Centrafrique : pourquoi il fallait intervenir

« Il était temps d’agir » : au retour d’Afrique du Sud, où il avait assisté le jour-même à la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela, François Hollande est arrivé mardi soir en Centrafrique pour rencontrer les troupes françaises engagées sur le terrain. Le même jour, le Premier ministre Jean Marc Ayrault venait devant la représentation nationale pour expliquer aux député-e-s les modalités de l’intervention et ses objectifs : rétablir la sécurité en République centrafricaine, protéger les populations et garantir l’accès de l’aide humanitaire.

Catherine Coutelle souhaite avant tout apporter son soutien aux familles des deux soldats français du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Castres, Antoine Le Quinio et Nicolas Vokaer, morts au service de la France lors du premier jour d’intervention. Cette tragédie démontre malheureusement combien il était plus qu’important d’agir.

Quelle est la situation ?

La Centrafrique subit une spirale infernale de violences inter-religieuses entre chrétiens et musulmans, survenue depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par une coalition hétéroclite de groupes rebelles. Des massacres s’y perpétuent tous les jours, y compris dans les hôpitaux. Chaque jour, des femmes et des enfants sont violentés et des milliers de déplacés cherchent refuge.

Face à ce chaos, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution (2127), à l’unanimité, donnant mandat à une force africaine pour apporter la sécurité, rétablir la stabilité en Centrafrique et protéger la population. La France soutient cette opération, c’est son devoir, « devoir d’assistance et de solidarité à l’égard d’un pays, la Centrafrique, un pays ami, pays le plus pauvre du monde, pays qui nous appelle au secours » concluait le Président de la République à l’issue du conseil restreint de défense sur la situation en République centrafricaine le 5 décembre dernier.

« La France a pris ses responsabilités, l’inaction n’est pas une option» (Jean-Marc Ayrault, le 10 décembre)

Aujourd’hui, le dispositif de l’opération française « Sangaris » comprend 1 600 hommes au total. Dans les faits, le désarmement vise en priorité les combattants de l’ex-rébellion Séléka, jusqu’à présent tout-puissants dans la capitale où ils se sont rendus coupables de nombreuses exactions sur la population. Selon l’état-major français, la quasi-totalité des groupes armés ont été désarmés en moins de 24 heures, avec le soutien de la force africaine (Misca).

Il reste à présent le plus difficile. L’objectif est de désarmer tous les groupes armés pour éviter les représailles, et de ramener à moyen terme la stabilité dans un pays en totale décomposition pour organiser des élections libres. Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Jean Marc Ayrault a indiqué que « le désengagement de nos forces commencera dès que la situation le permettra, en fonction de l’évolution sur le terrain et de la montée en puissance des capacités opérationnelles des forces africaines ».

> Plus d’information sur le site du Ministère de la Défense

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