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vendredi 16 mai 2008

Anniversaire

Dans ce mois de mai 2008, on commémore beaucoup 68 et non le 50ème anniversaire du retour des gaullistes au pouvoir. Pourtant la majorité se réfère au fondateur de la Vème république...Ce silence au moment où se discute la réforme constitutionnelle est bien singulier.

Taillée sur mesure pour la personne du Général de Gaulle, cette Constitution est anachronique dans nos démocraties occidentales, il faut la réformer. Mais les socialistes ne veulent pas que, sous prétexte de redonner un peu de lustre au parlement, on voit s'accroître l'aspect présidentiel du Régime. La critique "politicienne" qui est faite au parti socialiste à propos des nouvelles dispositions ne tient pas. Il faut réellement redonner au Parlement son rôle, à l'opposition sa fonction et les moyens de l'exercer.

La question de la réforme du Sénat n'est pas secondaire. La capacité que la chambre Haute a de bloquer toute réforme ne correspondant pas aux souhaits d'une majorité inamovible élue sur des bases démographiques dépassées est aussi anachronique.

50 ans ont passé depuis 1958...La Réforme démocratique de la Constitution pourrait marquer cet anniversaire.

mardi 6 mai 2008

Mai 1968

Interview de Catherine Coutelle sur les évènements de Mai 1968

- Où étiez-vous et que faisiez-vous en mai 1968 ?

Je finissais mes études à Caen. Avec mon mari, nous sommes arrivés à Poitiers fin 1967 (pour 3 ans pensions-nous). Je commençais à préparer les concours d'enseignement (en histoire).

- Avez-vous participé au mouvement, et de quelle façon ?

Adhérente du PSU de Michel Rocard, j'ai participé activement à cette période de débats incessants, à chaque terrasse de café. J'ai pris part aux assemblées générales (réinventer l'université, discuter de nouveaux rapports de forces dans la société...), aux manifestations (dont celle du 13 mai, la plus massive qu'ait connu Poitiers)...
Dans le confolentais -où je réalisais des enquêtes pour un bureau d'étude, la perception des évènements était en total décalage avec ce que nous vivions à Poitiers. C'était un peu surréaliste. Les camions de fraises qui ne pouvaient atteindre Paris étaient distribués ; des régiments passaient vers des destinations inconnues ; les rumeurs les plus étonnantes circulaient.
En écoutant De Gaulle fin mai annonçant la dissolution, nous avons compris que le mouvement était terminé. J'ai alors fait ma première campagne législative pour notre candidat PSU. J'ai sillonné et découvert le département sans penser qu'un jour j'en serais députée.
C'était une période bouillonnante qui m'a permis de très vite m'intégrer dans une ville que je ne connaissais pas six mois avant et de construire des relations qui durent encore.

- 40 ans plus tard, pensez-vous qu'il faille "liquider l'héritage de Mai-68", ou qu'au contraire cette période a encore une influence bénéfique sur notre société ?

Il n'est ni possible, ni souhaitable de "liquider le passé". Aujourd'hui, nous l'analysons différemment mais cette période reste positive : réflexion, contestation de la sociéte de consommation ("les Choses" de Perrec nous avait marqués), arrivée massive d'une nouvelle génération (du collège à l'université, les locaux étaient trop petits), changements rapides des comportements, des modes d'éducation, des relations entre générations.
En France et ailleurs, ce mouvement était lié à l'arrivée de la nouvelle génération qui n'avait pas vécu directement la guerre et qui appréhendait le monde très différemment de ses aînés.
Dans toute période de rupture, le balancier va parfois un peu loin. Mais une grande part de cet héritage nous est toujours utile et beaucoup des combats de l'époque sont toujours d'actualité.