Monsieur le Secrétaire d'Etat chargé des transports, je souhaite vous faire part de ma très vive inquiétude quant à l'actualité des liaisons routières et ferroviaires sur les itinéraires Centre Europe Atlantique et notamment l'axe Nantes-Poitiers-Limoges. Je pense pouvoir associer mes collègues, députés ou élus de ces villes, des régions et départements voisins, eux aussi préoccupés par les annonces récentes sur les suites du Grenelle de l’environnement. Les acteurs locaux attendent des réponses sur les deux volets de cette question, car ils vont dans le même sens en interrogeant votre vision de l'aménagement du territoire et votre prise en compte de l’enjeu de ces liaisons est-ouest.

Vous avez été plusieurs fois interrogé, Monsieur le Secrétaire d'Etat, sur les modalités de financement et la programmation des aménagements routiers, notamment après les propositions de l'association qui milite pour l'axe Nantes-Poitiers-Limoges et la mobilisation de l'ensemble des élus et entreprises concernés dans les Deux-Sèvres, la Vienne et la Haute-Vienne.
La mise à l'étude d'un barreau est-ouest dans le programme supplémentaire de 2500 kilomètres rendu public le 30 avril va dans le bon sens car elle souligne la dimension européenne du projet. Mais aucune mention n'est faite du tronçon Poitiers-Limoges malgré les engagements du gouvernement en mars 2007. Ce sont 115 kilomètres qui s'intègreraient pleinement sans nuire à d'autres programmations éventuelles. Le projet TRANSLINE représentant 1070 kilomètres doit être considéré dans sa globalité car les synergies qu'il mobilise sont justement sa cohérence.
En décembre, vous avez pris devant nous un engagement : celui de mettre très clairement au point ces itinéraires, d'en décider au premier semestre 2008 et d'étudier les partenariats publics-privés afin d'en accélérer le calendrier
Le premier semestre se termine et vous comprendrez notre insistance à obtenir des clarifications. Le flou qui règne sur ce dossier ne peut qu'inquiéter dés lors que l'on prend conscience des échéances extrêmement longues pour engager et réaliser ce type de travaux. Les usagers des RN147 et 149 s'impatientent. Encore 1 mort et 2 blessés graves ce week-end ! Il y a urgence.

J'en viens au rail. La Ligne à Grande Vitesse Poitiers-Limoges dont vous connaissez l'importance pour ce territoire et pour laquelle nous avons ces dernières années montré notre attachement, semblait acquise pour tous, en région. La loi de programmation, issue du Grenelle de l'Environnement, annonce vos projets en matière de transport et vous souhaitez que les propositions ferroviaires soient étudiées en première lecture, avant l'été. Quelle surprise de découvrir que parmi les lignes annoncées, une a disparu de la carte : la LGV Poitiers-Limoges !
Je me fais ici la porte parole du fort mécontentement des collectivités, des entreprises, des habitants de nos deux régions. Cette décision est contraire à la convention d'étude signée par l'Etat qui renierait là sa parole et balayerait le travail effectué par les élus et les services. Vous devez, Monsieur le Secrétaire d'Etat revenir sur ces annonces.

Les besoins de désenclavement de ces territoires sont criants. Ils concernent 3 millions d'habitants et 900.000 emplois. Pour poursuivre leur développement socio-économique, pour leur compétitivité, leur rayonnement et la solidarité, nous devons leur proposer des infrastructures à la hauteur de leur potentiel qui s'inscriraient dans les grands corridors européens de transport.
Monsieur le Secrétaire d'Etat, sur la route Nantes-Poitiers-Limoges, nous n'avons que trop attendu. Nous devons maintenant connaître l'engagement de l'Etat pour cet axe. Sur la Ligne à Grande Vitesse Poitiers-Limoges, nous n'acceptons pas d'être laissés au bord du chemin, du rail devrais-je dire. Pouvez-vous nous indiquer les projets précis de votre ministère pour ces liaisons ? Nous comptons sur votre ambition pour le développement d’une grande région alliant le Poitou-Charentes, le Limousin, le Centre et l’ensemble du Massif Central.