Voilà nous y sommes. Notre candidate s'est qualifiée pour le second tour refermant la parenthèse douloureuse de 2002. Mais notre objectif était et reste tout autre... Ce qu'il nous faut clore aujourd'hui c'est ce long pouvoir destructeur de la droite à la tête du pays depuis 5 ans.
La situation s'est tout à coup extrêmement simplifiée. Nous avons, face à face, deux candidats portant un projet diamétralement opposé.
Au delà du clivage droite/gauche qui vient tout de même d'être remis au goût du jour, c'est l'affrontement entre une droite trés dure, qui exclue, qui divise et qui créé chaque jour de nouvelles inégalités et une gauche rassemblée, déterminée, porteuse du changement et d'un nouveau chemin pour le pays dans la volonté d'une action forte et d'une nation rassemblée, pacifiée.
Il faut dépasser la logique des chiffres. Je vois un camp plus unitaire que jamais et je salue la mobilisation immédiate de toutes les composantes de la gauche. Je vois aussi une droite divisée, disposant de peu de réserves de voix, et en peine pour incarner un rassemblement alors qu'elle a déjà rassemblé tout son électorat. Enfin, le positionnement de François Bayrou est attendu. Evidemment. L'homme du centre a perdu. Il a échoué en voulant supprimer la gauche et la droite. Maintenant c'est à ses électeurs qu'il faut demander de faire un choix. Et ma conviction est qu'ils se contrediraient en ralliant Sarkozy.
Les calculs et stratégies vont venir. Il est encore tôt.
Je note quelques bonnes nouvelles. La participation record des françaises et des français à ce scrutin. La démocratie est évidemment la grande gagnante. L'action du PS et de nombreuses associations en ce sens ont porté leurs fruits. Il faut maintenant convaincre et ne plus décevoir pour que l'image de la politique reste d'une importance égale à ce qu'elle l'a été hier dans les bureaux de vote bondés dans lesquels je me suis présentée.
L'autre bonne nouvelle, c'est cet affaiblissement notable du Front National. L'extrêmisme n'est pas encore mort mais Le Pen oui.
Et puis, je tiens quand même à dire un mot de la situation locale. Bien sur le score là encore trés faible (5% à Poitiers) du Front National est une victoire.
Mais je m'interroge aussi sur la situation de l'UMP dans la Vienne. Sur ma circonscription, partout, Ségolène Royal obtient des scores de l'ordre de 35% ou davantage. C'est un excellent résultat.
C'est une fin de règne pour la droite départementale. Jean-Pierre Raffarin et ses amis sont affaiblis.
J'y vois un excellent appel pour les élections de juin prochain. Les législatives seront l'occasion pour les français de confirmer leur soutien à Ségolène Royal et à tous ceux qui auront rejoint son action. Localement, elles seront l'occasion d'en finir avec cette machine UMP qui sur le terrain, nous inquiète parfois davantage encore qu'à l'échelle du pays.
Alors que faire ? Agir tout de suite.
Ségolène Royal dans les prochains jours devra aller à la rencontre des français, réussir cette union si particulière entre la future femme d'état et le pays tout entier. Il faut qu'elle incarne le changement, elle le fait, mais elle devra aussi emmener avec elle tous ceux qui souhaitent participer à cette aventure. A sa gauche ou à sa droite. Je souhaite une campagne qui soulève le pays, qui marque fortement tout l'espoir que nous avons pour la justice et pour l'égalité et tout notre refus du sarkozysme...
A nous ensuite, sur le terrain, porte après porte, tract après tract, voisin après voisin, ami après ami, de convaincre... Allons les chercher. 70% du pays n'a pas suivi Sarkozy. C'est presque autant de femmes et d'hommes qu'il nous faut rencontrer en 15 jours ! Je suis optimiste et surtout, je veux être de la bataille. L'avenir de la France est entre nos mains...