Après les élections locales, j’ai repris le chemin de l’hémicycle. Je ne reviens pas sur les bons résultats, ceux-ci ont été amplement commentés, mais je m’interroge sur la mission du parlement en matière de politique étrangère.

Ces jours-ci, on va surtout parler protocole, révérence, carrosse pour la visite d’état du «couple présidentiel» à Londres. Cette diplomatie certes utile, et très voyante, masque le silence, l’absence d’informations à propos de l’engagement des forces armées françaises en Afghanistan.

Il y a déjà environ 2000 soldats engagés (armée de terre et armée de l’air). Le Président, Chef des Armées a déclaré la semaine dernière à Cherbourg que 1000 hommes renforceront bientôt ce dispositif.

Au Parlement, ni la commission des Affaires Etrangères, ni celle des Armées n’a siégé officiellement sur la situation. Aucun bilan, militaire, politique, de notre engagement dans ce pays n’a été fait devant l’Assemblée. Certes la politique étrangère fait partie du « domaine réservé » du Président, mais le glissement atlantiste de cette politique se fait dans le silence (même la majorité n’est pas consultée).

On continue de mourir à Kaboul et à Kandahar sans que la finalité politique soit clairement débattue et définie.

Le silence, le secret ne sont pas dignes d’une démocratie parlementaire.