lundi 17 novembre 2008
CHOISIR
Par Catherine Coutelle, lundi 17 novembre 2008 à 11:40 :: Mes points de vue
De retour de Reims, je ne me reconnais pas dans la tonalité des commentaires. Je vous propose les miens.
Pas de sacre à Reims. C'est aussi bien, je n'y allais pas pour cela.
Pas de majorité non plus. Là , c'est à l'évidence, plus décevant et plus inquiétant dans la période.
Décevant parce qu'il plane toujours une impression de gâchis confortée par le sentiment que les divisions sont surjouées alors que les divergences entre les motions sont à peine abordées.
Inquiétant parce que la situation économique, les inégalités, la baisse du pouvoir d'achat, l'urgence écologique et internationale, nous appelaient à l'unité. Les Français, attendaient ce dimanche un Parti Socialiste fort, parlant d'une même voix, sur le chemin de la reconstruction. Ce n'est pas le cas. Souhaitons que cet espoir soit simplement différé.
Malgré tout, je voudrais dire que je me félicite d'appartenir à une organisation démocratique dans laquelle la pluralité des points de vue permet autour de valeurs fortes de rassembler une large famille de gauche.
Je préfèrerai toujours nos débats, nos querelles parfois à la logique d'un chef décidant de tout, distribuant des postes à certains et sanctionnant les autres. Tous les 3 ans, les socialistes se plient à ce processus démocratique qui doit être amélioré mais qui est indispensable à la vie du parti.
En dépit de la cacophonie qui paraît dominante, à écouter tous les discours, il ressort que chacun en appelle à l'unité, au respect des décisions et des votes mais aussi au-delà à l'urgence, bien sûr, de créer une alternative forte autour du Parti Socialiste et réunissant l'ensemble de la gauche.
J'ai particulièrement apprécié samedi après-midi et dimanche matin que ce soient deux femmes qui portent fortement la volonté de rénovation, et se portent candidates pour diriger les socialistes. J'ai, pour ma part, davantage adhéré au projet que souhaite construire Martine Aubry.
Les militants vont pouvoir trancher. Ces dernières semaines, je regrettais le fonctionnement de notre congrès, ce jeu de motions emporté par des combats de personnes, je souhaitais que l'on puisse d'abord s'entendre sur les idées avant de trancher sur le ou les noms des futurs responsables.
Cette méthode ne nous a conduits à rien ce week-end à Reims. Finalement, ce sont les militants, ceux dont l'engagement fait la force de ce parti, qui décideront du choix du 1er Secrétaire et permettront de décider du chemin sur lequel nous engageons notre formation politique. Les trois candidats ont eu l'occasion de dire leur vision de la gauche de démontrer leur capacité à fédérer les énergies, de faire la preuve de leur légitimité dans et pour le Parti Socialiste.
En choisissant un ou une première secrétaire jeudi, les militants du Parti Socialiste dessineront l'avenir de leur organisation. Je souhaite qu'il soient nombreux à venir voter pour ce scrutin et qu'enfin nous sortions de ce congrès la tête haute.
Ce Congrès sera de toute façon une étape historique. Après 10 ans avec François Hollande à la tête de la première formation de gauche, le temps est venu de renouveller nos pratiques, nos méthodes, nos outils et ceux/celles qui les portent. Au coeur de la crise que nous traversons, après 18 mois d'un sarkozysme dévastateur, écrasant les plus faibles et les libertés dans ce pays qu'il divise, la responsabilité du Parti Socialiste est énorme.
Je mesure la gravité du moment. En ces 3 jours à Reims, nous n'avons pas suffisamment avancé. Mais dans les prochaines heures, les prochains jours, nous devrons être au travail, rassemblés et regarder les françaises et les français pour leur dire « la gauche est de retour, voilà ce que nous proposons, une autre société est possible, venez la construire avec nous, comptez sur nous! »
Il ne faut pas oublier que les français, à toutes élections locales depuis 4 ans, ont fait majoritairement confiance aux élus socialistes pour gérer leurs communes, départements, régions.
Si nous échouons, ils ne le comprendront pas. Ils sont aujourd'hui encore prêts à placer leur espoir, leur confiance dans la gauche.
Ne les décevons pas, changeons!

