La loi n’a pas à dire l’Histoire

Catherine Coutelle, députée, réagit vivement à la proposition de loi, à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale le 22 décembre visant à pénaliser la négation de génocides reconnus par la loi.

 » Ce texte est dangereux et inutile. Sa place dans l’agenda en fait un « objet électoral ».

En réalité, c’est du génocide arménien dont il est question. Il ne s’agit pas de nier les événements d’avril 1915, le massacre de plus d’un million d’Arméniens par les Turcs. Mais ce n’est pas aux politiques de dire l’Histoire et ce n’est pas à la France de donner des leçons à la terre entière, quand elle-même a des difficultés à reconnaître les zones d’ombre de sa propre histoire.

En 2006, avant d’être députée, j’avais signé l’appel des historiens qui rappelaient que leur discipline « n’est pas une religion, pas la morale, pas la mémoire, pas non plus un objet juridique ».

En 2008, vice-présidente de la mission d’information sur les questions mémorielles, j’avais soutenu le principe de refuser l’inscription de toute loi mémorielle. Robert Badinter, auditionné, avait souligné qu’« une loi mémorielle est une loi compassionnelle. La loi n’a pas à affirmer un fait historique même s’il est indiscutable. La Constitution ne le permet pas ».

Je suis opposée à ce texte, je l’ai dit au groupe socialiste et je suis en désaccord avec mes collègues qui vont sans doute le voter. « 

1 commentaire

  1. L’Histoire est une discipline trop importante pour la laisser aux politiques qui, eux, vont et viennent au gré des élections. L’Histoire est dans un autre espace-temps, ce n’est pas le temps de la politique.
    J’en profite pour féliciter Martine Aubry qui a pris fait et cause pour son candidat lors des voeux à Lille de notre très cher Sarkozy . Je viens de voir la séquence, continuez comme cela, soudés, groupés..mais sans perdre de vue vos convictions profondes …Courage !!!!

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