Le gouvernement répond à Catherine Coutelle sur l’avenir de l’entreprise SAFRAN à Saint Benoit

Attentive à la vie économique et à l’emploi, Catherine Coutelle suit depuis le début de son mandat les situations des entreprises de sa circonscription. La société SAFRAN implantée à Saint-Benoit est l’un des gros employeurs de ce territoire. Depuis plusieurs mois, en contact avec les dirigeants, syndicats mais aussi le Ministère de la Défense, elle veille à ce que la commande publique contribue à assurer la pérennité du site. Ce matin, lors d’une séance de « Questions Orales Sans Débat », la députée a souhaité interroger le gouvernement sur les perspectives du secteur en général, et sur l’avenir de l’unité de Saint Benoit particulièrement. Textes et vidéo de cet échange dans l’hémicycle avec Dominique Bertinotti, en l’absence de Jean-Yves le Drian.

safran_optronique

Catherine Coutelle – ce mardi 28 janvier 2014

Monsieur le Président,
Madame la Ministre,

Depuis 1974, la commune de Saint-Benoît, dans l’agglomération de Poitiers, accueille un fleuron du tissu industriel local.

Installée sous l’enseigne SAT en 1974, devenue Sagem en 1996, l’usine a intégré le groupe Safran depuis 2005. Une constante au fil des décennies : l’excellence du savoir-faire de production d’équipements militaires de pointe.

Le site Sagem Défense Sécurité de Saint-Benoît contribue par ses activités à la réputation bien installée du groupe Safran en matière d’optronique jusqu’à l’international. Systèmes Felin, cameras et jumelles thermiques et portables : Saint-Benoît équipe de nombreux régiments français et au-delà.

C’est un savoir-faire discret, lié au secret militaire. Mais c’est un savoir-faire de très haute valeur ajoutée qui s’y déploie, avec des employés bien formés. L’agglomération de Poitiers y est d’autant plus attachée que l’entreprise fait vivre quelque 500 salarié-e-s, dont 35% de femmes, et alimente de très nombreux emplois induits.

Il y a quelques années, l’entreprise s’est restructurée et a réduit considérablement ses effectifs pour s’adapter à un marché très concurrentiel.

Quand l’année dernière les économies, nécessaires, ont été annoncées par le Livre blanc 2014 – 2019, les personnels et la direction se sont vivement inquiétés et m’en ont fait part.

Je suis alors intervenue auprès de Jean-Yves Le Drian pour attirer son attention sur la nécessité de veiller à ce que la commande publique contribue au maintien de l’activité, donc de l’emploi sur le site – et ce bien sûr dans le respect du code des marchés publics.

Madame la Ministre, nous partageons avec le Gouvernement cette exigence d’une justice économique territoriale, d’un aménagement du territoire équilibré. J’en veux pour preuve l’écoute très attentive des équipes de Jean-Yves Le Drian et de son Ministère, à l’instar de celles de Madame Patricia Adam.

Acteurs locaux, personnels, nous avons été heureux d’apprendre, fin 2013, l’attribution de nouveaux marchés d’optronique à Safran.

Pourriez-vous, Madame la Ministre, nous indiquer, si possible, le détail de ces marchés et quel impact ces commandes nouvelles auront pour l’activité et l’emploi sur le site de  Poitiers – Saint-Benoît ?

 

La réponse de la Ministre Dominique Bertinotti

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Madame la Députée,

Je vous prie tout d’abord de bien vouloir excuser l’absence de mon collègue, Jean-Yves Le Drian, Ministre de la défense, qui ne peut malheureusement être parmi nous aujourd’hui mais qui tenait à vous faire part des éléments suivants.

Le site de Sagem installé à Saint-Benoît dans l’agglomération de Poitiers est spécialisé dans la production d’équipements optroniques, dont les « jumelles infrarouges toutes armes de nouvelle génération », les JIR TTANG, et d’autodirecteurs de missiles. Ces équipements font partie indiscutablement du cœur de métier de Sagem et constitue un savoir-faire quasi-unique en France.

Les difficultés de charge du site de Sagem à Poitiers sont connues du ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, et son cabinet vous a reçue le 24 juillet 2013 pour vous expliquer l’analyse que le Gouvernement faisait de la situation et les mesures que nous avions prévues pour soutenir l’activité.

Comme vous le savez, eu égard notamment à vos fonctions de membre actif de la Commission de la Défense, ce site est effectivement impacté par les décisions prises au titre de la loi de programmation militaire 2014-2019 adoptée par le Parlement le 18 décembre dernier. En particulier, la réduction de cible du programme FELIN portant sur l’équipement des fantassins correspond à l’évolution globale du format de nos Armées pour les années à venir et par conséquent, cela affectera les volumes de production de lunettes de tirs.

Comme vous le signalez, le ministère de la Défense a veillé à ce que l’activité du site soit soutenue par des commandes de jumelles infra-rouges. Ainsi, en 2013, 22 M€ de commandes ont été notifiés par la Direction générale de l’armement, incluant la commande anticipée d’une tranche de 210 jumelles pour 12 M€, initialement prévue en 2014. Nous évaluons à l’heure actuelle les commandes de jumelles infrarouges envisageables pour 2014.

J’ajoute que si le niveau de commande finale pour la France est contraint, le site de Saint-Benoît dispose de réelles opportunités sur des marchés à l’export, du fait de la qualité de ses produits et des compétences de ses employés. Nous sommes convaincus que ces prospects se transformeront en commande ferme à brève échéance. Vous pouvez compter sur notre soutien résolu pour faire aboutir ces différents prospects.

D’une manière générale, le ministère de la Défense est particulièrement attentif à soutenir et développer la filière optronique au plan national, à la fois dans la recherche de sa rationalisation industrielle (la mise en place de la société par exemple commune entre Thales et Sagem, « Optrolead », mérite d’être signalée) et dans le soutien de la politique d’innovation. A ce titre, le lancement du programme d’études-amont « Boom » préfigurant la future génération des boules optroniques aéroportées, est également porteur d’avenir.

 

La question et la réponse en vidéo :

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