditions d’industriels de la filière photovoltaïque. Ils nous ont tous fait part de leur consternation.

Et pourtant, la France pourrait avoir une double ambition dans ce domaine :

– atteindre en 2020, 23 % d’énergie renouvelable (le photovoltaïque est une des solutions comme l’éolien, l’hydraulique, etc). Elle s’y est engagée à Bruxelles.
– développer une filière industrielle de conception et de production de panneaux pour éviter l’importation d’Asie.

L’arrêt pendant 3 mois du rachat de cette énergie n’a que des effets dévastateurs :

– Il stoppe les projets en cours d’instruction. Des agriculteurs m’ont interrogée, inquiets, car les dossiers acceptés par les banques sont « gelés » face à l’incertitude et les installateurs (artisans et PME) voient leurs carnets de commande s’effondrer.

– Il stoppe les projets industriels de production et donc la création d’emplois. Un exemple proche : Solair à Chatellerault. A Bordeaux, un investisseur américain associé à EDF enR vient de geler sine die son partenariat (400 emplois étaient prévus).

– Il fragilise la recherche et l’innovation vers des panneaux moins couteux, moins polluants à fabriquer et plus efficaces. Photowatt, prés de Grenoble, s’interroge sur la poursuite de ses travaux.

Le gouvernement (qui a sans doute fixé un prix de rachat trop élevé au départ par rapport au prix courant de l’électricité) pourrait, comme l’Allemagne, baisser par paliers ce tarif au lieu de donner des coups d’accélérateur puis de frein trop brutaux. Comment expliquer que Saint-Gobain soit en train de construire une deuxième usine en Allemagne alors que le gouvernement allemand a baissé trois fois les taux en 2010 ? C’est la visibilité de la politique, le volontarisme et la simplicité des procédures qui expliquent le succès outre Rhin (100.000 toitures équipées chaque année).

Le Grenelle de l’environnement, en plus d’améliorer notre environnement, devait créer 600.000 emplois non délocalisables. Cette belle promesse, comme d’autres, ne sera pas tenue. La politique de gribouille qui est conduite pénalise chaque jour les territoires, les entreprises et les habitants.

1 commentaire

  1. Merci pour cet article.
    C’est vrai que nous sommes dans le pépin ! Les particuliers n’y comprennent plus rien, il n’y a pas de communication ou alors elle y est négative ! La filière est en trin de s’effondrer !
    Nous avons créé un groupe sur Facebook, qui rassemble des installateurs, des fabricants, des avocats, des bureaux d’études, des producteurs etc. C’est le groupe "TOUCHE PAS A MON PANNEAU SOLAIRE !". Nous nous efforçons de travailler ensemble car c’est en étant unit, que notre combat deviendra une force victorieuse.

    Nous vous invitons à venir nous rejoindre.

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