Éducation à la sexualité : le Haut Conseil à l’Égalité devant les député.e.s

Hier, la Délégation aux droits des femmes auditionnait, conjointement avec la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, Danielle Bousquet, présidente du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), et Margaux Collet, corapporteure, sur le rapport du HCEfh sur « L’éducation à la sexualité: répondre aux attentes des jeunes, construire une société d’égalité femmes/hommes » présenté le 15 juin dernier. Retour sur les principaux enseignements.

Malgré une obligation légale qui a 15 ans et impose depuis 2001 en France qu’une éducation à la sexualité soit dispensée dans les écoles, collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles, celle-ci reste encore « parcellaire, inégale, et trop restrictive ». Tel est le constat posé par le Haut Conseil. Parcellaire car elle ne concerne qu’une minorité des 12 millions de jeunes scolarisé.e.s tous les ans. Inégale entre les territoires puisqu’elle repose encore souvent sur les bonnes volontés individuelles et sur l’engagement ponctuel de certain.e.s professeur.e.s. Trop restrictive car concentrée sur les élèves de CM2, de 4ème et de Seconde à l’occasion de l’étude de la reproduction et des risques sanitaires, elle oublie de répondre aux interrogations des élèves et de développer le volet pourtant indispensable de l’égalité entre les filles et les garçons.

Blocages persistants

Pourquoi autant de retard ? Pour l’expliquer, le Haut Conseil à l’Égalité formule différents facteurs de blocage : un manque de pilotage national tout d’abord, qui n’est pas pensé comme une politique publique à part entière; une formation initiale et continue des enseignant.e.s encore timide en la matière, des financements trop faibles avec des contributions peu identifiées (ARS, départements) et l’absence de budgets propres pour les chef.fe.s d’établissements souhaitant faire appel à des intervenant.e.s extérieur.e.s. Et surtout la difficulté de notre société à reconnaitre la sexualité des jeunes et à dire que l’ensemble des acteurs éducatifs, parent.e.s, enseignant.e.s etc doivent apporter des réponses. Faute de quoi les jeunes se tournent alors vers les médias et Internet dans lequel « on trouve le meilleur comme le pire » soulignait Danielle Bousquet en pointant le développement des cyberviolences et violences sexuelles diffusées sur les réseaux sociaux.

30 recommandations

Parmi les principales propositions formulées par le HCEfh, et qui s’inscrivent dans les 4 priorités du rapport (mieux connaitre la sexualité des jeunes ; renforcer la politique interministérielle; renforcer le financement et la visibilité de l’action de l’Éducation nationale ; responsabiliser les autres espaces clés de socialisation des jeunes) : le lancement d’une enquête nationale sur les comportements des jeunes en matière de sexualité, le lancement d’une mission interministérielle, la désignation dans chaque académie d’un.e délégué.e chargé.e de l’éducation à la sexualité, le recensement sur le même site Internet de l’ensemble des informations concernant les lieux ressources d’éducation à la sexualité, etc.

Lire le rapport en suivant ce lien

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