Samedi, je participais avec plus d'un millier de personnes à la manifestation de soutien à Samuel, Jean-Salvy et Patrick. J'y ai vu de l'émotion mais aussi du calme et de la dignité. Nous partagions tous un sentiment de gâchis en pensant aux deux jeunes emprisonnés dont, à l'évidence, la responsabilité n'était pas celle des casseurs, organisateurs de l'émeute de la semaine précédente. Les pictaves demandent la vérité, aucun ne demandait une justice expéditive. De mon côté, j'attends toujours la réponse du Ministre de l'Intérieur à ma demande d'explications sur les origines des violences et les éventuelles défaillances des services.
Nous avons souhaité terminer le rassemblement à Blossac et éviter tout débordement.
Une provocation verbale d'un manifestant. Une réaction vive de la police qui a cru utile d'arrêter un élément provocateur au risque de créer des troubles graves.
Seule la responsabilité des manifestants et des familles a permis d'éviter le pire.
J'ai tenté ensuite de discuter avec le Directeur Départemental de la Sécurité Publique pour appeler au calme. Les forces de l'ordre doivent apporter sécurité et protection. Leur formation, leur retenue, leur sang-froid leur donne un rôle particulier. Jamais elles ne peuvent contribuer à aggraver une situation déjà tendue.

Toute provocation est irresponsable. De tous côtés.
La ville de Poitiers a besoin de retrouver sa vie apaisée. Nous voulons tous la vérité et la transparence sur les troubles du 10 octobre, nous voulons tous une justice sereine qui permette de sanctionner les vrais responsables.

La manifestation de ce soir m'inquiète.

Nous penserons tous à Samuel et Jean-Salvy que j'ai rencontrés ce matin à la prison de Vivonne. Leur demande de remise en liberté sera examinée cette semaine. Souhaitons qu'elle le soit dans un climat serein.