LGV Poitiers Limoges : en réponse à la lettre ouverte

Le Collectif « Non à la LGV Poitiers Limoges » a publié récemment une lettre ouverte à mon attention. Je souhaite apporter à ses membres quelques précisions.


Lors de la campagne électorale pour les législatives en 2007, aucun des candidats n’a évoqué le projet de LGV Poitiers-Limoges. D’abord, parce qu’il n’était pas au cœur de l’actualité (le débat public s’était achevé en 2006 et sa réalisation semblait lointaine).

En 2007, comme avant et comme depuis cette élection, j’ai dit et répété mon engagement pour une société durable dans laquelle les transports collectifs ont une place déterminante, j’ai exposé ma conviction que seul le développement économique et les interactions avec les régions voisines et l’Europe permettent de créer la richesse nécessaire à une juste répartition.

Lors de l’examen de la loi sur le Grenelle de l’Environnement, j’ai fait savoir la bataille que je menais, avec d’autres, pour que ce projet de LGV soit bien pris en compte par le gouvernement dans son schéma national d’infrastructures ferroviaires.

Chacune de mes interventions et questions orales a été communiquée à la presse, publiée sur mon blog ou a fait l’objet d’un article dans la lettre mensuelle que j’adresse à 5000 abonnés.

La Ligne à Grande Vitesse Poitiers-Limoges a été validée au terme d’un débat public auquel étaient invités l’ensemble des habitants de la circonscription. Elle a été confirmée par un vote à l’unanimité de l’Assemblée Nationale.

Nous en sommes aujourd’hui à l’étude des tracés.
J’ai plusieurs fois reçu une délégation du collectif opposé à cette ligne mais aussi des habitants ou entreprises impactés. J’ai répondu par de très longs courriers à de nombreuses interpellations. J’ai proposé deux combats qu’il me semblait important de mener.

– le financement. Parce que je ne « roule » pour personne sinon une vision de l’aménagement du territoire et de l’intérêt général, il m’apparait essentiel d’exiger de l’Etat une prise en charge forte de ce projet à travers de nouvelles sources de financement (taxation des activités et entreprises polluantes, etc.)
– la recherche du meilleur tracé possible et des aménagements indispensables à la vie des habitants. Depuis plusieurs mois, je suis sur le terrain. Je réponds aux invitations de ceux qui veulent faire entendre leur voix dans la négociation avec RFF et je relaie ces messages auprès des représentants de l’Etat et des ingénieurs ou techniciens de Réseau Ferré de France.
Alors qu’un combat ne peut être mené que s’il est porté collectivement, j’observe que le collectif signataire de la lettre ouverte n’a souhaité s’engager sur aucune de ces deux pistes. D’autres, dont je suis, font le pari que c’est lorsqu’on est absent d’une discussion qu’on en ressort lésé et, qu’au contraire, participer à ces échanges ne signifie pas l’abandon de ses opinions et l’asservissement à un quelconque intérêt politique ou financier.

Les citoyens, électeurs ou non de la circonscription, méritent d’être défendus. Chacun des dossiers que nous parvenons à faire aboutir et les messages de remerciement de quelques uns me confortent dans cette démarche. Représentante de tous, je suis aux côtés des communes et de leurs habitants.

13 commentaires

  1. Confondre volontairement train et TGV est votre spécialité :
    – peu vous importe qu’un TGV consomme 4 à 5 fois plus d’énergie pour rouler deux fois plus vite qu’un train rapide ; vous devriez militer pour la remise en service du Concorde ;
    – peu vous importe qu’un billet de TGV coûte de 25 à 70 % plus cher qu’un billet de train rapide ;
    – peu vous importe, en bonne citadine, les dégâts humains que va provoquer la réalisation de cette stupide LGV Poitiers-Limoges.
    Votre conception de service public populaire semble très orienté … du côté de ceux qui ont les moyens financiers et ne souffrent pas trop de la crise.
    Vous devriez tenter de vivre plusieurs mois avec un revenu minimum d’insertion, par exemple, et de payer vos voyages en TGV sans vous les faire rembourser : vous finiriez peut-être par regretter les trains Corail pour gagner Paris !
    Vous faites partie de ces élu(e)s qui me font douter davantage chaque jour de la capacité du PS de répondre aux aspirations de la "France d’en bas".
    Avec, malgré tout, mes cordiales salutations.

    Yves Moudoulaud
    habitant de Smarves, où ne passe pas le tracé de cette LGV, mais soucieux de la bonne utilisation des deniers publics
    membre du collectif "non à la LGV Poitiers-Limoges"
    secrétaire de LEFTES
    animateur du blog de LEFTES

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  2. Je suis une habitante de Vaintray. (Peut-être se savez vous pas ou se situe ce joli village qui va être détruit par la LGV Limoges Iteuil par votre faute !). Ma maison ne sera pas écrasée, mais celle-ci si situe à moins de 200 mètres du tracé. Vous nous parlez du débat public qui s’est achevé en 2006, mais c’est scandaleux de vous référer à cet argument sachant que tous les habitants concernés par le possible tracé ont été informés de ce projet que fin juillet 2009.
    Je souhaite vous communiquer mon écœurement concernant les partis politiques (droite ou gauche). Je n’irai pas voter pour les législatives (c’est une première car j’ai toujours répondu aux urnes et ceci depuis plus de 40 ans). J’espère qu’un jour votre habitation sera traversée par une ligne de train, une autoroute ou une piste d’avion afin que vous compreniez ce que ressentent les habitants des villages concernés par cette ligne COUTEUSE ET INUTILE. NON vous n’êtes pas aux côtés des habitants.

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  3. Ce n’est pas en affirmant d’une façon péremptoire que les arguments prennent de la valeur.
    Votre formule "un combat mené collectivement" me laisse dubitatif sur votre sens du collectif. Le vôtre reste à ce jour dans l’ombre et tarde à se montrer. Exceptées les félicitations de M. Bussereau (que vous semblez combattre dans d’autres domaines) et l’attitude mégalomane de votre collègue Claeys, les appuis à votre position ne sont pas légion.
    Il est un point sur lequel je tiens à insister : le débat public pour lequel j’utiliserai plutôt le terme "comité privé ou petit comité". 80 000 "invités" donnant 500 visiteurs, cela ne représente pas un succès de la démocratie. Parmi ces présents, j’aimerais connaître le nombre de personnes informées seulement par le formulaire envoyé massivement. J’ose répondre sans peur de me tromper : aucune.
    S’abriter derrière de tels arguments, c’est faire preuve d’une légèreté incompatible avec les responsabilités qui devraient être les vôtres. Comme tout représentant du Peuple, vous êtes tenue de défendre ses intérêts présents et à venir. Vous savez le dire mais le faire c’est mieux. Débordée par le sujet, vous faites confiance aux techniciens de RFF. Vous avez tort car ces gens roulent d’abord pour les dirigeants des grandes centrales de travaux publics. RFF a osé avouer que ce projet serait déficitaire. La ligne SEA n’est pas encore financée et vous lui accolez un barreau encore plus dispendieux. Quelle mauvaise gestion des fonds publics !

    Un électeur désespéré de voir la Gauche essayer de survivre en singeant les méthodes sarkozyennes et soucieux de conserver au monde rural un cadre de vie apaisant en prévision de l’exode urbain qui ne saurait tarder.

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  4. Pour être informé de ce débat, mieux valait habiter une ville, de préférence en Limousin, ne pas refuser la publicité dans les boîtes aux lettres ! Ne pas prendre ses vacances en août et ne pas penser à Noël 10 jours avant … être élu ou mieux ne pas travailler, car pour se libérer aux dates et heures proposées, on ne disposait que de quelques jours pour s’organiser ! Bref je sais maintenant pourquoi je n’ai pas « vu « passer ce débat public : il y avait une volonté de s’adresser à un certain public, en marketing on parle de « cible », je n’étais pas dans la cible ! …

    Et vous l’élue du peuple décidez vous aussi de ne pas en parler dans votre campagne alors que vous évoquez « une bataille, un engagement » : Parle t’on de débat ? De communication ? Quelle négociation avec les élus PS de Limoges non avouée ? le maire PS de Poitiers ? Fournir des emplois aux grands bétonneurs ? Des moyens de communications rapides qui répondent uniquement à une catégorie de population aisée ? Une ligne non prévue pour le fret pour donner de l’emploi aux routiers ? … je cherche

    Les élections Dimanche sont importantes : la Région a la compétence des transports régionaux, aussi la Grande Vitesse et la LGV Poitiers Limoges sont maintenant dans le débat ( !) j’appelle les lecteurs de ce billet à voter …. Cette fois mon vote sera éclairé, puisque les élus se sont prononcés, je saurai faire la différence entre « NON au projet LGV » et ça dépend…

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  5. Oui enfin, ne nous leurrons pas. Si partout où le TGV passe, les intérêts particuliers, qui ont leur légitimité, avaient prévalu, nous n’aurions pas de TGV en France. Et pour aller régulièrement à Paris, à Bordeaux, à la Rochelle par le train, j’en mesure la valeur, y compris sur le plan environnemental. Et je vais aussi régulièrement à Limoges … par la route… et j’en mesure aussi la difficulté. Alors oui on peut se dire que gagner qq minutes (ou plus) n’a pas de sens mais c’est ignorer la réalité (aujourd’hui je ne vais pas à Limoges en train !). Et oui je veux plus de TER, je veux la réouverture des lignes secondaires… oui je veux tout ça mais ce n’est pas pour autant que je ne veux pas du TGV. Et oui c’est facile à dire, je ne suis pas sur la trajectoire… mais en tant que citoyen je veux privilégier l’intérêt collectif, et il me semble qu’il est du côté du TGV.

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  6. Nous sommes tous pour "plus de trains et moins de véhicules", mais ce TGV de luxe à tous points de vue (prix des billets, prix de sa construction, nombre de clients potentiels) n’est pas dans l’esprit du train écologique et démocratique. Nous préférons de loin des corails et TER performants et nombreux, avec des TGV pour remplacer l’avion sur des grands axes bien particuliers, plutôt que des TGV implantés au mépris des besoins, des coûts et des populations.
    Et nous préférerions qu’une bonne part des 2 milliards d’euros de coût global soient affectée à concrétiser enfin le ferroutage entre l’Espagne et le nord de la France !
    Quant à la concertation, parlons-en, une commune directement impactée comme Iteuil a découvert qu’elle était concernée… le 6 novembre 2009 !! (voir leur site internet).
    Tout ce projet est ruineux, conduit comme un rouleau compresseur, au mépris des arguments des uns et des autres, en jouant sur la montre, la division et le découragement des opposants. Du grand art, mené par des "négociateurs" payés à prix d’or pour leur sale besogne.
    Je suis surpris que vous ne fassiez pas la différence entre un possible projet ferroviaire écologique et démocratique (ferroutage + liaison Limoges Paris modernisée) et un projet ferroviaire de prestige à la mode stalinienne ou chinoise (imposé par l’Etat sous couvert d’"intérêt public", disproportionné, imposé aux populations sans recours possible).
    Quel manque de discernement, quel manque de vision de la vraie modernité : Pour info, nous ne sommes plus au temps de la modernité à la Pompidou, avec le plus grand paquebot, l’avion qui va le plus vite, etc… La nouvelle modernité, c’est une modernité au service des gens et pas d’une élite, c’est une modernité au service de l’écologie et non des géants du BTP. Le PS aurait-il un train de retard sur l’évolution de la société ??

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  7. Presque tous les messages vont dans le même sens : non à la LGV.
    Personnellement à la question "faut-il une ligne plus rapide entre Poitiers et Limoges, avec des trains plus fréquents ?" ma réponse est clairement OUI. Cette liaison est essentielle compte tenu du trafic routier actuel sur la nationale qui relie ces deux villes. Elle est essentielle aussi pour le développement économique et le rayonnement de Poitiers et de Limoges.
    Un pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) vient d’être créé en juiller dernier. Ce pôle fédère cinq établissements : les universités de Limoges, Poitiers et La Rochelle ainsi que les écoles ENSMA (Poitiers) et ENSCI (Limoges). Des étudiants et des enseignants chercheurs vont être amenés à se déplacer d’un site à l’autre, comment ? avec quelle sécurité ?
    Ce PRES n’est bien sûr qu’un exemple d’interaction et de développement entre les Régions, il va concerner bon nombre de nos enfants et petits enfants.
    Bien évidemment les habitants directement ou indirectement touchés par le tracé ne peuvent qu’être contre un tel projet et ce ne sont pas des arguments d’intérêts collectifs qui les feront changer d’avis, c’est très compréhensible, une maison n’est pas qu’un bâtiment, c’est aussi un lieu de vie et une histoire. Un tracé "le moins mauvais" est donc à rechercher pour d’une part impacter le minimum d’habitants et d’autre part pour prendre en compte la dimension environnementale.

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  8. Je me demande comment il est possible de s’opposer au TGV…
    Demain (et non pas après-demain…) l’essence sera si chère, la voiture si polluante, qu’il faudra utiliser une alternative.
    OUi le Corail a sa place, mais quand on se déplace pour son travail, (et nombreux sont ceux dans ce cas!) 4h pour faire Poitiers / Paris, ça veut dire que Poitiers s’éloigne de la capitale.
    Certes, il y a le TGV, 1h30 / 1h45 ça change tout…

    Pour Poitiers – Limoges, c’est pareil.

    Malheureusement, l’expropriation, je connais, les "menaces" de certains élus (eh oui, je pense que l’on peut parler ainsi pour certains d’entre eux, malheureusement), je connais également.

    Le problème me semble plus dans la vraie et juste indemnisation des préjudices subis, ou réparations …

    Et là, il faut connaître les règles du jeu, comment fonctionnent les échanges entre RFF et les habitants, les élus etc. …

    Si un élu tel qu’un député, avec tous les réseaux qu’il utilise, les moyens mis à sa disposition, n’est pas là pour soutenir la population, celle-ci à mon avis, passe à côté de ses droits les plus fondamentaux, et d’un soutien essentiel et déterminant.

    Bon courage à tous eux qui seront sur le tracé du TGV, et il est vrai, celà sera une épreuve pour eux, c’est indéniable, mais ne jamais oublier que l’union fait la force, et que des élus sont là aussi pour celà.

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  9. Me Coutelle fait partie de ces élus qui eux s’engagent pour la population.

    Je l’ai constatée à plusieurs reprises, suivant ma région de près.

    J’espère que les détracteurs que j’ai pu lire en prendront conscience.

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  10. Presque tout le monde dans sa vie a pris un train, un TER, un Corail. Mais quel % de la population prend le TGV ? Réponse : une petite élite. Hors tout le monde doit financer le TGV, et ce sont les plus modestes qui doivent endurer les nuisances du TGV car leur maison comme par hasard est mal placée ou leur petit village pas défendu par les Elus locaux… On l’a bien vu au sud de Poitiers : il était hors de question de déranger St Benoit (pourtant l’option la plus courte) !
    Résultat : les plus modestes paient doublement pour un outil de prestige qui ne servira qu’à une élite. Comment peut-on cautionner cette injustice et se prétendre proche du peuple ? Je saisis mal la logique de la chose.
    Le TGV est un outil de prestige clinquant, réservé à une élite, et très utile aux Elus pour se faire mousser à bon compte.
    De toutes façons, ceux qui vont à Limoges (surtout les touristes) y vont pour autre chose que pour y trouver un pôle multimodal, et on peut parfaitement vivre heureux à Limoges sans la panoplie complète de la mégapole. Il y a même beaucoup de gens qui recherchent cela, n’en déplaise à tous ceux qui croient que le bonheur passe par un clonage de New-York un peu partout…
    De toutes façons, Limoges ne serait pas enclavée avec une liaison ferroviaire Paris-Creuse-Limoges modernisée.

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  11. Bonjour à tous,

    Je fais partie des impactés potentiels de la LGV Poitiers-Limoges.
    En préambule, je voudrais préciser que j’ai une forte sensibilité écologique et qu’en conséquence je suis favorable au développement des modes de transport « doux », dont le train, sous certaines conditions, fait effectivement partie.

    Il est caricatural de dire que les populations impactées sont dans la réaction épidermique, sont farouchement opposées, par principe, au projet qui les vise (même si vous m’accorderez que cette réaction est tant soit peu naturelle, sinon légitime) et donc incapables d’une analyse rationnelle. Néanmoins, il est vrai que lorsque l’on est confronté à une telle situation, on n’a d’autre recours que de s’intéresser au projet (on préfèrerait faire des choses plus constructives, croyez-moi !) et à en comprendre les tenants et les aboutissants pour se convaincre que l’on va effectivement être sacrifiés « pour l’intérêt général ». C’est un peu le « travail de deuil », si vous voyez ce que je veux dire…

    C’est pour cette raison que les impactés sont souvent assez pointus sur les dossiers, car ils sont amenés, de fait, à dégager le temps et l’énergie nécessaires pour réaliser les analyses, confronter les arguments pour ou contre…

    Le débat sur la LGV Poitiers-Limoges est complexe et il faut éviter, selon moi, de survoler ce dossier avant d’exprimer une position trop tranchée, sous peine de tomber dans le lieu commun ou la position idéologique, comme nous avons pu le voir dans le cadre d’autres débats, comme celui sur l’Identité Nationale.

    Après nous être entretenus avec quelques grands-élus et des candidats aux élections régionales, nous avons pu constater que la plupart n’avaient pas fait ce travail d’analyse et se contentaient, probablement car mal informés (ou désinformés par certains lobbies), de se positionner selon des arguments très généraux du type :
    – « Je suis pour le développement économique de nos régions, donc je suis pour le barreau Poitiers-Limoges » ;
    – « Je pense que tout projet d’infrastructure doit être stoppé au nom de la préservation de la biodiversité »
    – « La LGV Poitiers-Limoges est incluse (en fait, elle est citée comme pouvant faire partie des projets financés : http://www.legifrance.gouv.fr/af... dans la loi du grenelle de l’environnement 1 qui a été votée à l’unanimité, donc c’est forcément bien pour vous et, de toutes façons, on n’y peut plus rien »…

    On ne peut pas leur en vouloir, car ils sont par définition « généralistes » et ont de nombreux dossiers à porter et à défendre. Par contre, on peut leur reprocher de rester sourds à certains arguments objectifs et de ne pas avoir le courage politique de se repositionner (ou du moins de nuancer leur position) s’ils estiment qu’ils se sont, au moins pour partie, trompés.

    Je ne vais pas le refaire ici le débat sur les impacts environnementaux d’une LGV ou sur les apports, très contestés, de ces infrastructures sur le développement économique des régions (cf le rapport Pébereau, du nom du PDG de la BNP-Paribas, que l’on ne peut pas accuser d’être un dangereux gauchiste : http://www.minefi.gouv.fr/notes_... Voir la p55 qui traite spécifiquement des LGV). Je vais me contenter de vous faire partager quelques éléments que nous avons glanés sur les aspects financiers, et plus particulièrement sur la rentabilité de cette ligne Poitiers-Limoges.

    Le problème majeur est que l’organisme « expert » qui réalise la totalité des études sur les LGV et conseille nos élus n’est autre que l’organisme qui en est le maître d’ouvrages, à savoir Réseau Ferré de France (RFF).

    Le taux de rentabilité estimé par RFF pour la ligne Poitiers-Limoges est de 3,3 %, ce qui est déjà extrêmement faible, puisque « l’état considère que la collectivité est bénéficiaire dans un projet quand le taux de rentabilité est supérieur à 4% » (dixit RFF soit même). Si nous regardons comment ce taux a été calculé, RFF annonce un coût de 1,3 milliards d’euros (on parle aujourd’hui plutôt de 2 à 3 milliards) et d’un flux passager de … 2,2 millions par an !!! Sachant que le nombre de passagers sur le TER Poitiers-Limoges est d’environ 20 000 par an et qu’environ 10 000 personnes empruntent l’avion entre Limoges et Paris, en imaginant que l’ensemble de ces passagers se rapportent sur la nouvelle LGV, il nous manque tout de même 2 170 000 passagers par an pour arriver à ce taux de rentabilité ridicule. Il va falloir sacrément stimuler les enseignants et les étudiants du PRES Poitiers-Limoges-La Rochelle pour arriver à leur faire prendre ce train collectivement environ 100 fois par an.

    C’est tellement bien monté tout cela que la SNCF s’est positionnée en disant qu’elle demandait une étude de rentabilité de cette ligne par des experts indépendants et qu’elle ne souhaitait, de toutes façons, plus l’exploiter.

    En cas d’acharnement de nos élus, nous avons donc une grande chance de nous retrouver avec une ligne sans train ou, mieux, une ligne vivant sous perfusion de financements publics car, nos élus ne voulant pas perdre la face, tout vaudra mieux qu’une ligne neuve sans train ! La double peine, donc : endettement des collectivités pendant 30 à 50 ans pour financer la ligne, et financement du déficit d’exploitation.

    Et tout est à l’avenant…

    Je tiens bien entendu l’ensemble des documents en ma possession à la disposition des personnes intéressées, afin qu’elles puissent vérifier l’exactitude de ce que j’avance.

    Alors oui, c’est vrai, je suis impacté, je ne suis pas objectif, mais je ne pense pas que les élus qui défendent mordicus ce projet stupide le soient plus que moi.

    Nous pourrions en rire si ce n’était pas aussi dramatique pour nous, pour nos familles, nos voisins, nos villages, et notre environnement.

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  12. Madame la Députée

    Je réside au nord de Poitiers et la LGV Poitiers-Limoges ne nuira pas à mon confort mais sa conception me dérange quand même. Elle n’engendrera, me semble-t-il, les développements espérés ni pour notre région ni pour celle du Limousin ; elle coûtera fort cher et tracera une saignée dans nos paysages, peu utile dans un avenir proche. Ma préoccupation est simplement citoyenne et je voudrais juste joindre ma réflexion à celle des autres participants à ce débat maintenant établi sur votre blog. Bien entendu, comme la majorité des citoyens de ce pays, je suis favorable au développement des transports en commun, aux économies d’énergie et au respect de l’environnement mais ce principe ne doit pas s’appliquer comme un systématisme dans n’importe quel contexte. Il connaît, lui aussi, ses perversions.
    On appelle communément cette future ligne : la LGV Poitiers-Limoges, mais il serait plus judicieux de l’appeler la ligne Limoges-Paris. Le nombre de voyageurs qui utilise l’actuelle ligne Limoges-Poitiers ne devrait pas augmenter spectaculairement quand la LGV sera en activité. En revanche, les déplacements vers Paris, depuis Limoges devraient croître sensiblement et c’est même, l’un des objectifs annoncés. Réduire les temps de déplacement vers Paris ne provoque pas d’effet de développement autour de la voie et dans les régions qu’elle traverse mais provoque seulement un effet de concentration des idées et des hommes qui les véhiculent dans la Région parisienne. Comme tous les processus qui drainent les capacités de changement (idées, force de travail), les migrations quotidiennes ou plus définitives privent peu ou prou les régions sources, les régions d’origine, de leurs capacités de développement endogène. L’accélération des déplacements vers Paris est une forme complaisante de perpétuation de la centralité culturelle et professionnelle, contradictoire avec tous les processus de décentralisation ou de déplacement des centralités partout à l’œuvre en Europe. Cela sent la nostalgie jacobine qui voulait que l’Etat fût le centre du développement, géographiquement bien identifié parce qu’unique, alors que l’idée qui présida au projet européen se fondait davantage sur des développements polynucléaires répartis sur ce nouveau territoire politique qu’est l’Europe, à des nœuds de communications redistribués comme l’est celui de Lille-Métropole. Encore faudrait-il réfléchir aux excès de celui-ci. Quelqu’un a dit, il y a déjà bien longtemps : « Quand Paris tousse, la France s’enrhume ». Il est grand temps de faire mentir ce constat séculaire.
    Vous pourriez opposer que ce tronçon qui créé la ligne Limoges-Paris est le premier maillon d’une chaîne qui reliera le sud-est et, pourquoi pas, les pays de l’est méditerranéen à la partie française de l’arc Atlantique, infléchissant ainsi la tendance au développement national et centralisé à Paris. En étant extrêmement et, sans doute, excessivement optimiste on peut penser que ce projet gigantesque ne verra le début du jour que dans 15 ou 20 ans si toutefois la France – pays en faillite il faut quand même oser le dire – si toutefois la France, même si elle est aidée, parvient à financer cet investissement à la hauteur des ambitions qu’elle annonce. C’est très probablement un mauvais pari, d’abord parce que c’est une crânerie, un défi à l’avenir qui aura, comme toujours, le dernier mot et, ensuite, que c’est une approche déjà obsolète d’un enjeu pressant. C’est un pari du 20ème siècle et nous sommes au 21ème. Une ligne LGV ou TGV ne transporte pas de produits du secteur primaire ou du secteur secondaire qui ont le temps de cheminer plus lentement mais des produits du tertiaire – si l’on voulait bien être contemporain, on dirait du quaternaire – et, plus précisément, de l’intelligence et de ses épiphénomènes dont la communication est de plus en plus dématérialisée. Les connexions internets dont on peut penser qu’elles évolueront beaucoup plus vite et à des coûts moindre que les transports des hommes se seront développées à un point tel, dans 15 ou 20 ans, que le transport des idées par LGV ou TGV fera figure de teuf-teuf, ce qu’elle fait déjà un peu. Le développement de ces réseaux est presque parfaitement écologique et ne laisse pas de trace dans nos paysages qui sont notre patrimoine commun, essentiel pour notre futur. L’un des intervenants sur votre blog rappelle qu’un pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur réunissant les universités de Limoges, de Poitiers et de La Rochelle ainsi que l’ENSMA de Poitiers-Futuroscope et l’ENSCI de Limoges, fut créé il y a moins d’un an. Pour justifier la LGV, il s’inquiète des modalités des déplacements et de la sécurité des enseignants et des chercheurs. Et s’il se demandait s’il sera absolument nécessaire qu’ils se transportent ! Occasionnellement, oui, sans doute. Est-ce que cela demande et rentabilisera une LGV ?
    C’est sur cette question, Madame la Députée que ce clôt mon propos qui n’a d’autres ambitions que de s’inscrire dans le débat.
    Veuillez agréer, Madame le Députée, l’expression de ma considération distinguée.
    C. DELAUNAY

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  13. L’enfer est pavé de bonnes intentions…Si la ligne grande vitesse Paris Toulouse avait été basée sur la ligne POLT et donc l’aménagement de la ligne existante il n’y aurait même pas été évoqué de Poitiers-Limoges. Oui mais voila cela ne coûtait pas assez cher et ne faisait pas l’affaire de RFF et de ses petits camarades du BTP. Il vaut mieux ruiner le contribuable qui n’avait pas besoin de cela mais engraisser cette clique de margoulins.

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