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mardi 23 décembre 2008

L'Iran s'en prend à Shirin Ebadi

La police iranienne a fermé ces jours-ci les locaux de l'association de Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix, élevée récemment au rang de docteur honoris causa de l'Université de Poitiers. J'ai diné avec cette femme extraordinaire, infatigable militante des droits de l'homme et de la femme. Aussi, je condamne cet acte qui porte atteinte à ceux qui se battent dans leur pays pour défendre les droits de l'Homme.

Aucun motif n'a, semble-t-il, été donné. Ce que l'on peut néanmoins comprendre, c'est que Téhéran se replit sur ses vieux démons, alors que depuis quelques années certaines ouvertures paraissaient possibles. S'attaquer au premier prix Nobel de la Paix musulman, c'est s'attaquer à un symbole.

Un symbole pour le monde entier. On y verra le refus de reconnaitre les valeurs universelles alors même que nous célébrons partout le 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Mais aussi un symbole à l'intérieur de l'Iran, alors que le régime est de plus en plus contesté par sa population. La répression des manifestations du 10 décembre dernier, organisées par les étudiants en lutte, est un autre exemple de ces attaques contre la liberté de penser.

Je m'inquiète donc de cette décision, je m'inquiète pour les droits de l'Homme mais aussi pour le peuple iranien. Je m'inquiète de ces nouveaux reculs sur le chemin de la liberté et de la démocratie.

lundi 1 décembre 2008

"L'heure du laitier"

« La démocratie, c'est quand on sonne chez vous à 6 heures du matin et que vous êtes sûr que c’est le laitier.» Cette définition de Churchill est encore d'actualité cette semaine avec la bavure injustifiable de la police et de la justice à propos de l'interpellation et les violences physiques qu'a subies un journaliste de Libération suite à une plainte déjà traitée en diffamation.
Ce type d'incident devient trop fréquent pour que l'on ne s'inquiète pas. Les gardes à vue non justifiées se multiplient, le silence des responsables retombe sur l'ensemble des institutions concernées.
Quand les citoyens doutent de leur police, quand, par ailleurs, les juges et les avocats doutent de leur Ministre de la Justice et manifestent, quand le Conseil de la Magistrature rappelle celle-ci à l'ordre suite à des propos sur les suicides en prison, on est en droit d'être très inquiets sur les respects des lois fondamentales de notre démocratie.