Rien de nouveau !
Par Catherine Coutelle, vendredi 25 avril 2008 à 16:38 :: Mes points de vue :: #141 :: rss
Pour tout dire, je l'ai suivi en pointillés. En voiture entre deux réunions et le soir, en résumé.
Mais surtout, que dire d'une intervention qui n'annonçait rien de nouveau ? Nous étions ravis d'assister à la prestation orale de l'élève Sarkozy qui avait été recalé lors de son premier passage avec mention "En fait trop!".
Sur la communication, les choses ont semble t-il un peu évolué donc. Avec une mise en scène et un décor 100% Elysée, tout était contrôlé pour un changement d'image. Pour le président de la République, il fallait faire "davantage président". Il y a du mieux.
Mais pour le reste, les choses sont plus inquiétantes. Les français inquiets semblent fortement majoritaires. Je reste dubitative sur ce qui aura pu les rassurer hier soir. Les erreurs- puisqu'il fallait au lendemain d'un échec cuisant aux municipales reconnaitre des erreurs- seraient erreurs de communication ! Rien d'autre !
Pourtant j'observe que Nicolas Sarkozy a passé la plus grande partie de l'émission en défensive. Retranché dans ses 22, on aurait pu attendre qu'il inverse le jeu. Sans changer de côté du terrain radicalement - ne rêvons pas - on aurait pu penser qu'il lui "tait possible de se frayer un chemin différent dans la mêlée. Il a préféré foncer droit devant. Et avec lui, c'est la France toute entière qu'il envoie dans le mur.
Objectif affiché de la soirée : "pédagogie". Mais expliquer n'a jamais voulu dire : prendre les gens pour des imbéciles. "C'est difficile, comprenez moi, et ....... on va continuer !", voilà ce qu'a dit Nicolas Sarkozy aux français.
A tous ceux qui, par leur vote en mars, ont adressé un message, il répond : "Vous ne m'avez pas compris. Je ne changerai rien, je vais vous expliquer".
Sauf que la politique de ce gouvernement demeure illisible et inefficace. Le maintien du programme du candidat Sarkozy condamne durablement les familles les plus modestes. Simplement quelque chose a changé depuis la campagne électorale : les illusions sont tombées. Les françaises et les français ont compris. L'espoir a disparu.
Le bilan de cette première année de mandat est catastrophique. Les français vivent cette action par la négative : "moins d'espoir, moins de pouvoir d'achat, moins de protection sociale, moins de proximité...". Celui qui devait aller "chercher la croissance avec les dents" se défait soudainement de toute implication dans les difficultés du pays
Premiers responsables donc : les français qui ne l'auraient pas compris.
Coupables suivants: les autres : les pays étrangers, le pétrole, les grandes surfaces, etc...
La faute aux autres. La recette est connue. Il sera difficile de l'utiliser encore 4 ans.
Ce n'est en tout cas pas cette réponse qu'attendaient nos concitoyens !

