Dans notre société comme dans la loi, aller plus loin dans la reconnaissance des violences faites aux femmes

COMMUNIQUE

Catherine Coutelle
Présidente de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale
Maud Olivier
Responsable des droits des femmes au groupe SRC

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Dans notre société comme dans la loi, aller plus loin dans la reconnaissance des violences faites aux femmes

1259 femmes ont été assassinées en France par leur compagnon ou ex-compagnon depuis 2006. En 2014, 1 meurtre sur 5 est imputable aux violences au sein du couple. Les violences faites aux femmes sont massives et plurielles (physiques, psychologiques, sexuelles, économiques, administratives, verbales). Elles font partie d’un tout, un continuum de violences, à la fois causes et conséquences des inégalités entre les femmes et les hommes. De l’insulte sexiste au meurtre d’une femme parce qu’elle est femme, on ne parle que d’une seule et même chose : du machisme. Machisme qui a encore tué, en France en 2014, tous les 2 jours et demi.

 

Après plus de 3 ans d’action, et à l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, nous voulons rappeler que la majorité a fait beaucoup pour faire progresser l’égalité femmes-hommes et diminuer les violences faites aux femmes. La loi du 4 août 2014 a renforcé de nombreux dispositifs de protection des femmes victimes de violences (ordonnance de protection, téléphone grand danger), elle a fait de l’éviction du conjoint violent du domicile la règle et a formalisé dans la loi les peines complémentaires des stages de responsabilisation des auteurs pour prévenir la récidive. Au-delà de la protection des victimes, cette loi et l’action globale du gouvernement ont fait progresser l’égalité (comme l’illustre par exemple le gain par notre pays de 30 places dans le classement du Forum économique mondial sur l’égalité entre les femmes et les hommes).

 

Les socialistes à l’Assemblée nationale travaillent à ce que notre pays dispose de la législation la plus progressiste pour la société et la plus protectrice pour les victimes. C’est ce qui guide également notre action, avec l’ensemble des groupes de notre Assemblée, à travers la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel.

 

Mais nous avons encore du chemin à faire pour faire reconnaître dans la société française que les violences conjugales ne sont pas des « drames familiaux », des « querelles amoureuses » ou des faits divers. Il faut les reconnaître pour ce qu’elles sont : des violences sexistes, des meurtres de femmes parce qu’elles sont femmes, des féminicides. Et pourquoi pas, comme dans de nombreux pays, faire du caractère machiste d’une violence une circonstance aggravante, comme cela existe pour le racisme ou l’antisémitisme. Car c’est en les nommant clairement, y compris dans la loi, que nous reconnaîtrons véritablement les violences faites aux femmes.

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