Encore !

Une nouvelle fois, ce matin, dans le cadre des « Questions Orales Sans Débat » à l’Assemblée Nationale, Catherine Coutelle s’adressait à Dominique Bussereau, Secrétaire d’Etat aux Transports au sujet de l’axe routier Nantes-Poitiers-Limoges et notamment la mise à deux fois deux voies des routes nationales 147 et 149.

Lire ci-dessous la question et la réponse


Mme Catherine Coutelle – Ma question s’adresse à Monsieur le Secrétaire d’Etat en charge des Transports.

Monsieur le Secrétaire d’Etat,

Ma question est collective. Je vous la pose aussi au nom de mes collègues députés Jean Grelier, Alain Claeys, Jean-Michel Clément et Claude Bertaud, Président du Conseil Général.

Ma question ne vous surprendra pas.

Une fois encore, je reviens sur le problème de l’axe Nantes-Poitiers-Limoges par les RN 149 / 147.

Une fois encore, j’y reviens … Malgré toutes les questions posées depuis 2008 : ni les élus, ni les acteurs économiques, ni les usagers quotidiens de ces itinéraires n’ont le sentiment d’être entendus.

J’y reviens et je vous rappelle l’argumentation en faveur de cet axe, sujet que vous connaissez bien :

– l’argument de la densité de la circulation : le flux routier, en particulier celui des camions, est en forte augmentation et cet axe est le plus dangereux du département. Les 4 radars mis en service n’ont pas ralenti le nombre d’accidents mortels.

– l’argument de l’aménagement du territoire : cet axe reconnu d’intérêt européen (E62), c’est la branche Nord de la route centre Europe atlantique qui relie 3 capitales régionales. Le rapport BALLADUR a de nouveau souligné l’importance de cette liaison en particulier entre la Vienne et le Limousin!

J’y reviens, Monsieur le Secrétaire d’Etat, au moment où vous allez annoncer les plans de modernisation des itinéraires (PDMI) avec les engagements financiers pour les prochaines années.

Dans les priorités du gouvernement, cette « urgence » pour notre territoire devrait trouver sa place puisque :

– il s’agit d’une modernisation de routes existantes comme le recommandent les orientations du Grenelle de l’environnement.

– il s’agit d’investissements en travaux d’infrastructures qui peuvent être mis en chantier rapidement pour les tracés connus et inscrits dans les documents des communes entre Chalandray et Poitiers.

Des crédits pour les études doivent être rapidement finalisés entre Poitiers et Limoges.
L’exemple du contournement de Fleuré (7 KM) commencé en 2006, et loin d’être achevé en 2009, donne une image désastreuse de l’usage des deniers publics et fait douter de la capacité de l’Etat à conduire rapidement ces grands chantiers.

A Poitiers, fin 2008, vous vous êtes engagé personnellement à réserver des crédits importants pour la Vienne et la Charente. Au-delà de ces propos bienveillants, je vous renouvelle mes questions :

– l’axe Nantes Poitiers Limoges est-il une priorité d’aménagement du territoire pour l’Etat?

– cette priorité sera-t-elle traduite concrètement dans le PDMI avec un financement suffisant pour que les habitants puissent constater des améliorations significatives?

– dans le cadre des clarifications de compétence, l’amélioration de ces routes nationales par des financements d’état importants ( peut-être à l’occasion d’un second plan de relance puisque nous avons été les oubliés du premier!!) est-elle envisageable?

Vous avez écrit à Claude Bertaud que « ces travaux seront appréciés au regard des contraintes budgétaires ». Tout élu comprend ces contraintes mais sait aussi que ces contraintes demandent d’opérer des choix et des priorités. Telle est ma demande. Que cet itinéraire soit une priorité.

Enfin, Monsieur le Secrétaire d’Etat, pourriez-vous nous assurer d’un calendrier fiable auquel nos concitoyens pourraient croire afin que cet axe ne devienne pas l’Arlésienne de la Vienne !?

Je vous remercie.

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État chargé des transports. « L’Arlésienne de la Vienne » est une fort jolie formule, madame Coutelle.

M. Mallot sait que nous nous efforçons de trouver des solutions d’ensemble pour la Route-Centre-Europe-Atlantique, la RCEA, itinéraire qui part de l’Atlantique pour se poursuivre au-delà de la Saône-et-Loire. J’ai proposé cette semaine même, et je vais en parler avec M. Mallot, un certain nombre de solutions.

À propos de la région Poitou-Charentes, nous avons conscience de l’importance de cet axe et des lieux présentant des difficultés, où il nous faut intervenir, comme Fleuré ou Lhommaizé. J’ai pris des engagements à cet égard. Ensuite, toujours en Poitou-Charentes, je ne voudrais pas déshabiller Coutelle pour habiller Reynaud,…

Mme Catherine Coutelle. Oh non, monsieur le secrétaire d’État !

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État. …mais si, pour le moment, le PDMI n’est pas encore mis au point, c’est que notre priorité est la route nationale 10 où il reste une partie à deux voies au nord de Chevanceaux. Nous avons également à traiter deux énormes dossiers très coûteux mais indispensables pour la sécurité que sont la déviation de Chabanais et celle de La Rochefoucauld. J’en fais une priorité régionale.

Il faut penser aussi aux autres départements, à la Vienne en particulier. Aussi examinons-nous, madame Coutelle, toutes les solutions possibles en tenant compte des priorités que je viens de rappeler. Le Gouvernement continue de réfléchir à l’aménagement de l’axe routier Nantes-Poitiers-Limoges et en particulier à l’aménagement des lieux les plus dangereux, j’ai cité Fleuré et Lhommaizé. Je sais que cet axe est mortifère. Nous y consacrerons le maximum de crédits disponibles.

J’ajoute que, bien évidemment, si les collectivités locales viennent nous aider, je pense à la région – dont je sais qu’elle a par ailleurs d’autres engagements, qui sont importants – et au département de la Vienne, nous pourrons encore aller plus loin dans les engagements que prendra le Gouvernement, et que je vous annoncerai dans quelques semaines.

M. le président. La parole est à Mme Catherine Coutelle.

Mme Catherine Coutelle. Monsieur le secrétaire d’État, je ne vous trouve pas très encourageant. D’abord, on pouvait penser qu’avec le rapport Balladur il y aurait des compétences claires. Toutes les routes autres que les routes nationales ont été confiées aux départements. Par conséquent, que l’État fixe ses priorités.

Ensuite, sur la RN 10, je vous demande, dans la Vienne, au moins un carrefour, Marcay-Iteuil, que vous connaissez, puisqu’il y a bien sûr des urgences en Charente, et je ne tiens pas à me mettre en opposition avec ma collègue Marie-Line Reynaud.

Mais vous ne parlez absolument pas de l’axe reliant les Deux-Sèvres à Poitiers. Il y a une liaison entre Chalandray et Poitiers sur laquelle les études sont faites, dans le cadre des plans d’urbanisme des communes. Les travaux peuvent débuter. Adressons un signe fort pour cette route qui avance de sept kilomètres tous les trois ans. À ce rythme, on en a pour 250 ans !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *