Eau – Question orale sans débat

Voici ci-dessous la vidéo et le texte de ma question aujourd’hui à la Ministre de l’Ecologie.

Merci M/Mme le/la président(e).

Madame la Ministre,

La France traverse une sécheresse sans précédent. Le Poitou-Charentes est particulièrement touché. Vous y avez accompagné le président de la République pour constater les dégâts de ce printemps sec, suivi maintenant d’un début d’été caniculaire.Des agriculteurs vivent une situation catastrophique, en particulier les éleveurs. Certains vendent leurs animaux, d’autres se débattent dans des difficultés matérielles et financières terribles. Heureusement, la solidarité du monde paysan joue

Les annonces du gouvernement parent au plus pressé. Les restrictions d’arrosage, l’interdiction du broyage des pailles, le blocage du prix des céréales sont prises au compte-goutte et tardivement.

La sécheresse, outre ses conséquences sur l’agriculture, affecte les zones humides fragiles, le fonctionnement des centrales nucléaires, l’approvisionnement en eau potable, les activités touristiques. Les pêcheurs nous alertent depuis des années sur l’état des rivières.

Ce qui arrive en 2011 pourra se reproduire dans les prochaines années.

Aussi, mon interrogation porte sur les années à venir :

Quelle sera notre gestion de l’eau ?

Comment en partager les usages ?

Comment la préserver (en quantité et en qualité) ?

Et donc quelle agriculture développer utilisatrice d’eau bien sûr mais soucieuse d’économie ?

Alors que l’agriculture représente la moitié de l’eau consommée, l’une des mesures annoncées est la création massive de retenues d’eau. Aujourd’hui, ces bassines (en zone plate, différentes des retenues collinaires) sont financées à 80% par de l’argent public. Elles ne se remplissent plus seulement par les excès d’eau d’hiver mais par prélèvements dans les nappes, aggravant les difficultés. Les agriculteurs savent d’ailleurs que seule une partie de la profession est concernée.

Dans ma circonscription, plusieurs réserves sont déjà hors d’usage parce que le sol n’était pas adapté et qu’elles se sont fissurées.

Or, après un pic de l’irrigation dans les années 2000 dans notre région, les surfaces de cultures irriguées diminuent. Ne faut-il pas encourager ce mouvement plutôt que de donner des signaux inverses ?

Il est plus que jamais nécessaire de se poser la question de l’adaptation des cultures au climat pour consommer moins d’eau car ce n’est pas le climat qui s’adaptera aux plantes !

N’a-t-on pas privilégié les recherches sur le maïs, cédant à certains lobbys au détriment d’expérimentations sur des plantes moins exigeantes en eau tel le sorgho ou d’autres semences ?

La recherche publique doit être intensifiée dans ces domaines.

Quelques milliers de bassines coûteuses ne résoudront rien.

Force économique, atout pour la France, l’agriculture devra évoluer dans ses pratiques. Sans remise en cause, nous irons vers des conflits d’usage de l’eau. Il est impératif que, dans chaque secteur, la consommation de l’eau soit modifiée.
C’est un bien vital. Il faut en garantir à tous l’accès et le partager avec justice dans l’intérêt général.


Catherine Coutelle – Eau / Sécheresse /… par ccoutelle

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