L’Assemblée rend hommage aux 33 premières députées

A l’occasion de l’anniversaire de l’élection des 33 premières femmes députées, l’Assemblée Nationale leur rendait hommage hier, 21 octobre, 70 ans après. Parmi les pionnières de 1945, figuraient de grands noms, comme Marie-Claude Vaillant-Couturier, Madeleine Léo-Lagrange ou Hélène Solomon-Langevin. Sandrine Mazetier, vice-présidente de l’Assemblée, inaugurait une exposition en leur honneur salle des Quatre colonnes. Un jour évidemment important pour la Délégation aux droits des femmes et sa présidente Catherine Coutelle à l’initiative de l’organisation d’une photographie dans l’hémicycle des femmes aujourd’hui députées (151 sur 577). Pour cette journée, la députée était aussi l’invitée de Danielle Sportiello sur France 3, juste avant de poser une question au Gouvernement pour rappeler l’exigence d’aller plus loin sur la parité en politique alors que l’Assemblée est encore composée à 73% d’hommes.

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Voir la question au gouvernement

Voir ou revoir l’interview de Catherine Coutelle sur France 3

Texte de l’intervention / Catherine Coutelle – Mardi 22 octobre 2015

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Premier Ministre,

L’accès des femmes à la citoyenneté pleine et entière est un combat difficile, particulièrement en France.

Ce n’est que le 21 avril 1944 qu’une ordonnance du Général de Gaulle, sur un amendement du communiste Grenier, reconnait enfin le droit de vote aux femmes et le droit d’être élues.

Ce n’est pas le Parlement qui a ouvert ce droit.

Car par six fois entre les deux guerres, le Sénat avait refusé les projets de loi en ce sens.

J’aimerais vous citer plusieurs morceaux d’anthologie,

Je ne citerais qu’un sénateur :

Armand Calmel, qui affirmait en 1932, refusant ce texte « Donner le droit de vote aux femmes, c’est l’aventure, le saut dans l’inconnu, et nous avons le devoir de ne pas nous précipiter dans cette aventure. Toutes les fois que la République a été en péril, c’est le Sénat qui l’a sauvée. »

Le 21 octobre 1945, 33 femmes entrent dans cette assemblée.

Des noms connus, d’autres oubliés, des militantes, des résistantes.

Toutes des combattantes. Nous venons de leur rendre hommage ce matin.

Depuis 1945, la parité a progressé.

Mais il a fallu en passer par la loi et la contrainte, c’est-à-dire la sanction.

Certes, notre assemblée n’a jamais été aussi féminisée.

Mais sur ces bancs, mes chers collègues, nous ne sommes que 151 femmes, dit autrement vous êtes 73% d’hommes.

Notre majorité peut s’enorgueillir : elle en compte 118.

Disons-le : la parité en politique doit beaucoup à la gauche, pas seulement, mais beaucoup.

C’est en juillet 1999, que Lionel Jospin, Premier Ministre, fait entrer la parité dans la constitution.

C’est encore loi du 4 août 2014 qui a renforcé les outils de sanction contre les partis ne respectant pas la parité.

Il nous faut permettre que – sur tous les bancs – la parité soit de mise, que la loi soit appliquée.

Il n’est pas trop tard : en 2017, nous pouvons donner une avancée décisive à la parité en politique, et à l’égalité femmes hommes.

Si la parité est en place dans les textes, elle doit l’être dans la réalité.

Comment, Monsieur le Premier ministre, pensez-vous imposer lors du renouvellement de cette assemblée la parité en 2017?

Nous savons pouvoir compter sur vous.

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