Lutte contre les violences faites aux femmes dans le monde : l’engagement de la France salué

Echange de vues sur la situation des droits des femmes dans le monde avec Michelle Bachelet, rencontre avec Zainab Hawa Bangura sur la nécessité de lutter contre la recrudescence des violences commises envers les femmes en temps de guerre : Catherine Coutelle poursuit à New York avec Najat Vallaud-Belkacem un programme de travail d’une grande densité. Où elle constate de nouveau combien la place et la voix de la France dans le monde restent de premier plan.

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A New York, pas moins de 6000 participant-e-s venu-e-s du monde entier sont réunis à la 57e session de Commission de la condition de la femme. L’enjeu est de taille : réussir à aboutir à un consensus mondial pour éliminer les violences faites aux femmes (voir notre article daté d’hier). Et la bataille diplomatique est extrêmement sévère et serrée : ainsi, selon « des diplomates » cités sous couvert d’anonymat par l’AFP « le Vatican, l’Iran et la Russie, entre autres pays, s’efforcent d’édulcorer un passage du projet de communiqué final qui affirme que religion, coutumes ou traditions ne peuvent pas servir de prétexte à un gouvernement pour se soustraire à son obligation de lutter contre les violences faites aux femmes. Ces mêmes Etats s’opposent aussi à ce que des relations sexuelles imposées à une femme par son mari ou son compagnon soient considérées comme un viol », relève la dépêche. Outre leur participation à ces débats (nous reviendrons dans un article à suivre sur l’intervention de Najat Vallaud-Belkacem à la tribune de la Session), la Ministre des droits des femmes et la Présidente de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale rencontraient notamment deux actrices de premier plan des droits des femmes dans le monde : Michelle Bachelet et Zanaib Hawa Bangara.

Michelle Bachelet : « l’impunité reste la norme »

Ancienne présidente de la République du Chili, Michelle Bachelet est désormais directrice exécutive d’ONU femmes. Soulignant avec satisfaction que la 57e session de la Condition de la femme « est le plus grand rassemblement international jamais organisé pour mettre fin aux violences contre les femmes », la désormais dirigeante d’instance onusienne s’alarme toutefois publiquement que, en matière d’exactions commises contre les femmes dans le monde, « l’impunité soit encore la norme, pas l’exception ». Alors que la situation internationale incite à la mobilisation (affaire Malala, viols en Inde etc…), elle en appelle à la nécessité d’emporter l’adhésion de tous les pays présents à la session « afin que les avancées obtenues en 1994 et 1995 ne soient pas remises en cause. » Michelle Bachelet qui, à l’occasion de cet échange avec la ministre et la parlementaire françaises, a aussi indiqué qu’elle avait particulièrement apprécié l’intervention rapide de la France : la veille du déclenchement de l’opération Serval au Mali, elle était à Bamako et percevait l’extrême dangerosité de la situation pour le pays et le risque avancé de contagion pour tout l’ouest de l’Afrique.

Zainab Hawa Bangara engagée contre les violences en temps de guerre

En complément de ces échanges, une autre rencontre aura permis de faire le jour sur une réalité aussi méconnue qu’inacceptable : la recrudescence des violences sexuelles commises en période de conflit. Zanaib Hawa Bangara est, depuis 2009, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies chargé de cette question. Une femme convaincue, fine connaisseuse des terrains de guerre… et dont le poste n’existe que depuis 2009 pour une triste cause : sa création coïncide à la multiplication des violences de guerres dans les conflits, pour la plupart infranationaux. A l’instar de Michelle Bachelet, Zanaib Hawa Bangura a salué la France pour son action au Mali lors de l’entretien de travail avec Najat Vallaud-Belkacem et Catherine Coutelle. Avec une demande très précise : dans la résolution qui va être adoptée sur le Mali, elle demande à la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, de veiller tout particulièrement à ce que soient créés des « commissaires de protection » chargés de constater les violences et d’accompagner les femmes victimes de guerre. Des remerciements et des attentes qui permettent de constater, depuis New York et les Nations Unies, combien la voix et l’action de la France comptent toujours sur la scène internationale en général et sur la question des droits des femmes en particulier.

 

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avec Michelle Bachelet

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avec Zainab Hawa Bangura

 

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