« Femmes et numérique » : déplacement à Simplon et à 42

Après de nombreuses auditions sur la thématique « Femmes et numérique », Catherine Coutelle achevait ses travaux de rapporteure pour avis de la Délégation aux droits des femmes sur le Projet de loi pour une République Numérique par des déplacements de terrain dans les écoles Simplon (Montreuil, 93) et 42 (Paris), toutes deux pionnières dans le domaine de l’apprentissage et la pédagogie des métiers du code. Objectif : d’abord la découverte de deux écoles à la pédagogie révolutionnaire, sans aucune discrimination, destinées particulièrement  aux jeunes des quartiers et en décrochage scolaire. Mais aussi évaluer des expériences par rapport à la féminisation par des échanges directs avec les encadrants et les élèves, appréhender les enjeux pédagogiques, identifier les freins et les solutions à la sous-représentation des femmes dans les formations et les métiers du numérique depuis les années 1980.

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L’école Simplon a fait de l’égalité une priorité. Le cofondateur Erwann Kezzar et la cheffe de projet Anne-Charlotte Oriol ont mardi fait état  à la présidente de la Délégation aux droits des femmes de chiffres bien au-delà des taux de féminisation des formations dans ce domaine  : déjà 30% de femmes dans les apprenant-e-s et même 50% dans une des dernières promotions. Avec à l’appui : formation à l’égalité, féminisation du langage, recrutement axé vers des publics dits prioritaires (non diplômés, quartiers populaires mais aussi des femmes). Un modèle qui déconstruit les stéréotypes et encourage la nouvelle génération à s’investir massivement dans ce secteur.

A L’Ecole 42, Catherine Coutelle a été accueillie hier par Xavier Niel. L’homme d’affaires bien connu, y finance intégralement trois années de formations gratuites pour des étudiant-e-s qui, pour beaucoup, n’avaient pas trouvé leur place ou la réussite dans le système scolaire, mais trouvent manifestement l’une et l’autre une fois la sélection à l’entrée passée. Là le recrutement est basé sur des tests d’aptitude puis une immersion dans l’école (le mois dit de « piscine ») et les candidatures ne font pas l’objet d’une incitation : le recrutement est le reflet de la demande et des aptitudes décelées, et le taux de féminisation des effectifs s’établit en moyenne à 10%, de manière à peu près constante de promotion en promotion.

Deux écoles, deux modèles différents en matière de féminisation, mais dont les expériences permettent de bien mesurer les opportunités dont ne se saisissent pas les filles dans des secteurs où le travail n’est pas rare et où, même, à la sortie de ces écoles, un emploi bien rémunéré est assuré. Catherine Coutelle présentera mardi prochain à la DDF les recommandations qu’elle propose pour notamment soutenir la féminisation de ces formations.

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