On ne triche pas avec l’Histoire

Dimanche dernier, pour la Journée de commémoration de la Déportation, Xavier Argenton, Maire de Parthenay (79) interdisait à des collégiens de lire le témoignage d’Ida Grinspan au motif qu’elle rappelait avoir été déportée à Auschwitz après avoir été arrêtée par 3 gendarmes.

Censurer le témoignage de cette survivante de l’atrocité nazie, c’est d’abord inutile parce que les gendarmes aujourd’hui n’ont pas la moindre responsabilité dans la complicité de Vichy envers l’occupant d’alors envers l’occupant.
Cette décision de l’élu Nouveau Centre est ensuite scandaleuse parce que l’Histoire ne peut pas être réécrite. Sous Staline, on tordait, on modifiait ou on cachait l’Histoire. Dans bien d’autres dictatures encore. L’Histoire cherche scientifiquement à établir des faits. Cette interprétation des faits peut être questionnée, mais elle ne peut être falsifiée ou choisie, retouchée en fonction de l’actualité.

J’ai participé il y a un an aux travaux d’une mission de l’Assemblée Nationale sur les questions mémorielles.

Nous devons tendre vers une mémoire collective (en France, et un jour en Europe) de l’horreur de la seconde guerre mondiale. Nous ne réussirons pas ce travail de mémoire si nous continuons à manipuler l’Histoire.

Aussi, comme Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, je vous propose de lire ici le texte d’Ida Grinspan qui continue de témoigner auprès des nouvelles générations de ce qu’elle a vécue.

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