Lutte contre le système prostitutionnel : notre détermination et notre confiance restent intactes, notre but reste le même

 Communiqué de presse

Catherine Coutelle, députée de la Vienne, Présidente de la Délégation aux droits des femmes

et

Maud Olivier, députée de l’Essonne, rapporteure de la Proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel à l’Assemblée Nationale

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Le Sénat a finalement choisi de retourner à l’Assemblée nationale un texte non seulement sans son volet de responsabilisation du client, mais aussi rétablissant le délit de racolage.

Ce soir, nous voulons redire que la lutte contre le système prostitutionnel ne saurait être efficace si elle ne s’appuie pas sur chacun des quatre piliers de la proposition de loi adoptée à une très large majorité des député-e-s en première lecture à l’Assemblée le 4 décembre 2013 :
– mieux lutter contre les réseaux de traite et de proxénétisme ;
– accompagner globalement les personnes prostituées, notamment en les aidant à sortir de la prostitution ;
– renforcer l’éducation à la sexualité et la prévention ;
– responsabiliser les clients et sanctionner l’achat d’actes sexuels.

Nous voulons aussi dire clairement que sans l’interdiction d’achat d’actes sexuels, on laisse dans l’impunité ceux qui contribuent à la perpétuation de la traite d’êtres humains. Maintenir le délit de racolage, c’est maintenir les personnes prostituées dans un statut de délinquant-e-s, alors qu’elles sont les victimes d’une violence intolérable.

La navette continue. Il appartient désormais aux député-e-s de rétablir un texte efficace. Avec le soutien entier du Gouvernement manifesté par Pascale Boistard et avec la certitude que l’Assemblée nationale continuera à veiller à ce que ce travail dépasse les clivages partisans, nous continuons le travail. Le conservatisme de certains sénateurs ne peut pas être le signal d’une politisation qui serait aussi nouvelle que malvenue. Depuis les travaux menés par Danielle Bousquet et Guy Geoffroy, grâce au débat mené au parlement comme dans la société, grâce à l’actualité récente, le regard a changé sur ce qu’est la réalité de la prostitution.

Notre détermination et notre confiance restent intactes, notre but reste le même : permettre aux quelque 90 % de personnes prostituées victimes de la traite, dans leur immense majorité des femmes, de sortir enfin de ce véritable esclavage moderne. Il y a urgence, pour elles, à avancer vers une adoption définitive rapide.

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