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mardi 6 mai 2008

Un an : triste anniversaire... pour les femmes !

Mon intervention cet après midi lors des questions au gouvernement :


Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Cher(e)s collègues,

Ma question s'adresse à Monsieur le Premier Ministre.

Au bout d'un an, la politique menée par le Président de la République ne sert qu'à payer le paquet fiscal.

Et quand « les caisses sont vides! » (je cite Monsieur le président), les femmes sont les premières victimes de votre politique.

Vous n'avez plus les moyens d'appliquer votre politique d'égalité. Le président de la République avait pourtant déclaré vouloir « appliquer à tous les niveaux et dans toutes ses dimensions : salaires, responsabilité, reconnaissance sociale, l'exigence d'égalité ».

Ces exigences ont été rappelées lors de la conférence sur l'égalité des salaires par Monsieur Xavier Bertrand, Ministre du Travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité... Mais pas du Droit des Femmes. Cet intitulé est passé à la trappe dans votre gouvernement, est-ce une erreur ? Je ne le pense pas.

A deux mois de la présidence française de l'Union, la marche vers légalité recommandée par l'Europe est en panne ici.
La France fait toujours figure de très mauvais élève .

Les femmes sont les premières victimes de vos politiques :

les écarts de salaires sont toujours de 40 % entre hommes et femmes si l'on compte les emplois précaires.
les femmes attendent toujours la revalorisations des petites retraites, « de 25% » avait promis Monsieur le président !
les femmes sont les premières à occuper les emplois précaires : temps partiels subis, CDD, horaires contraints,
la baisse du pouvoir d'achat qui atteint tous les français touche particulièrement les familles mono-parentales.

Premières victimes des paupérisations, les femmes vont-elles attendre encore longtemps les promesses du président ?

Vous leur donnez de biens mauvais signaux : plus de ministère, pas de budget lisible pour l'action en faveur du Droit des femmes, et maintenant le démantèlement des Services au droit des femmes, tant au niveau central que local.

Pour que la France rattrape enfin son retard, il faudrait une politique forte et ambitieuse. Nous ne voyons rien !!

Qu'avez vous à proposer à toutes celles qui ne sont pas concernées par les promesses et par les réformes de votre gouvernement ?

"Les français me jugeront sur mes actes" - Nicolas Sarkozy (2007)

En ce jour anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy, pourquoi ne pas se rappeler ses promesses de campagne :

 

vidéo proposée par un membre de RéSo, Réformistes et Solidaires

Mai 1968

Interview de Catherine Coutelle sur les évènements de Mai 1968

- Où étiez-vous et que faisiez-vous en mai 1968 ?

Je finissais mes études à Caen. Avec mon mari, nous sommes arrivés à Poitiers fin 1967 (pour 3 ans pensions-nous). Je commençais à préparer les concours d'enseignement (en histoire).

- Avez-vous participé au mouvement, et de quelle façon ?

Adhérente du PSU de Michel Rocard, j'ai participé activement à cette période de débats incessants, à chaque terrasse de café. J'ai pris part aux assemblées générales (réinventer l'université, discuter de nouveaux rapports de forces dans la société...), aux manifestations (dont celle du 13 mai, la plus massive qu'ait connu Poitiers)...
Dans le confolentais -où je réalisais des enquêtes pour un bureau d'étude, la perception des évènements était en total décalage avec ce que nous vivions à Poitiers. C'était un peu surréaliste. Les camions de fraises qui ne pouvaient atteindre Paris étaient distribués ; des régiments passaient vers des destinations inconnues ; les rumeurs les plus étonnantes circulaient.
En écoutant De Gaulle fin mai annonçant la dissolution, nous avons compris que le mouvement était terminé. J'ai alors fait ma première campagne législative pour notre candidat PSU. J'ai sillonné et découvert le département sans penser qu'un jour j'en serais députée.
C'était une période bouillonnante qui m'a permis de très vite m'intégrer dans une ville que je ne connaissais pas six mois avant et de construire des relations qui durent encore.

- 40 ans plus tard, pensez-vous qu'il faille "liquider l'héritage de Mai-68", ou qu'au contraire cette période a encore une influence bénéfique sur notre société ?

Il n'est ni possible, ni souhaitable de "liquider le passé". Aujourd'hui, nous l'analysons différemment mais cette période reste positive : réflexion, contestation de la sociéte de consommation ("les Choses" de Perrec nous avait marqués), arrivée massive d'une nouvelle génération (du collège à l'université, les locaux étaient trop petits), changements rapides des comportements, des modes d'éducation, des relations entre générations.
En France et ailleurs, ce mouvement était lié à l'arrivée de la nouvelle génération qui n'avait pas vécu directement la guerre et qui appréhendait le monde très différemment de ses aînés.
Dans toute période de rupture, le balancier va parfois un peu loin. Mais une grande part de cet héritage nous est toujours utile et beaucoup des combats de l'époque sont toujours d'actualité.