Éducation des filles et mariages précoces

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A l’occasion de la deuxième « Journée internationale des filles » et de la remise du rapport « Éducation des filles et mariages précoces », l’ONG Plan France organisait hier à l’Assemblée Nationale une conférence-débat qui s’inscrit dans le cadre de la campagne internationale initiée le 11 octobre 2012, et dont l’ambition est de donner accès à la scolarisation d’ici à 2016 à 4 millions de filles dans le monde.

Les chiffres sont alarmants : selon le Fonds des Nations Unies pour la Population, plus de 140 millions de filles, dont 50 millions de moins de 15 ans, seront mariées entre 2011 et 2020. Or, 75 millions de filles en âge d’être scolarisées n’ont pas accès à l’éducation et 96 millions de jeunes femmes (contre 57 millions de jeunes hommes) âgées de 15 à 24 ans ne savent ni lire ni écrire.

Éducation des filles : levier de développement

A l’occasion de cette conférence, Catherine Coutelle a reçu le rapport de Plan France, et a rappelé son attachement à faire de la formation et de l’éducation des jeunes filles, une clé essentiel du développement. Investir dans l’éducation des jeunes filles contribue à libérer leur potentiel, et donc collectivement celui des sociétés dans lesquelles elles vivent. Investir dans l’éducation des jeunes filles permet d’améliorer la santé et le niveau de vie de la prochaine génération. Nous savons par exemple qu’une année de plus d’école primaire augmente les futurs revenus de 10 à 20%, et une année en plus d’école secondaire de 15 à 25%.

La conférence a également été l’occasion de saluer l’action d’Hélène Conway-Mouret, Ministre déléguée chargée des Français de l’étranger qui a mobilisé l’ensemble du réseau diplomatique français en menant une enquête auprès des consulats pour dresser un état des lieux des cas de mariages forcés rencontrés à l’étranger.

La période qui s’ouvre est déterminante. Elle sera marquée par les 20 ans de la conférence internationale sur la « population et le développement » en 2014 qui doit permettre une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des jeunes filles dans les aides au développement. L’Assemblée Nationale étudiera également la « Loi d’orientation et de programmation sur la politique de développement ».

Malala, Prix Nobel de la paix ?

La journée internationale des filles pourrait prendre cette année un sens particulier. En effet, la favorite du Prix Nobel de la Paix, qui sera décerné demain 11 octobre, n’est autre que Malala Yousafzai, jeune pakistanaise devenue une icône du combat pour la liberté d’accès des filles aux études. En juillet dernier, à la tribune des Nations Unies, elle affirmait : « Les extrémistes ont peur des livres et des stylos. Le pouvoir de l’éducation les effraie », clame-t-elle. « Un enfant, un enseignant, un livre et un stylo peuvent changer le monde ». Malala recevait dès ce matin du Parlement Européen le Prix Sakharov de la liberté de penser.

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