Enseignement supérieur et recherche : la parité, plus vite !

Mardi 29 janvier à l’Observatoire (Paris), Najat Vallaud-Belkacem, Ministre aux droits des femmes et Geneviève Fioraso, Ministre de l’Enseignement supérieur, signaient avec les représentants des Universités, des Grandes Ecoles et des Ecoles d’Ingénieurs une Charte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Un besoin impérieux quand on sait qu’aujourd’hui encore il n’y a que 23% de professeures à l’Université et que les femmes sont quasiment absentes des instances dirigeantes de l’enseignement supérieur. Particulièrement attachée au sujet, Catherine Coutelle y était présente.

L’invitation n’avait pas été donnée au hasard… Haut-lieu historique de la recherche en astronomie, l’Observatoire présente une particularité, ou plutôt un caractère unique dans le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche : les chercheures y sont plus nombreuses que les chercheurs. Une grande partie d’entre elles travaillent en astrophysique, d’où une brillante présentation assurée par deux d’entre elles sur l’âge de l’univers, en préambule à la signature de la charte. Un lieu, en somme, prédestiné pour que soit donnée une impulsion importante à la présence de femmes dans l’enseignement et la recherche.

Projet de loi en mars

Bien sûr, comme le soulignaient les ministres, les choses ont évolué, tant on partait de loin. Prenons le seul sujet des Universités : au début des années 1980, les professeures y étaient 8%. Trente ans plus tard, elles sont trois fois plus nombreuses soit 23%. Une avancée certes, mais à ce rythme, c’est en 2075 que la parité serait réalisée… éventuellement.

D’autres chiffres parlent : si les filles sont plus nombreuses que les garçons à l’Université (57,1 %) et quasiment aussi nombreuses que les garçons dans les écoles de commerce (49,9%), elles ne sont que 28% dans les Ecoles d’Ingénieurs. Dans la vie professionnelle universitaire, elles ne sont que 8% aux postes de direction des universités et 15% aux postes de direction des pôles de recherche et d’enseignement supérieur.

D’où la Charte signée mardi par les Ministres avec la Conférence des Présidents d’Université, la Conférence des Grandes Ecoles et la Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d’Ingénieurs. Objectif : parvenir plus vite à l’égalité réelle, 40 engagements y contribuant. Mais aussi « une loi sur l’enseignement supérieur et la recherche », a annoncé Geneviève Fioraso, «  qui prévoira la parité dans les instances de gouvernance des établissements d’enseignement supérieur. Une avancée historique. »

Développer les études de genre

Préalablement à la signature de la Charte, Michèle Riot-Sarcey (de la Fédération de Recherche sur le Genre) et Florence Rochefort (de l’Institut Emilie du Châtelet) remettaient aux Ministres un rapport sur les recherches sur le genre en France. Commandé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, son but était de faire le point sur l’activité scientifique qui y est consacrée en France, et qui a fait l’objet, particulièrement à la fin de l’année 2012, d’attaques virulentes notamment par les opposants au mariage pour tous.

Le rapport donne une définition du « concept genre ». Les auteurs relèvent comme élément de définition le fait que « les différences entre femmes et hommes sont aussi le résultat d’une construction sociale qui attribue des rôles, des statuts, des qualités, des aptitudes, des goûts… différenciés », et notent que le genre concerne aussi bien «  les femmes que les hommes, le masculin que le féminin. »

Sur la base de cette définition et de nombreuses auditions et contributions, les auteurs voient deux défis : renouveler les savoirs et aborder de nouvelles thématiques de recherche (sexualités et identités de sexe, corps et activités, genre et droit, genre et violence, espace et territoire, mais aussi fait colonial et enjeux du post-colonial). L’enjeu ? Assurer une large diffusion afin «  d’alimenter le débat scientifique et le débat social ». Pour finir, ils dressent une liste de vingt propositions concrètes qui ont trait à l’organisation générale de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’enseignement, la formation continue, le financement de la recherche, les questions de publications scientifiques et de diffusion, les carrières et la parité dans les établissements. Un travail reçu avec intérêt et enthousiasme par Najat Vallaud-Belkacem et Geneviève Fioraso.

 

1 commentaire

  1. Bonsoir Madame Coutelle, je pense qu’il serait également souhaitable que l’Université de Poitiers respecte la législation en ce qui concerne l’emploi des personnes en situation de handicap, et plus particulièrement des enseignants chercheurs. Pour mémoire, la situation de Mme Jallais n’a pas encore intégré l’Université de Poitiers! J. Gaudinat, Président de l’association Dominer son handicap

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