Être femme à l’Assemblée Nationale

Actuellement, l’Assemblée nationale ne compte que 71 femmes pour 577 députés, soit 12,3%, ce qui place la France à l’avant-dernier rang des pays de l’Union Européenne. Belle performance ! Les marges de progrès sont considérables.

En juin 2000, Lionel Jospin est à l’initiative d’une loi (malgré la majorité sénatoriale) qui prévoit ‘l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux’. Cette loi fait désormais obligation de présenter des listes “paritaires” pour les scrutins de listes. Dès 2001, le nombre de femmes élues progressa dans les conseils municipaux, régionaux en 2004 (cependant beaucoup moins dans les responsabilité des instances exécutives) et au parlement européen en 2004.
Aux élections législatives de 2002, la progression a été quasi nulle puisque le nombre de députées ne passa que de 63 à 71. L’UMP, majoritaire dans cette assemblée, a fortement accentué ce déséquilibre.
Aussi, pour les prochaines élections de juin 2007, le PS a décidé de présenter (presque) autant de femmes que d’hommes : 48% avec l’ambition d’avoir 85 députées élues (quand l’UMP ne présente que 30% de femmes).

Mais pourquoi en ce début de XIXe siècle, la parité politique reste-t-elle encore un combat pour que les femmes siègent à l’Assemblée Nationale ?
Dans un livre passionnant intitulé “Les femmes et les silences de l’histoire”, Michelle Perrot soulignait “l’espace public et la parole sont aux hommes, la maison et le silence aux femmes”. Est-ce cette raison historique, culturelle, qui rend si difficile l’entrée des femmes à l’Assemblée Nationale ?
La république est universelle et un(e) député(e) représente l’ensemble de la nation.
Une présence paritaire H/F est (de mon point de vue) la condition d’une société équilibrée, apaisée dans laquelle chaque citoyen trouve sa place en se sentant représenté. La parité n’est pas une revendication au nom de la différence de sexe mais une revendication pour que l’inégalité de traitement entre les hommes et les femmes ne soit plus acceptée ni dans la famille, ni dans le monde du travail, ni dans la vie publique.
Dominique Méda, philosophe, vient de relancer le débat. Elle constate que depuis les années 90, avec la crise, la situation des femmes ne s’améliore plus “la dynamique égalitaire est en panne”.

Des femmes en plus grand nombre à l’Assemblée mettront cette question fondamentale au cœur du débat public non parce qu’elles sont “génétiquement” différentes mais parce qu’elles vivent des situations différentes. Cette différence est “universelle”, les sociétés sont partagées à égalité entre les hommes et les femmes quels que soient le pays, la civilisation.
La campagne doit être l’occasion d’ouvrir un débat sur la place des femmes dans la société française. L’Europe invite fortement la France à rattraper son retard.

Ce combat pour l’égalité et la justice à l’égard des femmes est l’un des moteurs de mon action politique et l’une des raisons majeures de mon engagement pour la bataille des législatives que je mènerai au nom du parti, dans la 2ème circonscription de la Vienne.

2 commentaires

  1. L’arrogance du monde politique au masculin.

    Les commentaires sur Ségolène Royal dans les médias sont généralement mordants. C’est pure logique que cette candidature perturbe les schémas de la politique traditionnelle en France. En effet, dans notre pays, le monde politique se conjugue au masculin. On voit se dessiner dans cette campagne des mécanismes discriminatoires qui traduisent ces rapports de pouvoir inégaux.

    Pour la première fois, 4 femmes aux parcours politiques de premier plan (député, sénatrice, présidente de conseil régional, ancien ministre) sont candidates à la Présidentielle. Or, jusqu’à maintenant, aucun article de fond n’a encore été consacré à ce sujet par les journalistes politiques ! Ségolène Royal est la plus exposée d’entre elles aux sarcasmes des médias. L’ironie avec laquelle le journal "Le Monde" décrit son positionnement politique de candidate-maman sans complexe est révélatrice. Plutôt que de se demander pourquoi les hommes politiques n’expriment pas leurs sentiments face aux problèmes auxquels les gens sont confrontés, mieux vaut s’interroger sur ce qui fait la différence.

    Lorsqu’une femme brigue des responsabilités considérées comme relevant du domaine masculin, on exige d’elle qu’elle accentue le plus possible les caractéristiques et les symboles propres à son sexe. On s’attend à ce qu’elle ne possède pas les qualités requises pour gouverner un pays, agir publiquement sur des sujets concernant l’économie ou l’international, par exemple, ou encore à ce qu’elle continue d’agir d’abord comme une mère et qu’elle s’intéresse en priorité aux sujets de société. Derrière ces présupposés, se cache une misogynie inavouable selon laquelle les femmes n’arriveraient pas à manier les codes linguistiques, les concepts, avec la même rationalité de pensée que les hommes dans un débat politique !

    Pourtant, la vie démocratique ne serait qu’une coquille vide si elle ne répondait pas aux attentes et aux besoins des citoyens, si elle ne préparait pas les personnels de l’administration publique, par exemple, à la compréhension des malades, des handicapés ou à la lutte pour l’inclusion sociale. C’est pourquoi, la notion de genre doit rejaillir dans les débats de cette campagne, notamment en matière de droit civil et politique.

    Réaffirmer l’égalité homme/femme dans les compétences doit reposer sur la conscience d’appartenir à un espace humain commun qui n’appartient pas qu’aux hommes.

    Le développement économique ne peut se consolider sans le développement humain. Pour vous il s’agit de compassion… pour moi il s’agit d’une autre approche de la politique. Ségolène a crée des ponts entre la démocratie représentative et la démocratie participative. Il s’agit de réconcilier les citoyens et citoyennes avec une classe politique devenue trop professionnelle, trop élitiste, trop éloignée du monde réel.

    La démarche de Ségolène redonne du sens à la politique en formulant des repères pour bâtir un mode de gouvernement plus démocratique, avec la participation des acteurs représentatifs de la société civile française. L’élargissement des champs de la concertation entre les différents acteurs du développement ne doit pas se limiter à la simple consultation des citoyens, mais se construire à partir de leur participation dans la formulation des projets et l’élaboration des prises de décisions. Apprendre à se concerter dans l’exercice du pouvoir est nécessaire quand la démocratie représentative semble être en panne.

    Je pense que Ségolène Royal est la seule candidate capable de garantir l’autonomie du système politique en redonnant une substance à la devise de notre République « Liberté, Egalité, Fraternité » avec des principes politiques, sociaux et moraux. Il est urgent de recomposer l’équilibre entre l’Etat, la société politique et la société civile. Il faut mettre un terme à la conception féodale du pouvoir dont M. Sarkozy est le principal héritier, notamment quand il apporte son soutien au cumul de mandats.

    * Marilza de Melo Foucher est de double nationalité brésilienne et française, docteur en économie et consultante international pour le développement intégré et durable.

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