AIFC : une nouvelle session aussi studieuse que chaleureuse

La 41ème session annuelle de travail de l’Association interparlementaire France-Canada, que préside Catherine Coutelle, s’est tenue dans l’Isère et à Paris du 25 au 28 avril, sur le thème général de l’innovation technologique et industrielle. Retour sur des journées de travaux qui ont permis de comparer les problématiques et les approches des politiques publiques de chaque côté de l’Atlantique.

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Politiques d’innovation industrielle, et plus spécifiquement soutien public à la recherche et à l’innovation, partenariats entre recherche et industrie : tels étaient les thèmes choisis par les parlementaires canadiens et français pour cette nouvelle session de travail de l’AIFC (sur l’AIFC, voir aussi cet article).

Pour illustrer ces thèmes, la sénatrice Claudette tardif, présidente de la section canadienne, et Catherine Coutelle, présidente de la section française, avaient notamment choisi Grenoble et le campus d’innovation en micro et nanotechnologies Minatec, installé au sein du Polygone scientifique du chef-lieu de l’Isère. Outre les exposés des parlementaires français, Marie-Noëlle Battistel et Karine Claireaux, et canadiens, Jacques Gourde et David McGuinty, sur les thèmes retenus, les échanges se sont également développés à partir des exemples « de terrain ».

Recherche et innovation : partenariats publics et rencontre ministérielle

Sur le site de Minatec, les différents intervenants ont pu apporter un éclairage sur la politique d’innovation industrielle de la région grenobloise – avec comme acteur majeur le Commissariat à l’Energie Atomique qui joue un rôle important en matière de valorisation de la recherche, à travers différents projets innovants, notamment dans le domaine des nanotechnologies et des puces. Point d’intérêt particulier pour la délégation canadienne : le partenariat mis en place entre laboratoires de recherche publics, instituts d’enseignement supérieur et entreprises innovantes qui bénéficient d’installations et d’équipements très sophistiqués pour mener leurs travaux de R et D, avec le soutien actif du Conseil général de l’Isère, comme a pu l’expliquer Christian Pichoud, vice-président de cette collectivité.

Autre moment apprécié : la rencontre avec la secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, Geneviève Fioraso. Au-delà de l’exposé sur la politique publique de soutien à l’innovation à la recherche insistant sur l’enjeu du transfert de technologies, de l’évocation de son expérience dans ce domaine en tant qu’élue locale et responsable au sein de Minatec, la secrétaire d’Etat a également mis l’accent sur la nécessité d’aider, en France, à la structuration du tissu industriel en entreprises de taille intermédiaire, et le besoin de rapprochement des formations et du milieu économique. Sa clarté, sa maîtrise des sujets et sa passion ont conquis les parlementaires canadiens.

A la pointe de la production hydroélectrique et de la qualité environnementale

Dans l’Isère, la visite du barrage hydroélectrique de Grand Maison d’une part et la visite du site EDF de Romanche Gavet d’autre part auront permis d’aborder non seulement les règles françaises et communautaires en matière d’énergie, mais aussi un autre aspect de l’innovation, environnementale celle-là : en effet, le site de Romanche Gavet, plus gros chantier hydraulique d’Europe, consiste à remplacer six petites centrales au fil de l’eau et cinq barrages par un seul ouvrage, très innovant et en grande partie souterrain, qui permettra de produire 30 % d’électricité en plus. Un chantier à une forte dimension environnementale, puisqu’au-delà de l’augmentation de production, il permettra de « restituer à la nature » les sites antérieurs de production. Une visite organisée par Marie-Noëlle Battistel, auteure d’un récent rapport d’information sur le sujet.

A Paris, des nanotechnologies à Joséphine, en passant par la jeunesse

Pour la fin de la session, les parlementaires, de retour à Paris, prolongeaient le travail de terrain par des séances d’information sur les nanotechnologies. L’occasion de nouveau d’échanges passionnants, fructueux et nourris. Et parce que la recherche et l’innovation ont aussi à voir étroitement avec la formation et les jeunes, le député Patrice Martin-Lalande concluait lundi les séances de travail par une présentation de l’accord de mobilité conclu entre la France et le Canada, en présence et avec l’éclairage de Rénald Gilbert et Marc Berthiaume, conseillers à l’ambassade du Canada. Le texte adoptant cet accord sera soumis lundi prochain, 5 mai, au vote des député-e-s. Cette entente permet à 14 000 jeunes Canadiens et Français de partir dans l’autre pays pour y acquérir une formation universitaire, une expérience professionnelle, y effectuer un stage en entreprise et perfectionner leur connaissance de la langue, de la culture et de la société.

Et, note culturelle de fin de session, les parlementaires, avant les « adieux », se retrouvaient au Musée du Luxembourg à l’occasion de l’exposition consacrée à l’impératrice Joséphine de Beauharnais et autour du portrait de Napoléon dont le sénateur canadien Serge Joyal a aidé à l’acquisition. La prochaine session de travail de l’AIFC se déroulera, pour le deuxième session annuelle et comme de coutume, au Canada à la fin de l’année. Du 3 au 9 novembre prochain précisément : les dates sont d’ores et déjà prises pour des retrouvailles tout aussi studieuses que chaleureuses, à l’image de l’amitié franco-canadienne.

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