mercredi 15 février 2012
Liquidation des IUFM
Par Catherine Coutelle, mercredi 15 février 2012 à 17:08 :: Députée
Sous couvert d'une loi de « modification de la formation des maîtres », le gouvernement achève son travail et supprime les IUFM.Le Conseil d'Etat, le 28 novembre 2011, avait annulé l'arrêté qui définit les compétences à acquérir pour les nouveaux professeurs.
Prétextant cette annulation, la proposition de loi Grosperrin modifiant la formation des maîtres, arrive en discussion aujourd'hui.
Elle finit par réaliser le rêve de la droite : « liquider les IUFM ».
Ce texte achève l'une des politiques les plus scandaleuses de ce gouvernement : la fin de la formation des enseignants.
Et pourtant le rapport de Monsieur Jollion, commandé par le ministre de l'éducation nationale lui-même, au sujet des conditions de recrutement des enseignants, alerte en soulignant que "le système actuel met les étudiants en situation d'échec au lieu de les mettre en situation de réussite". Il ajoute : "Enseigner n'est pas un art. C'est un métier qui s'apprend, dont la pratique doit être accompagnée ".
Ce métier n'attire plus pour différentes raisons mais l'absence de formation est la plus forte.
- Etre placé à plein temps dans une classe sans avoir jamais vu d'élèves inquiète, à juste titre, les étudiants. Cette politique a déjà une conséquence visible : la crise du recrutement des futurs enseignants (il y a eu 2 fois moins de candidats en 2011 qu'en 2010 aux concours).
- Contrairement aux annonces du Ministre, les salaires n'ont pas été réévalués et la France se place ainsi au 17e rang des pays de l'OCDE.
L'école française est profondément inégalitaire et les missions de l'école, instruction et éducation, ne sont plus réalisées partout de façon satisfaisante.
Est-ce le moment, en catastrophe et en catimini, de donner le coup de grâce à la formation professionnelle ? Des pays qui avaient vu leur classement de l'éducation baisser, ont enmprunté la voie contraire en renforçant la formation des maitres.
Quel métier aujourd hui peut prétendre ne pas "s'apprendre" ?
Il s'agit pour l'école de la République d'assurer l'émancipation intellectuelle, la maîtrise des connaissances et des compétences, et la réussite de chaque élève dans une école qui refuse la compétition et son corollaire, le stress comme ... évaluation.
Ces missions ambitieuses nécessitent des personnes bien formées intellectuellement et pédagogiquement. C'est le contraire du choix que fait le gouvernement !
Ce soir, nous nous sommes opposés farouchement à ce texte... que la majorité a validé !

Mercredi, la Commission des Affaires Economiques de l'Assemblée Nationale recevait Carlos Tavares, Directeur Général aux Opérations de Renault. Le groupe socialiste de cette commission m'a gentiment confié de porter la parole des collègues en début d'audition. Ce qui m'a permis d'interroger le responsable du groupe automobile sur leur politique industrielle... puis... de l'interpeller sur la situation des Fonderies du Poitou et de lui demander de préciser les intentions de Renault envers cette usine sous-traitante. 
Catherine Coutelle adressait cet après-midi une nouvelle Question au Gouvernement concernant les inégalités professionnelles entre femmes et hommes.