Journée mondiale contre la tuberculose – Tribune

A lire dans Libération aujourd’hui !

 

 

  Catherine COUTELLE, Députée de la Vienne
Patrice BESSAC, Conseiller Régional Ile de France
Jacqueline FRAYSSE, Députée des Hauts de Seine
Christiane TAUBIRA, Députée de Guyane
Michel TERROT, Député du Rhône

Nous, députés, élus municipaux et régionaux, souhaitons exprimer notre indignation face aux millions de décès dus à la tuberculose à l’occasion de la journée mondial de lutte contre la tuberculose et vous rappeler que ces décès sont parfaitement évitables aujourd’hui.

De retour d’une visite d’étude sur la tuberculose et la co-infection tuberculose/VIH au Burkina Faso, nous avons pu constater que la tuberculose demeure un grave problème de santé publique, et cela d’autant plus qu’elle est la première cause de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH/Sida.

Nous avons pu observer l’importance capitale de la coordination entre la société civile, le gouvernement et les institutions internationales. De manière particulière la lutte contre la co- infection TB/VIH nécessite une implication de la société civile à tous les niveaux : nationale, régionale et locale. Nous avons pu observer l’impact fort du mécanisme de financement du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme. Cet outil innovateur permet de trouver des réponses aux trois pandémies tout en renforçant les acteurs locaux de la société civile. Enfin, nous avons été positivement impressionnés par le professionnalisme, la rigueur et l’engagement des acteurs de terrain de la société civile et nous avons été témoins d’une utilisation intelligente des fonds alloués à la lutte contre la tuberculose et le VIH.

Au niveau mondial, on estime à 9,27 millions le nombre de nouveaux cas de tuberculose en 2007, ce qui représente une augmentation de 10,5% des cas par rapport à 2000, cette même année 189 Etats membres des Nations Unies se sont engagés à travers les objectifs du Millénaire à maîtriser cette maladie et inverser la tendance actuelle d’ici 2015..

Or nous sommes encore loin de l’objectif fixé ; l’année dernière 1,7 millions de personnes sont mortes de la tuberculose, une maladie qui est guérissable depuis plus de cinquante ans.

Près de 80% des personnes co-infectés par la tuberculose et le VIH vivent en Afrique et le nombre estimatif des cas de tuberculose VIH positif et des décès liés à cette maladie en 2007, a doublé en comparaison aux années précédentes.

De plus, le manque de nouveaux outils de traitement et de diagnostic (les antibiotiques utilisés aujourd’hui ont plus de cinquante ans d’existence) favorise l’émergence de souches résistante (tuberculose multi-résistante) plus lourdes à traiter. Sur les 9 millions de personnes qui développent une tuberculose plus de la moitié sont des cas de tuberculose résistante. Il est particulièrement inquiétant de voir émerger des cas de tuberculoses ultra-résistantes qui ont en taux de mortalité de 85% les rendant incurables dans la plupart des cas.

Avec 6,8 milliards de dollars déboursés et 2,5 millions de vies sauvées depuis sa création le Fonds mondial est aujourd’hui le mécanisme de financement de la lutte contre les trois grandes maladies le plus efficace, transparent et participatif.

Cependant ce mécanisme de financement nécessite aujourd’hui 5 milliards de dollars de plus pour mettre en place, d’ici 2010 les programmes de haute qualité présentés par les pays.

Si le Fonds mondial est un outil indispensable (80% des programmes de prise en charge de la tuberculose au Burkina Faso sont mis en place grâce au Fonds), l’aide bilatérale demeure nécessaire pour faciliter les actions de terrain et pallier les délais de déboursements du Fonds.

A l’occasion de la «Journée mondiale de lutte contre la tuberculose», et en vue des prochains rendez vous de la communauté internationale comme la Conférence de reconstitution du Fonds mondial en Espagne début avril, le G20 de Londres le 12 avril prochain ou le G8 en Italie cet été , nous demandons au gouvernement français d’adopter les mesures suivantes :

– Que la France augmente sa contribution au Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme pour sauver 3 millions de malades qui attendent un traitement.

– Que l’aide bilatérale à la santé soit augmentée afin de répondre aux besoins spécifiques de certains contextes (tels les états fragiles) et populations. Cette aide doit permettre, entre autres, aux pays Francophones de pouvoir accéder plus facilement aux ressources mises à la disposition par les Organisations Internationales. Nous rappelons que cette demande s’inscrit dans le cadre de l’engagement Français d’atteindre 0,7% de son Revenu National Brut pour l’aide publique au développement d’ici 2015.

Aujourd’hui, il n’est plus acceptable que la tuberculose soit si meurtrière alors que nous avons entre nos mains tous les outils pour la combattre et la France doit pleinement contribuer à réparer cette injustice sanitaire.

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