Les parlementaires ont jusqu'au 20 novembre pour examiner et débattre du Projet de Loi de Finances pour 2008. Catherine Coutelle, députée de la Vienne, réagit au projet proposé par la majorité.

Après la loi TEPA (travail, emploi , pouvoir d'achat) qui a été votée dans l'été lors de la session extraordinaire, le Projet de Loi de Finances 2008 semble n'être qu'une correction des effets de celle-ci. Avec les « paquets fiscaux », la majorité avait fait, selon ses termes « le pari de la croissance ». Mais la croissance n'est pas là.

On nous avait parlé d'un « choc de confiance » qui provoquerait un « choc de croissance ». Cet été, avec la crise des marchés américains, nous avons vu qu'il n'y avait pas eu plus de choc de croissance que de choc de confiance sur le plan économique.

Dans ce contexte, le gouvernement propose un « budget pour rien », ne pouvant se résoudre à la rigueur avant les échéances électorales de mars prochain.

Ce budget en cache un autre, à venir, en même temps qu’il répond aux mesures de cet été. Car les « cadeaux fiscaux » ne sont en réalité que des « transferts fiscaux » puisqu'il va bien falloir financer ces dispositions (15 milliards d'euros). En la matière, ce que propose le budget 2008 est insuffisant. La marge de manoeuvre qu'offraient au gouvernement les privatisations se réduit dans un contexte de crise financière. En 2007 par exemple elles n'ont généré que 2,7 milliards de recettes à l'Etat. Le non remplacement d’un fonctionnaire sur trois n’apporte pas davantage.

Cette loi de finances annonce l'échec des vieilles recettes budgétaires de la droite. On ne peut être qu’inquiet du sort des ménages les plus modestes : aucun geste à l’égard du SMIC et du pouvoir d’achat. Quant aux fonctionnaires et aux collectivités locales, ils sont la variable d’ajustement qui constatent l’échec de l’action de l'Etat et paient le prix de ces politiques.