Nadia Murad Basee Taha, « survivante de Daesh »

« Je me force au témoignage pour qu’un pays aussi fort que la France puisse venir en aide à mon peuple ». Nadia Murad Basee Taha était mercredi à l’Assemblée Nationale pour livrer le bouleversant récit de son histoire et de celles de tant d’autres, victimes de la barbarie terroriste. Jeune femme Yézidie de 21 ans, Nadia Murad Basee Taha fait le tour du monde pour dénoncer les tortures infligées par l’État Islamique. Elle mobilise aujourd’hui la communauté internationale en soutien aux milliers de femmes Yézidies toujours captives de Daesh.

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En août 2014, le groupe terroriste Daesh entre dans le village de Nadia. Ce jour-là, 700 hommes et 80 femmes âgées sont tué-e-s, dont sa mère et six de ses frères. Les femmes et les enfants sont emmenés à Mossoul où ils et elles seront vendu-e-s ou échangé-e-s, « comme un butin, un trophée de guerre » raconte la jeune femme. Comme des milliers d’autres, Nadia est vendue à un homme dont elle deviendra l’esclave sexuelle. « Enchainées, revendues, violées, données ou achetées, d’un djihadiste à un autre », voilà le sort des captives de Daesh.

« Que ces pays qui militent pour les droits humains combattent Daesh. Notre combat est de stopper ces ennemis de l’humanité »

Le témoignage réveille la douleur du souvenir. L’association Yazda, qui accompagne Nadia Mourad lors de ses déplacements, milite pour établir la vérité sur les massacres qu’ont subis les Yézidi.e.s au Nord de l’Irak et au Nord-Est de la Syrie et obtenir justice, protection et réparation. Selon Yazda, les crimes commis contre les Yézidis par Daesh dans les régions du Sinjar, de la plaine de Niveneh et en Syrie ont entrainé la mort de 3000 à 5000 civils, l’enlèvement de 5000 à 7000 personnes, principalement des femmes et des enfants, et le déplacement de 400 000 personnes.

« Faire vivre la mobilisation en France »

Mercredi, Catherine Coutelle s’est engagée à faire vivre la mobilisation en France, « pour que les crimes contre l’humanité perpétrés et le génocide des yézidi.e.s soient reconnus, « pour que le Conseil de sécurité de l’ONU saisisse la Cour Pénale Internationale », et « pour que soit engagé le financement d’une expertise médico-légale des 35 charniers et sites d’exécution identifiés dans la vallée du Sinjar ». La députée s’est également engagée à solliciter dans les plus brefs délais le Président de la République pour que la France, comme l’a récemment fait son voisin allemand, ouvre un programme « 1000 visas » pour « 1000 femmes Yezidies persécutées, survivantes de Daesh ».

En décembre 2015, Nadia Murad Basee Taha a témoigné devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Le 6 janvier dernier, le Gouvernement irakien a nominé Nadia Murad Basee Taha pour le Prix Nobel de la Paix. Cette semaine, Nadia est en France pour nous appeler à : « continuer le combat pour porter la voix de ceux qui sont bâillonnés. La France a récemment connu la barbarie du fanatisme. Daesh est contre ce que nous sommes. Ils s’attaquent à la liberté humaine ». a-telle conclu.

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