Quelques jours à l'étranger m'ont éloignée des détails de l'actualité, et je n'ai appris la disparition de Germaine TILLION qu'avec retard. Cette très grande dame de notre histoire disparaît alors que nous commémorons la tragédie concentrationnaire.

Le parcours de Germaine TILLION, entrée dans l'histoire de son vivant, est l'honneur des intellectuels engagés. De la Résistance à la déportation, du combat contre la guerre d'Algérie qu'elle connaît si bien, ses exigences de chercheur, de militante, de femme ont régi ses combats. Ses propos sur la violence, les débats de l'époque, montrent qu'elle se refusait malgré tout au manichéisme simplificateur cherchant par-dessus tout la justice dans l'exercice du combat contre le colonialisme.

Elle s'est battu jusqu'au bout, qu'il s'agisse des expulsions brutales des sans-papiers de Saint Bernard, de la torture en Irak ou de l'indigence de l'enseignement dans les prisons françaises.

Témoin du siècle, dans une actualité faisant la part belle aux people et aux faits divers, elle fait partie de notre conscience morale pour nous rappeler les exigences de liberté, de justice, de solidarité qui doivent nous guider.