Face à l’abject, soyons forts avec nos institutions et nos valeurs, pas hors de nos valeurs

COMMUNIQUE
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Catherine Coutelle
Députée de la Vienne,
Présidente de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale

 

Face à l’abject, soyons forts avec nos institutions et nos valeurs, pas hors de nos valeurs

Plus d’une fois lors du précédent quinquennat, j’ai dénoncé, avec l’opposition parlementaire d’alors, la manie de légiférer sous la pression des événements et dans l’urgence. Comment aujourd’hui pourrais-je alors trouver opportun de modifier si rapidement la Constitution, même au regard de  la gravité des circonstances ?

Les attentats de janvier et de novembre sont des abominations qui exigent une riposte sans faille. Mais des ripostes tout aussi fermes et moins risquées que de toucher à la Constitution même du pays sont possibles. En mon âme et conscience, je ne voterai pas la réforme constitutionnelle.

Après les horreurs du 13 novembre, l’état d’urgence pour 3 mois sous contrôle du Parlement pouvait s’entendre et je l’ai voté. Mais l’inscrire dans le marbre constitutionnel, même si cela constitue un encadrement institutionnel, ne me semble pas indispensable et même risqué : mises dans les mains d’autres dirigeant-e-s, nous pourrions le regretter, d’autant que sur le long terme d’autres solutions législatives et judiciaires existent.

L’autre mesure emblématique, la déchéance de nationalité pour les binationaux reconnus coupables d’actes terroristes, si elle peut passer pour un acte politique, citoyen, symbolique, fort, crée un climat de peur chez les quelque millions de nos concitoyens binationaux. Faut-il en arriver là alors que cette mesure, qui ne pourrait concerner que quelques poignées d’individus qui s’en moquent éperdument, aura une portée symbolique plus forte en annonce qu’en effets ?

Face à l’abject, soyons forts avec nos institutions et avec nos valeurs, pas hors de nos valeurs.

5 commentaires

  1. Madame la deputée ,

    Militant de base PS agé de 72 ans ( bien loin de moi les Le Pen et consorts de Droite) n’oublions pas le congrès de Versailles du 16 novembre 2015 où Deputés et Senateurs de Gauche comme de Droite se sont levés en un seul bloc une fois le discours de Mr Le President de la Republique achevé Il etait 16h50
    Ne serait pas plus sage et efficace pour notre Parti de s’en remettre à la decision du Peuple ?
    Veuillez agreer Madame la Deputée mes salutations respectueuses et distinguées
    M/ GALLAIS

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  2. Merci Catherine de ne pas te laisser entrainer dans cette fuite en avant du tout sécuritaire niant les valeurs de notre République.
    Je te (nous) souhaite une année plus sereine pour 2016.

    Marc A

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  3. J’ai fort du mal à comprendre en quoi retirerla nationalité française à des doubles nationaux qui détestent notre cher pays au point de tuer nos proches, serait un scandale. Pardon, une faute morale!!! Cette manière de se drapper dans une indignation morale me paraît de ce fait totalement excessive, voire déplacée. Souci de distinction qui cache mal le vide de pensée pour notre pays sur le plan social et économique de nombre de nos camarades. Quand les idées manquent, l’indignation morale surfaite reste la dernière arme pour se distinguer et masquer l’indigence.

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