Des « droits de l’Homme » aux droits humains

Dans le cadre de la proposition de loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre, Catherine Coutelle a présenté un amendement visant à remplacer l’expression « droits de l’Homme », que devront désormais garantir les grandes entreprises, par l’expression « droits humains ». Plus inclusive, elle est utilisée tant par les instances de l’ONU (« human rights ») que par grande majorité des autres pays du monde y compris francophones, comme le Canada, la Suisse ou encore Haïti. Alors, pourquoi la France n’utilise-t-elle pas, elle aussi, cette expression ?

Certes, son attachement aux « droits de l’Homme » s’explique par le poids de son Histoire, à commencer bien sûr par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. Histoire qui a cependant exclu les femmes du droit de vote pendant 150 ans, comme le soulignait la députée dans l’hémicycle. Désormais acquise, l’inclusion du genre féminin par l’expression  « droits de l’Homme » est censée être marquée par le «H » majuscule, inaudible à l’oral et, en pratique, souvent évacuée comme un détail orthographique sans importance.

Rendre visible les femmes : un enjeu d’autant plus important dans le cadre d’une discussion sur la responsabilité des entreprises, notamment dans les secteurs les plus à risque comme le textile, qui emploie en grande majorité des femmes. Rejeté à une voix près, par les député-e-s, cet amendement aurait adressé un message aux grandes marques françaises, qui font fabriquer à bas coût en Inde, en Chine, au Bangladesh : « les droits des femmes, qui sont des droits humains, doivent être respectés », déclarait la députée. Avant de conclure : « L’histoire de la langue française nous montre que les mots sont marqués par les inégalités entre les femmes et les hommes : l’abandon de l’usage de cette expression serait une étape supplémentaire pour en finir avec la logique discriminatoire encore véhiculée par la langue française. »

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