Célébration du traité de l’Elysée : vers une Europe politique plus forte

Le cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée est célébré aujourd’hui à Berlin, en présence des plus hautes autorités allemandes et françaises, et notamment des parlementaires. Cette cérémonie se déroule alors que l’Europe traverse une triple crise : économique, sociale et écologique, et que l’équilibre entre maîtrise des dépenses publiques et politique de relance anime les parlements nationaux. Plus que jamais, la question d’une Europe plus forte et du rôle que la France y joue est posée.

22 janvier 1963 : moins de vingt ans après la fin de la seconde Guerre Mondiale, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer signent le Traité de l’Elysée et mettent un terme à plusieurs siècles de relations franco-allemandes (ou franco-prussiennes) dominées par des guerres dévastatrices. Leur volonté : marquer durablement la réconciliation franco-allemande et faire de l’Europe un espace de paix et de développement. Par le traité, les deux pays fixent un cap et les objectifs d’une coopération accrue dans les domaines des relations internationales, de la défense et de l’éducation, avec en la matière la création et les activités décisives de l’Office franco-allemand de la jeunesse. Sur le plan politique, il établit un programme pour l’organisation de sommets militaires ou inter-gouvernementaux. Ce cap stratégique est aujourd’hui encore largement d’actualité et a été marqué par des rencontres symboliques et solennelles qui ont marqué les mémoires : de Gaulle-Adenauer devant la cathédrale de Reims en 1962, Mitterrand-Kohl à l’ossuaire de Douaumont en 1984, et plus récemment entre le Président de la République et la chancelière allemande Angela Merkel, dès le lendemain de l’accession de François Hollande à l’Élysée.

Alors que l’Europe est marquée par une crise économique sans précédent, les défis politiques restent multiples : offrir aux générations futures un avenir commun, construire une union politique et sociale, élargir les ambitions européennes par une politique étrangère commune, des stratégies économiques attractives, et la promotion de la solidarité envers les régions en développement.

Dans ce contexte, la responsabilité de la France est immense. En donnant un nouveau souffle au couple franco-allemand, l’élection de François Hollande en mai 2012 et l’arrivée d’une majorité socialiste à l’Assemblée Nationale ont permis d’infléchir les orientations européennes.
Ce rééquilibrage, fondé sur la prise en compte de l’objectif de croissance (intégré au TSCG, Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance en Europe), au même titre que celui de la lutte nécessaire contre les déficits et l’endettement, a manifesté la volonté de la France de reprendre une place centrale dans la réorientation européenne.

50 ans après, où en est-on ?

50 ans après la signature du Traité, où en est-on ? Sur le fond, le bilan est contrasté. Ecartelé entre intérêts nationaux et intérêts communautaires, le couple franco-allemand a connu des obstacles. Les exemples sont nombreux pour manifester des difficultés rencontrées : opposition sur la mise en place d’une taxe sur les transactions financières à l’échelle européenne, division lors de l’intervention en Libye (2011), ou sur la reconnaissance d’un état palestinien (2012), difficulté à faire vivre une réelle politique étrangère et de défense, etc…

Mais s’il reste des horizons à conquérir, le couple franco-allemand reste une source indispensable de la relance de l’Europe, nul besoin d’en faire la preuve. La cérémonie du cinquantenaire du traité de l’Elysée est d’ailleurs l’occasion de réaffirmer la volonté des deux pays de poursuivre cette étroite coopération et de la renforcer par une série de mesures « très concrètes »,comme l’indique Bernard Cazeneuve, Ministre des Affaires européennes. A l’heure où la contestation des peuples européens est forte, des actes forts doivent encore suivre : il n’y aura pas d’Europe sans une citoyenneté européenne à la hauteur des ambitions.

Construire une Europe fédérale

Malgré l’existence de traités européens, les engagements peinent souvent à voir le jour : il est plus que temps de construire une profonde communauté de projets et de destins, portée par le peuple européen, et touchant la jeunesse, l’université, la recherche, l’énergie et l’innovation.

Mais la relation franco-allemande, si elle est fondamentale pour l’avenir de l’union européenne, ne pourrait être exclusive.

La France doit s’engager pour une Europe politique et sociale tournée vers l’intégration des nouveaux pays membres et l’approfondissement des politiques fédérales, pour l’égalité et la solidarité. La France doit promouvoir des institutions européennes démocratiquement renforcées et encourager une convergence économique et fiscale indispensable pour la stabilité et l’attractivité de la Zone Euro. C’est ainsi que l’Europe sortira, unie et plus forte, de la crise de confiance que nous traversons. Tel est le défi de la célébration du traité de l’Elysée : relancer le couple Franco-allemand pour relancer l’Europe du progrès social.

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En direct : le programme des célébrations à Berlin

Comme ses collègues député-e-s, Catherine Coutelle participe aujourd’hui à une célébration au programme exceptionnel. Ainsi, une séance commune du Bundestag et de l’Assemblée nationale se tiendra de 14h15 à 16h15. Après les allocutions de la chancelière fédérale allemande et du Président de la République française, la parole sera donnée à un orateur par groupe politique du Bundestag et de l’Assemblée nationale. A l’issue de cette séance, les députés français et allemands, ainsi que les membres des deux gouvernements sont invités à la Philharmonie de Berlin par le Président de la République Fédérale allemande pour clore en musique une journée d’exception.

A suivre sur Facebook : catherinecoutelle et Twitter : @CCoutelle

 

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