Institutions : la réforme impossible

Simplifier le mille-feuilles administratif, rapprocher le citoyen des décisions, clarifier les compétences des collectivités. Les ambitions de la Commission Balladur étaient grandes et l’on pouvait espérer aboutir à la 3e phase de la décentralisation. C’est d’ailleurs à ce titre que Pierre Mauroy, auteur avec Gaston Deferre de la régionalisation en 1982, avait accepté de participer aux travaux.

Ce qui est en jeu, c’est la gestion des territoires et surtout l’équilibre des moyens dégagés par les collectivités en fonction des compétences. L’économie, la répartition de la population, les échanges physiques et virtuels ont bouleversé les frontières.

Mais si le débat s’est focalisé sur la « disparition » de la Picardie ou de Poitou-Charentes, c’est que l’enjeu est tout autre. Il y a là une manoeuvre du gouvernement à un an des élections régionales pour reconquérir les régions majoritairement administrées par les socialistes. Cette arrière-pensée politique rend cette réforme « impossible ».

Si la cellule de base de la démocratie locale reste la commune, elle ne peut rester dans un système de gestion et de représentation qui fait de la France l’exception de l’Europe (Elle compte à elle seule la moitié des communes de l’Union). De même, pour les cantons, il faut continuer à gérer les espaces les moins urbanisés mais en tenant compte du déséquilibre démographique et de la sous-représentation des urbains.

La question de la taille des régions n’est pas si fondamentale. La coopération inter-régionale, les projets bi ou multilatéraux sont de bien meilleures solutions.
En Allemagne, les « länder » sont de taille et de richesse très variables. L’Union Européenne a su mener ce projet inter-régional, riche d’expériences et notre région de l’Arc-Atlantique y a tenu sa place.

Aujourd’hui, il est certain que dans le contexte de crise économique et sociale, l’opinion est moins concernée par la Réforme Territoriale. C’est pourtant à ce niveau que se déterminera la qualité de vie et de responsabilité des citoyens dans vingt ans… au-delà des opportunités et sous-entendus politiques des réactions d’aujourd’hui.

Pour réformer les institutions, il est indispensable de partager un diagnostic et discuter des objectifs. Il faut pour cela ouverture, concertation et courage. Le pays avait besoin de cette réforme. Elle ne saurait être confisquée et instrumentalisée.

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