Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 28 avril 2010

On ne triche pas avec l'Histoire

Dimanche dernier, pour la Journée de commémoration de la Déportation, Xavier Argenton, Maire de Parthenay (79) interdisait à des collégiens de lire le témoignage d'Ida Grinspan au motif qu'elle rappelait avoir été déportée à Auschwitz après avoir été arrêtée par 3 gendarmes.

Censurer le témoignage de cette survivante de l'atrocité nazie, c'est d'abord inutile parce que les gendarmes aujourd'hui n'ont pas la moindre responsabilité dans la complicité de Vichy envers l’occupant d'alors envers l'occupant.
Cette décision de l'élu Nouveau Centre est ensuite scandaleuse parce que l'Histoire ne peut pas être réécrite. Sous Staline, on tordait, on modifiait ou on cachait l'Histoire. Dans bien d'autres dictatures encore. L’Histoire cherche scientifiquement à établir des faits. Cette interprétation des faits peut être questionnée, mais elle ne peut être falsifiée ou choisie, retouchée en fonction de l’actualité.

J'ai participé il y a un an aux travaux d'une mission de l'Assemblée Nationale sur les questions mémorielles.

Nous devons tendre vers une mémoire collective (en France, et un jour en Europe) de l'horreur de la seconde guerre mondiale. Nous ne réussirons pas ce travail de mémoire si nous continuons à manipuler l'Histoire.

Aussi, comme Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, je vous propose de lire ici le texte d'Ida Grinspan qui continue de témoigner auprès des nouvelles générations de ce qu'elle a vécue.

mardi 16 mars 2010

Dimanche prochain : la plus belle fête possible !

Dimanche soir, j'ai réagi devant la presse en saluant un très bon score des listes emmenées par les socialistes partout en France, en Poitou-Charentes notamment, en regrettant d'abord l'abstention et donc le score du front national (qui en est la conséquence), et en appelant à une alliance la plus large possible.

Bien sûr, en disant cela, je ne pensais à aucune alliance au-delà de la gauche. Tout au contraire, je souhaitais que nous puissions construire une véritable majorité régionale à gauche. Donc une alliance en profondeur plus qu'en largeur.
Je pensais à Europe Ecologie qui doit contribuer au projet régional et je suis ravie qu'un accord ait pu être trouvé rapidement.
Mais je pensais également au Front de gauche dont je n'avais que le score dans la Vienne et dont j'ai bien compris, un peu plus tard, qu'ils ne pourraient fusionner avec la liste de Ségolène Royal puisque cette possibilité n'est ouverte qu'au-dessus de 5%. Pourtant, le PCF qui participait à cette liste a toujours été un très bon partenaire dans les exécutifs locaux et ces camarades le sont toujours, à la Mairie de Poitiers.

Plus d'un électeur sur deux n'a pas voté.
Nous ne pouvons donc pas nous satisfaire totalement de ce premier tour.
Il y a sans doute dans cette abstention historique un désintérêt pour le scrutin mais aussi, clairement, un rejet de la politique telle que l'incarne le gouvernement actuel.

Les scores des listes socialistes avec leurs alliés signent un retour fort de la gauche et viennent récompenser la formidable dynamique lancée par Martine Aubry et les têtes de liste régionales.
En même temps qu'une adhésion aux projets régionaux, le vote de dimanche dernier était bien un vote sanction !
Les Français ne veulent plus de Nicolas Sarkozy et commencent à retrouver confiance en la gauche pour construire une alternative.
Nous porterons ce message avec une gauche rassemblée pour de formidables victoires partout en France dimanche prochain.

Nous serons avec Ségolène Royal et son équipe jusqu'au bout de cette élection régionale !

jeudi 4 mars 2010

LGV Poitiers Limoges : en réponse à la lettre ouverte

Le Collectif « Non à la LGV Poitiers Limoges » a publié récemment une lettre ouverte à mon attention. Je souhaite apporter à ses membres quelques précisions.

Lire la suite

lundi 1 mars 2010

Journée sans immigrés

Né après les déclarations de Brice Hortefeux en septembre 2009, « 24h sans nous la journée sans immigrés » s’inspire de l’action initiée par la population hispanique aux Etats-Unis en 2006 où pendant toute une journée, ils n’avaient ni consommé ni travaillé. Ce mouvement composé de citoyens est relayé par de nombreuses associations : LDH, CIMADE, CFDT, RESF, MRAP…

Les politiques actuelles du gouvernement diabolisent l’immigration en France et n’hésite pas à faire passer les « immigrés » comme source d’insécurité et de rupture d’identité en France. Il est urgent de lutter contre ces préjugés plus que dangereux pour les valeurs républicaines et le vivre ensemble. Rappelons que la loi CESEDA faisait uniquement de l’immigration une variable de la rentabilité économique aux dépens d’une vision humaniste et culturelle. Le ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire a organisé un débat sur l’identité nationale qui a mis en exergue non pas des « dérapages » mais de véritables amalgames voire une idéologie. Masquant les problèmes économiques et sociaux derrière ces débats, les derniers gouvernements agitent le drapeau rouge du mélange de l’immigré, jeune, étranger, et délinquant.

Nous vous invitions le 1er mars à soutenir à votre niveau cette action : symboliquement en portant le ruban jaune, concrètement en ne consommant pas et en n’allant pas travailler, enfin en participant massivement au rassemblement devant vos mairies pour faire que toute la population soit consciente de ce glissement idéologique, pour que l’immigration retrouve dans les esprits sa place, c’est-à-dire créatrice de richesse dans l’histoire de la France, pour que l’égalité des droits et des conditions soient le véritable objectif des hommes politiques.

Voir le site

mardi 9 février 2010

Manifestation du 6 février / Interpellations - Communiqué de presse

Les députés socialistes Jean-Michel Clément et Catherine Coutelle ont rencontré ce lundi les représentants de plusieurs associations poitevines, notamment les organisateurs de la manifestation de samedi 6 février. Ils réagissent aux interpellations survenues à la fin du rassemblement.


Photo de Cha Micha sur AntiRep

Lire la suite

lundi 8 février 2010

Billets du lundi #2

Crédit revolving
Je rencontrais vendredi après-midi la délégation du Secours Catholique qui a travaillé en profondeur sur le crédit renouvelable et nous avons échangé longuement, partageant bien des propositions en amont du vote à l'Assemblée du texte de loi.

Grenelle 2
J'ai beaucoup travaillé au nouveau texte environnemental à l'Assemblée la semaine dernière. Lors d'une séance sur le photovoltaïque, nous avons regardé dans le détail comment encourager le développement de l'énergie solaire tout en empêchant les phénomènes de spéculation financière qui parasitent les dispositifs d'aide.
Membre de la mission d'information sur l'énergie éolienne, j'ai pu assister à plusieurs auditions importantes (Observ'ER, CLEO, CLER, RAC, RTE) sur le sujet.

Dienné
Lundi dernier, j'étais à Dienné pour rencontrer plusieurs exploitants concernés par les propositions de tracé de la Ligne LGV Poitiers-Limoges et pour une visite du Domaine de Dienné. Les activités et possibilités d'hébergement et de services se sont multipliées depuis ma dernière visite il y a 2 ou 3 ans. Le domaine a bien grandi et j'ai pu découvrir le projet de parc consacré au développement durable qui ouvrira dans quelques mois.

Mieux vaut perdre une région que son âme !
Socialiste, je tiens à saluer la décision courageuse de Martine Aubry qui affiche enfin la fermeté du PS envers les dérapages nombreux et nauséabonds de Georges Frêche. Je souhaite qu'une liste de gauche, soutenue par le Parti Socialiste l'emporte face à l'actuel président de région et face à la droite. La discussion entre les socialistes et Europe Ecologie doit être efficace !

vendredi 20 novembre 2009

Le faux-débat de l'identité nationale

Eric Besson a envoyé sa circulaire aux préfets pour exiger en toute urgence l'organisation d'un débat sur « l'identité nationale ».

Le fallait-il ?

Certainement pas lancé sous cette forme ! Pourquoi confier cette tâche aux préfets ?
Oui, ce débat pourrait être intéressant. Comme beaucoup d'autres. On ne peut pas refuser un débat à l'heure où nous en manquons tant. La thématique pourrait regrouper des points intéressants à côté desquels nous ne pouvons passer. La gauche ne craint pas ces questions mais les termes du débat sont mal posés et Camus disait « mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde ».

Surtout, deux éléments posent problème :

l'initiateur de ce débat : j'avais été profondément choquée par l'intitulé du ministère de l'immigration et de l'identité nationale, les français ne l'ont jamais accepté. Cette seule compétence ministérielle suffit à fausser la nature du débat qui nous est proposé.

le moment du débat : la ficelle est grosse. Comme Sarkozy a joué avec la peur et la sécurité avant les élections présidentielles et européennes, Besson agite aujourd'hui le chiffon de l'immigration. Ils chassent en direction de l'extrême droite à la veille des régionales.

Pour ces deux raisons, ce débat ne peut être apprécié et sera forcément détourné de ce qu'il aurait pu apporter au pays.

Interrogeons-nous sur la nature du malaise qui a pu justifier ce type d'initiative.

Oui les valeurs de notre pays sont menacées. Pas par l'immigration, loin s'en faut. Pas parce que la jeunesse de notre pays les aurait oubliées ou que les français délaisseraient ces valeurs essentielles du pacte républicain. Mais bien parce que ces valeurs sont aujourd'hui maltraitées par le pouvoir en place !

Lorsqu'à Versailles, Nicolas Sarkozy disait situer son action dans la droite ligne du programme du Conseil National de la Résistance, on s'interroge. Son action politique constitue l'exact opposé de ce qu'entendait alors défendre ce texte écrit en 44, qui ressoudait notre pacte social et s'appelait « Nos jours heureux ».

« Assurer la liberté de la presse et son indépendance à l'égard des puissances d'argent »
Organiser « l'éviction des grandes féodalités financières de la direction de l'économie »
Organiser le « retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques »
Créer un « plan complet de sécurité sociale » dont la gestion sera confiée « aux représentants des intéressés et de l'Etat »
Assurer une « retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours » etc, etc

Ces extraits du texte du CNR nous renvoient évidemment aux attaques permanentes contre la démocratie, aux cadeaux d'un président de la République à ses amis dirigeants de grands groupes, au détricotage minutieux de la sécurité sociale en faveur des assurances privées, aux privatisations de GDF, de La Poste, à l'affaiblissement des retraites, etc...

Les appels du patronat à liquider ce texte redoublent de vigueur ces derniers mois. Le gouvernement accompagne ces reculs sur les acquis fondamentaux.

Ce qui est en cause aujourd'hui, c'est le pacte social qui nous lie, appuyé sur des valeurs que nous partageons :

La solidarité ? On vient d'en dire un mot sur le programme du Conseil National de la Résistance.
La laïcité ? Le discours du Latran du Président de la République qui préfèrerait le « prêtre à l'instituteur pour l'éducation des enfants » avait scandalisé.
L'égalité ? Qu'elles soient géographiques, générationnelles, hommes-femmes, sociales, économiques, salariales, sanitaires, alimentaires, etc...les inégalités explosent. Un fossé se creuse dans une société fracturée.
Ces injustices aboutissent à l'exclusion. Ces exclusions sont le principal obstacle pour croire au pacte social qui permet à chacun de vivre en société.
Comment défendre un projet commun, des valeurs communes, quand, pour différentes raisons, une partie de la population en est exclue?

Il faudra dire un mot de l'immigration qui est indispensable, riche pour notre pays, solidaire pour le monde, doit être contrôlée évidemment... mais dont la maîtrise doit rester humaine. Le traitement réservé aux étrangers en situation régulière ou irrégulière est inacceptable.
L'accueil de « l'Autre », le refus d'une hiérarchie entre les cultures : telles étaient les leçons des travaux de Claude Levy-Strauss

Quant à « la fierté d'être français »... pourquoi poser cette question?
Je suis française parce que j'y suis née, d'autres le deviennent par une démarche volontaire mais je suis citoyenne d'Europe et ouverte au monde. J'ai la chance de vivre dans un pays développé et pacifié. A chacun de nous d'en garder le ciment et de le rendre accueillant.

J'assume toute l'histoire du pays mais je ne peux me retrouver dans la France que Sarkozy et Besson nous construisent.

vendredi 6 novembre 2009

23 ans, 2e année de droit, ça ne vous rappelle rien ?

Un étudiant étranger gabonais vient d'être reconduit cette semaine dans son pays. Un de plus sur la longue liste des expulsions d'étudiants.
Le procédé est scandaleux. Arrêté devant chez lui, expulsé en quelques heures. Pour ne plus subir la contestation poitevine, le passage en garde à vue puis en rétention à Poitiers est désormais réduit au minimum et le transfert dans un centre de rétention éloigné, est accéléré.
Le Gabon fait sans doute partie de ses pays qui se montrent particulièrement coopérants pour délivrer rapidement le visa de retour.
Et voilà, le cursus universitaire d'un étudiant brisé net. Il n'a rien pu dire à personne, rien organisé. Ses camarades n'ont même pas compris son absence les premiers jours. Pendant que certains préparaient leur TD et que d'autres faisaient la fête, Francky était renvoyé dans son pays. Ses affaires suivront. Ou pas.

Que reproche t-on à Francky ? Sans doute comme aux autres, puisque désormais l'Etat est habilité à juger à la place des enseignants de la cohérence et de la progression d'un parcours. Sans doute d'avoir connu l'échec universitaire.

Mais, au fait, étudiant en 2ème année de droit à 23 ans, ça ne vous rappelle pas quelqu'un ?

mercredi 4 novembre 2009

Décès de Levi-Strauss

Nous lui devons un très grand hommage.

Claude Levi-Strauss est le fondateur de l'anthropologie, c'est une grande figure du structuralisme. Il a participé au rayonnement de la France dans le monde.
Jusqu'à la fin de sa longue vie, il est resté très accessible pour tous les étudiants et chercheurs qui souhaitaient l'interroger sur son œuvre mais aussi comprendre son parcours, son activité intellectuelle et politique.

Il a cherché à comprendre l'origine de nos sociétés, comparer leurs organisations et comprendre les règles qui les régissent.
Ces règles sont "universelles" dans leur principe même si elles peuvent être différentes dans leur manifestation. Il a plaidé pour l'égale importance des cultures et pour leur diversité à préserver. Le regard sur l'Autre, la figure de l'Autre, l'identité ont été des thèmes favoris.

Par ses recherches sur les mythes fondateurs des civilisations et leur point commun, il a ouvert des horizons sur les sociétés humaines.
En 1991, à la veille du 500e centenaire de la découverte de l'Amérique, il publie un hommage à "l'ouverture à l'Autre" que manifestèrent les Indiens à l'égard des arrivants.
Jacques Chirac lui avait rendu hommage lors de l'ouverture du Musée du Quai Branly, le musée des arts premiers.

Claude Levi-Strauss nous invitait à l'attention à l'autre, au respect des différences et à la reconnaissance de l'égale importance des cultures .

Il a interrogé les historiens sur leurs approches des sociétés.

Son œuvre a bousculé bien des certitudes.

Nous perdons un grand homme.

lundi 19 octobre 2009

Samedi après-midi

Samedi, je participais avec plus d'un millier de personnes à la manifestation de soutien à Samuel, Jean-Salvy et Patrick. J'y ai vu de l'émotion mais aussi du calme et de la dignité. Nous partagions tous un sentiment de gâchis en pensant aux deux jeunes emprisonnés dont, à l'évidence, la responsabilité n'était pas celle des casseurs, organisateurs de l'émeute de la semaine précédente. Les pictaves demandent la vérité, aucun ne demandait une justice expéditive. De mon côté, j'attends toujours la réponse du Ministre de l'Intérieur à ma demande d'explications sur les origines des violences et les éventuelles défaillances des services.
Nous avons souhaité terminer le rassemblement à Blossac et éviter tout débordement.
Une provocation verbale d'un manifestant. Une réaction vive de la police qui a cru utile d'arrêter un élément provocateur au risque de créer des troubles graves.
Seule la responsabilité des manifestants et des familles a permis d'éviter le pire.
J'ai tenté ensuite de discuter avec le Directeur Départemental de la Sécurité Publique pour appeler au calme. Les forces de l'ordre doivent apporter sécurité et protection. Leur formation, leur retenue, leur sang-froid leur donne un rôle particulier. Jamais elles ne peuvent contribuer à aggraver une situation déjà tendue.

Toute provocation est irresponsable. De tous côtés.
La ville de Poitiers a besoin de retrouver sa vie apaisée. Nous voulons tous la vérité et la transparence sur les troubles du 10 octobre, nous voulons tous une justice sereine qui permette de sanctionner les vrais responsables.

La manifestation de ce soir m'inquiète.

Nous penserons tous à Samuel et Jean-Salvy que j'ai rencontrés ce matin à la prison de Vivonne. Leur demande de remise en liberté sera examinée cette semaine. Souhaitons qu'elle le soit dans un climat serein.